Le Têt de la danse des Dao

Quand les fleurs de pêcher s’épanouissent sur le flanc des montagnes pour accueillir la Nouvelle Année lunaire, les Dao de la commune de Ba Vi célèbrent leur propre Têt de la danse.
Hanoi, 17 février (VNA) - Quand les fleurs de pêcher s’épanouissent sur le flanc des montagnes pour accueillir la Nouvelle Année lunaire, les Dao de la commune de Ba Vi célèbrent leur propre Têt de la danse. Cet événement vise à remercier les génies et à prier pour les récoltes abondantes, la santé et la prospérité.
Le Têt de la danse des Dao ảnh 1Le Têt de la danse se déroule dans une ambiance joyeuse. Photo : CTV/CVN


La commune de Ba Vi, en banlieue de Hanoï, compte trois hameaux que sont Hop Nhât, Hop Son et Yên Son, où vivent 2.270 personnes, dont 98% sont d’ethnie Dao. La plupart gagnent leur vie grâce à la collecte et au traitement des plantes médicinales.

La vie à Ba Vi est paisible. Les infrastructures ne sont pas moins développées que celles des communes de plaine. Les routes, voies et ruelles sont bétonnées.

On y trouve postes médicaux, écoles et maisons de la culture. Des maisons à étages apparaissent de plus en plus nombreuses le long des routes.

"Auparavant, les Dao ne pratiquaient que l’agriculture sur brûlis et vivaient dispersés sur les flancs de la montagne. En 1968, l’État leur a demandé de changer leur mode de production et de se regrouper au pied du mont Ba Vi. La physionomie des villages et la vie des Dao ont alors beaucoup évolué grâce notamment aux programmes d’assistance et de développement socio-économique financés par le Parti et l’État en faveur des populations les plus précaires", se réjouit Duong Thi Hiên, domiciliée dans le hameau de Yên Son.

Une identité culturelle unique

S’ils se rendent à Ba Vi au dernier mois lunaire, les touristes auront l’occasion de vivre le Têt de la danse (Têt nhay) qui fait partie de l’identité culturelle des Dao.
Le Têt de la danse des Dao ảnh 2Chamans Dao pratiquant les rituels du Têt de la danse. Photo : CTV/CVN

Ly Van Phu, une personne prestigieuse du hameau de Yên Son, partage que lors du Têt nhay, les villageois remercient les génies et ancêtres qui ont aidé la flotte des 12 lignées familiales des Dao à surmonter les catastrophes maritimes et à les amener vers une nouvelle région. À travers les rituels, ils prient pour la santé, une vie prospère, heureuse et solidaire. Ce Têt est l’un des événements culturels les plus importants de l’année.

Auparavant, le Têt nhay se tenait trois années consécutives : il durait un jour une nuit pour la première année, deux jours deux nuits pour la deuxième et trois jours trois nuits pour le reste.

À l’heure actuelle, en suivant le mouvement du gouvernement "Tout le peuple s’unit pour édifier une nouvelle vie culturelle", les Dao ne l’organisent que pendant une journée, mais ils pratiquent toujours tous les rites selon la tradition ancestrale.

Seules les familles qui ont un autel des ancêtres ou qui ont terminé les étapes de préparation pour l’établir peuvent organiser la fête. Pour avoir un tel autel, l’homme doit déjà avoir accompli la cérémonie câp sac (obligatoire pour les garçons Dao, marquant leur maturité). Après cette cérémonie, celui-ci est considéré comme capable d’assumer les responsabilités de sa lignée familiale et les fonctions majeures de la communauté, et accroche un ensemble de peintures des trois saints taoïstes à vénérer. Le Têt de la danse est considéré comme le dernier rite dans l’installation d’un autel des ancêtres.

Triêu Phu Hop ne cache pas sa joie de faire partie des quatre du hameau de Hop Nhât organisant le Têt de la danse. "Il faut d’abord demander à un chaman de choisir un jour faste pour l’organiser, inviter ensuite les proches et les voisins. Le patriarche du village n’autorise que deux familles à l’organiser dans la même journée...", dévoile-t-il.

Des étapes ponctuées de nombreux rites
Le Têt de la danse des Dao ảnh 3Le Têt de la danse est considéré comme le dernier rite dans l’installation d’un autel des ancêtres.

Photo : VNA/CVN


Le Têt nhay se compose de trois cérémonies : d’ouverture, principale et de clôture. C’est le chaman qui conduit toutes les cérémonies.

Il est épaulé par des hommes qui ont passé la cérémonie câp sac. Lors de la cérémonie d’ouverture, le maître du culte installe l’autel, présente des offrandes expiatoires et invite divinités et ancêtres à venir assister à la cérémonie. La cérémonie principale, la plus importante et la plus longue, débute par un rite d’ouverture et se termine par celui de recrutement des "soldats des enfers".

Tout au long des deux premières cérémonies, le sorcier et ses assistants exécutent des danses traditionnelles et des chansons accompagnées par le son des flûtes, cloches, tambours et cymbales... Les paroles des chansons et la danse reconstituent le voyage des ancêtres à travers la mer, leur processus de travail, leur lutte contre les envahisseurs étrangers et les animaux sauvages pour se protéger.

Le tout donne aux participants le sentiment de vivre dans un autre monde où passé et présent se mêlent. Avant la fin de la cérémonie principale, le chaman demande aux divinités et ancêtres de témoigner de la sincérité des descendants.

La dernière partie est la cérémonie de clôture. Après le rite de recrutement des "soldats des enfers", les plateaux d’offrandes sont préparés. Devant l’autel, le sorcier présente une tête de cochon afin d’annoncer la fin du Têt nhay. Les prières assurent le remerciement aux génies et au Dieu de la Terre d’avoir témoigné de la sincérité du maître de la maison. En plus, celui-ci sacrifie un cochon pour demander aux dieux de le pardonner pour une éventuelle faute dans l’organisation tout en priant pour une bonne santé, la paix et les bonnes récoltes pour tous.

Après la cérémonie, l’hôte abat un porc, le divise en plusieurs petites parties et les offrent aux participants de la fête. Les rites religieux laissent la place aux réjouissances, avec un grand banquet réunissant tous les invités. Les plateaux-repas expriment l’hospitalité et la gratitude de l’hôte pour l’assistance et l’appui des invités tout au long de l’évènement.

Bien que le Têt de la danse soit un rituel organisé seulement par une famille ou une lignée familiale, tous les habitants du village y participent. Les paroles en langue Dao et les danses semblent réveiller la région montagneuse de Ba Vi en lui donnant un sentiment plus jubilatoire et une ambiance plus sacrée. - CVN/VNA
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