Le sceau en or “Hoàng dê chi bao” (Trésor de l’Empereur) de la dynastie des Nguyên (1802-1945) a été restitué au Vietnam en novembre 2023. Photo: Vietnam+ Après près d’un siècle en France, le 16 novembre 2023, le sceau en or “Hoàng dê chi bao” (Trésor de l’Empereur) de la dynastie des Nguyên (1802-1945) a été restitué au Vietnam lors d’une cérémonie à l’ambassade du Vietnam en France.
Peu de jours après, avec 121 voix pour sur un total de 171 votes valides, le Vietnam a été élu membre du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO pour le mandat 2023-2027 lors de la 24e session de l’Assemblée générale des États parties à la Convention du patrimoine mondial.
Il s’agissait de bonnes nouvelles pour les professionnels de la préservation culturelle et le public vietnamien en seulement un mois.
Le Vietnam s’est classé au 2e rang parmi les neuf pays élus, de cinq régions. C’est la 2e fois depuis 2013 que le pays assume un rôle au sein du Comité du patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).
Ledit comité est responsable de la mise en œuvre de la convention susmentionnée, détermine l’utilisation du Fonds du patrimoine mondial et alloue l’assistance financière suite aux demandes des États parties. C’est à lui de décider si un site est accepté pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial. Il examine les rapports sur l’état de conservation des sites inscrits et demande aux États parties de prendre des mesures lorsqu’ils ne sont pas correctement gérés. Il décide également de l’inscription des sites sur la Liste du patrimoine mondial en péril et de leur retrait de cette liste.
Selon Hà Kim Ngoc, vice-ministre des Affaires étrangères et chef du Comité national du Vietnam pour l’UNESCO, le nombre élevé de voix démontre le prestige du pays sur la scène internationale, ainsi que la confiance et le soutien de la communauté internationale envers sa capacité de contribuer aux institutions multilatérales mondiales. Cela reconnaît également ses contributions concrètes dans ses relations avec l’UNESCO, ainsi que dans la préservation, la conservation et la promotion des valeurs patrimoniales sur sol et dans le monde. Il s’agit également d’un résultat de la mise en œuvre effective de la Stratégie de diplomatie culturelle d’ici 2030.
Fierté, responsabilité et compréhension
Le Vietnam compte actuellement 22 patrimoines mondiaux honorés par l'UNESCO, dont trois patrimoines naturels, 15 patrimoines culturels et quatre patrimoines documentaires. Le pays en est fier mais il faut de la responsabilité et de la compréhension pour préserver les valeurs existantes. Apprécier et préserver les valeurs existantes est plus important que courir après le nombre de titres. De plus, la fierté et la responsabilité ne permettent pas de sacrifier le patrimoine en termes de bénéfices économiques immédiats.
Selon le journal « Quang Ninh », l'éducation sur le patrimoine de Ha Long a été incluse dans les programmes d’enseignement. Depuis 2017, le Comité populaire de la ville de Ha Long a élaboré un ensemble de documents intitulé « Éducation pour la conservation du patrimoine naturel mondial de la baie de Ha Long » à enseigner dans tous les lycées et collèges de la localité. L'objectif est d'améliorer la compréhension des élèves sur ses valeurs en termes de paysages, de géologie, de géomorphologie, ainsi que les connaissances et la conscience..., pour s'unir dans la protection, la préservation et la promotion de la baie de Ha Long.
Nécessité d'une stratégie spécifique
Synchroniser et détailler les corridors juridiques appliqués au patrimoine est une question à laquelle le Vietnam doit prêter attention. De nombreux experts estiment que des réglementations détaillées doivent être prises par le gouvernement pour protéger les éléments originaux qui constituent le patrimoine, les monuments, l'environnement et les paysages écologiques.
Concernant le retour du sceau en or « Hoàng dê chi bao » au Vietnam, ce succès illustre l’efficacité de la coopération entre l'État et le secteur privé pour rapatrier les antiquités vietnamiennes gardées dans de nombreux endroits du monde.
Plus précisément, la SARL Hoang Gia Nam Hong, basée dans la province septentrionale de Bac Ninh, a été choisie pour représenter le Vietnam afin de gérer les procédures financières connexes conformément à la loi française. Elle préservera et exposera également le sceau et se coordonnera avec le Musée national d’histoire du Vietnam pour protéger et mettre en valeur ce trésor.
La loi vietnamienne sur le patrimoine (publiée en 2001, entrée en vigueur le 1er janvier 2002 et actuellement en cours de révision) est considérée par de nombreux experts comme favorisant l'intérêt social pour le rapatriement des antiquités vietnamiennes à l’étranger. Cependant, le processus de coopération entre l'État et le secteur privé nécessite toujours une stratégie spécifique à long terme.
Fin 2022, avec 27 trésors nationaux supplémentaires, le Vietnam en comptait un nombre total de 250, dont de nombreux trésors nationaux conservés dans des collections privées. Le rôle des particuliers dans le rapatriement des antiquités au Vietnam se voit de plus en plus clairement, comme dans le cas du sceau d'or « Hoang de chi bao » qui a été acheté par la famille de Nguyen The Hong à Bac Ninh à la Maison de ventes aux enchères MILLON, pour 6,1 millions d'euros (plus de 153 milliards de dongs).
Il vaut mieux tard que jamais
La conférence consultative sur le projet d’amendement de la loi sur le patrimoine culturel, organisée par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme le 13 novembre à Hanoï et en ligne, a vu la participation d'un grand nombre de gestionnaires, scientifiques et chercheurs culturels.
Grâce aux efforts et aux contributions de l'ensemble de la société, la protection et la promotion de la valeur du patrimoine culturel national ont obtenu plusieurs réalisations importantes, ont constaté plusieurs participants.
Les experts participant à la conférence se sont également mis d'accord sur le mécanisme visant à mobiliser et à attirer les ressources sociales au service de la protection et de la promotion des valeurs du patrimoine culturel.
Actuellement, de nombreuses populations locales pensent encore que la conservation du patrimoine est une affaire relève principalement de la responsabilité des organes d'État ou des organisations non gouvernementales. Les spécialistes du British Council soulignent que davantage d'initiatives sont nécessaires pour encourager et promouvoir l'action volontaire en faveur du patrimoine culturel au sein des communautés. L’une des solutions consiste à promouvoir la communication sur le rôle important et la capacité des populations locales dans la préservation du patrimoine culturel qui leur appartient.
Pour protéger le patrimoine, il est tout d’abord nécessaire de considérer la communauté comme le noyau. Il est important de protéger les personnes détentrices d’un patrimoine pour construire des sociétés inclusives, accroître la résilience et la durabilité pour l’avenir./. VietnamPlus