L’agriculture intelligente ouvre un nouveau champ de coopération entre le Vietnam et la Chine

Le Vietnam et la Chine disposent de nombreux atouts pour approfondir leur coopération dans l’agriculture de haute technologie, notamment grâce à la complémentarité de leurs ressources agricoles et à la compatibilité de leurs conditions de production. Malgré des défis liés à l’adaptation technologique, aux normes et aux ressources humaines, les deux pays disposent d’un large potentiel de coopération dans la transformation numérique et la modernisation de l’agriculture.

Modèle d’agriculture de haute technologie dans la province du Guangdong (Chine). Photo: VNA
Modèle d’agriculture de haute technologie dans la province du Guangdong (Chine). Photo: VNA

Pékin (VNA) - Selon le professeur Wei Longbao, vice-président du Centre n°1 des Objectifs de développement durable de l’Impact académique des Nations unies et directeur de l’Institut de gestion de l’alimentation et de l’agroalimentaire de l’Université du Zhejiang, le Vietnam et la Chine disposent de conditions favorables au développement de leur coopération dans le domaine de l’agriculture de haute technologie. Les deux pays partagent des similitudes culturelles et disposent de ressources agricoles complémentaires. La coopération agricole constitue ainsi depuis longtemps un pilier des relations bilatérales.

La Chine est actuellement le premier marché d’exportation des produits agricoles vietnamiens, tandis que le Vietnam est le premier partenaire commercial de la Chine dans le secteur agricole au sein de l’ASEAN.

Les deux pays ont mis en place plusieurs mécanismes de coopération, dont le Comité mixte de coopération agricole Vietnam-Chine et la conférence conjointe entre les directeurs des services de l’agriculture et du développement rural du Guangxi et ceux des quatre provinces frontalières vietnamiennes. Ils s’appuient également sur le Partenariat économique global régional (RCEP) et la Zone de libre-échange Chine-ASEAN pour promouvoir la coopération et se concentrer sur la mise en place de plateformes pour l’agriculture de haute technologie, l’accès aux produits agricoles et la coopération agricole transfrontalière.

Le Vietnam se trouve aujourd’hui à une étape décisive de sa transformation numérique agricole. Malgré ses ressources abondantes et ses conditions climatiques favorables, le caractère encore fragmenté des exploitations et le manque de compétences numériques créent une forte demande en technologies avancées et adaptées aux réalités locales. De son côté, la Chine dispose de systèmes développés dans les domaines des équipements agricoles intelligents, de l’agriculture numérique et de la sélection végétale. La similitude des conditions agricoles des deux pays favorise par ailleurs la compatibilité technologique.

Plusieurs défis restent toutefois à relever, notamment l’adaptation des technologies aux infrastructures et aux différents écosystèmes vietnamiens, la reconnaissance mutuelle des normes et la facilitation des procédures douanières, ainsi que le manque de ressources humaines spécialisées dans l’IA et le numérique. La Chine doit également renforcer la formation de personnels maîtrisant à la fois les technologies et les réalités du marché vietnamien. À ces difficultés s’ajoutent la concurrence de pays comme Israël et les Pays-Bas, ainsi que les risques liés aux taux de change, au foncier et aux maladies animales et végétales.

Pour le professeur Wei Longbao, la déclaration commune publiée par les deux pays en avril 2026, qui vise notamment à approfondir le partenariat de coopération stratégique global et à construire une communauté d’avenir partagé Vietnam-Chine à un niveau plus élevé, offre un cadre favorable au renforcement de la coopération dans l’ensemble de la chaîne de valeur agricole. Celle-ci évolue progressivement du simple commerce de produits vers une intégration plus poussée des technologies, des capitaux, des talents et des normes.

Parmi les modèles chinois susceptibles d’inspirer cette coopération figurent les fermes intelligentes combinant télédétection satellitaire, capteurs et machines agricoles autonomes ; les dispositifs associant instituts de recherche, entreprises, coopératives et agriculteurs pour tester puis diffuser les technologies ; ainsi que les services agricoles partagés, permettant aux petits exploitants d’accéder, par la location ou des services spécialisés, à des drones, machines intelligentes et systèmes numériques sans devoir les acheter individuellement.

Des expériences menées en Chine montrent déjà des résultats concrets. À Datong, dans la province du Shanxi, le modèle "Beidou + agriculture intelligente" appliqué à la culture du maïs a permis d’augmenter le rendement moyen de 15,5 %, tout en réduisant de 40 % la consommation d’eau d’irrigation et de 15 % l’utilisation d’engrais.

Dans le Fujian, l’application de l’Internet des objets (IoT) et de l’intelligence artificielle (IA) à la culture des agrumes permet une surveillance en temps réel et une gestion plus précise de l’irrigation, de la fertilisation et des ravageurs. Dans le Jiangsu, un système d’élevage intelligent de crevettes d’eau douce, fondé sur des capteurs et une alimentation automatisée, a permis d’augmenter la production d’environ 20 % et de réduire les coûts de plus de 15 %.

Ces expériences ouvrent de nouvelles perspectives pour approfondir la coopération technologique agricole entre le Vietnam et la Chine, en l’adaptant aux besoins locaux et en l’orientant vers une agriculture plus efficace, productive et durable.-VNA

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