Hanoi (VNA) – Le Vietnam a approuvé un programme d’investissement à long terme dans la recherche fondamentale visant à former 50 groupes de recherche solides d’ici 2035 pour développer des technologies clés dans les domaines de l’intelligence artificielle (IA), des semi-conducteurs et de la technologie quantique.
En vertu de la décision n° 2555/QĐ-BKHCN signée le 25 mai par le ministre des Sciences et des Technologies Vu Hai Quân, le ministère a approuvé le Programme d’excellence en recherche fondamentale (PEBR) pour la période 2026-2035, avec des investissements axés sur les technologies de base.
Selon le ministère, le pays mettra en œuvre pour la première fois un programme d’investissement dans la recherche fondamentale, assorti de cycles de cinq à dix ans, remplaçant ainsi le modèle de financement à court terme. Le ministère estime que cette initiative jettera les bases scientifiques nécessaires à la course technologique stratégique et renforcera la compétitivité nationale à long terme, dans un contexte d’intensification de la concurrence technologique mondiale.
Selon le programme, l’excellence de la recherche fondamentale est considérée comme le fondement des percées en matière de connaissances et de technologies, contribuant au développement des capacités de maîtrise des technologies clés et stratégiques et renforçant la compétitivité nationale à long terme.
Le programme vise notamment à passer du financement de projets de recherche individuels et à court terme à des orientations de recherche à moyen et long terme, en privilégiant les regroupements et les séries de projets afin d’assurer la continuité, l’accumulation des connaissances et le développement de capacités de recherche de pointe.
Il s’agit d’un changement majeur dans la conception du développement scientifique et technologique du pays. Au lieu de financer des projets individuels de petite envergure, le programme vise à créer des écosystèmes de recherche approfondis où les groupes de recherche bénéficient d’investissements stables et à long terme pour s’attaquer à des problèmes de grande ampleur.
Le programme met l’accent sur la priorité accordée au financement de la recherche fondamentale liée aux orientations stratégiques du développement technologique et à des produits technologiques stratégiques spécifiques, tout en encourageant les idées scientifiques nouvelles et novatrices et en acceptant les risques scientifiques appropriés à la nature de la recherche fondamentale.
En pratique, il s’agit également d’une tendance que suivent de nombreux pays technologiquement avancés, car la concurrence mondiale dépend de plus en plus de la capacité à posséder des connaissances fondamentales.
Dans le cadre de ce programme, le Vietnam se concentrera sur le développement de pistes de recherche susceptibles de donner naissance à des technologies fondamentales et stratégiques dans des domaines tels que la technologie quantique, l’intelligence artificielle, les matériaux avancés, la biotechnologie, les nouvelles énergies et la technologie des semi-conducteurs.
Le programme vise à établir au moins 10 nouvelles orientations de recherche d’ici 2030, dont au moins trois susceptibles de devenir des plateformes technologiques fondamentales. Ces chiffres passeront respectivement à 20 et 5 d’ici 2035.
Au-delà de la recherche académique, le programme vise à rapprocher les résultats de la recherche de la commercialisation et du développement de technologies stratégiques. Ainsi, d’ici 2030, au moins 10% des travaux menés dans le cadre de nouvelles orientations de recherche devront aboutir à des résultats susceptibles de faire l’objet d’un dépôt de brevet international ou de se traduire par des activités de développement de produits technologiques stratégiques. Ce pourcentage passera à au moins 20% d’ici 2035.
En outre, le programme vise à rehausser le prestige scientifique du Vietnam sur la scène internationale. Il prévoit la création d’une trentaine de groupes de recherche de haut niveau en sciences naturelles d’ici 2030, dont au moins trois deviendront des références régionales. Ces chiffres passeront respectivement à une cinquantaine et à au moins dix groupes d’ici 2035.
Le programme prévoit également de construire un écosystème de recherche à vocation internationale, axé sur le développement d’une main-d’œuvre scientifique hautement qualifiée et l’approfondissement de la coopération internationale.
Il met également l’accent sur la mise en œuvre d’une plateforme numérique nationale de gestion de la science, de la technologie et de l’innovation afin d’améliorer la transparence, la responsabilité et l’efficacité de la gestion des données de recherche.
Le Fonds national pour le développement de la science et de la technologie pilotera la mise en œuvre du programme, notamment l’élaboration des plans de mise en œuvre, l’évaluation des groupes de recherche, l’allocation des fonds et le suivi des résultats. – VNA