Le développement de l’offre de logements locatifs ne constitue pas seulement une solution de protection sociale, mais représente également un modèle de développement et d'investissement durable, contribuant à réduire la pression résidentielle dans les grandes villes. À Hanoï, les politiques visant à privilégier ce type de logement suscitent des attentes parmi les personnes aux revenus moyens et faibles qui souhaitent accéder à un logement sûr et légal.
Après près de dix ans de travail dans la capitale, Tran Anh Ngoc, 33 ans, originaire de Phu Tho, loue actuellement une chambre de moins de 12 m² dans le quartier de Dai La pour environ 5 millions de dongs par mois. Employée dans les ressources humaines d’une entreprise privée, elle dispose d’un revenu mensuel d’environ 17 millions de dongs et a économisé 800 millions de dongs. Cependant, la forte hausse des prix des logements rend encore difficile l’achat d’un petit appartement.
Elle espère que les projets de logements locatifs permettront aux personnes disposant de revenus moyens ou faibles d’accéder à des logements sûrs et légaux à des loyers plus abordables.
Une situation similaire concerne Nguyen Trung Kien, originaire de Tuyen Quang, qui travaille dans un organe public dans le quartier de Hoan Kiem. Sa famille de quatre personnes loue un appartement dans un immeuble de petite taille pour 7 millions de dongs par mois. Le loyer représente environ 40 % des revenus du couple. Après douze années passées dans la capitale, la famille n’a pas encore pu réunir les ressources nécessaires pour acheter un logement.
Selon Nguyen Van Dinh, vice-président de l'Association immobilière du Vietnam (VNREA), la promotion du logement locatif est une tendance inévitable qui concrétise les directives nationales. Constatant que l'offre actuelle repose en grande partie sur des initiatives individuelles spontanées dont les normes d'infrastructure, de gestion et d'environnement ne sont pas totalement uniformes, il souligne qu'un marché durable nécessite un équilibre entre les logements destinés à la vente et ceux réservés à la location. Les autorités de Hanoï sont ainsi invitées à évaluer les premiers projets lancés afin de dupliquer ce modèle à plus grande échelle.
Sur le plan opérationnel, le secteur privé commence à s'engager activement, comme en témoigne le projet de la zone résidentielle Him Lam Long Bien d'une superficie de 25 hectares, prévoyant environ 2 000 appartements en location. Duong Cong Minh, actionnaire clé de la société Him Lam et président du conseil d'administration de Sacombank, rappelle que la location représente un pilier majeur de l'habitat urbain dans de nombreux pays. Il préconise l'adoption de politiques spécifiques permettant aux promoteurs d'accéder à des crédits à long terme et à des taux d'intérêt préférentiels.
Selon l'Institut de recherche sur le marché immobilier du Vietnam (VARS IRE), l'État doit jouer un rôle de régulateur en matière de planification, de foncier, de financement et de contrôle des loyers. En application des directives de dirigeants du pays, le ministère de la Construction demande aux provinces et villes de mener des enquêtes approfondies sur les besoins réels des habitants afin d'éviter tout déséquilibre entre l'offre et la demande.
Dans le cadre de la planification pour 2026 et la période 2026-2030, le ministère de la Construction incite chaque localité à démarrer au moins un projet de logement locatif dès juin 2026, puis à déployer des programmes de plus grande envergure au cours des troisième et quatrième trimestres 2026. Les autorités locales doivent aménager des terrains viabilisés, encourager le logement pour les ouvriers, soutenir la construction privée destinée à la location et utiliser efficacement le Fonds local de développement de l'habitat d'ici le troisième trimestre 2026. -VietnamPlus