Hanoï (VNA) – Le marché intérieur est un moteur indispensable pour accélérer la croissance économique du Vietnam. Avec la consommation sociale (dépenses des ménages, des individus et du gouvernement) représentant plus de 60% du Produit Intérieur Brut (PIB), la stimulation de la consommation jouera un rôle clé dans la réalisation de l'objectif de croissance de plus de 8% en 2025. Cependant, pour y parvenir, une série de politiques synchronisées sont nécessaires, incluant la promotion des achats, le développement du tourisme et, surtout, l'augmentation des revenus et de l'épargne des citoyens.
La consommation nationale, encore en deçà de son potentiel
Les données statistiques révèlent que la consommation intérieure est plus faible que prévu, affichant une tendance à la baisse. Par exemple, le total des ventes au détail de biens et de services à Hanoï en janvier 2025 a atteint environ 84 900 milliards de dongs, soit une augmentation de 8,6% par rapport à décembre 2024 et de 26,4% en glissement annuel. Cette croissance est inférieure à la moyenne des cinq années précédant la pandémie de COVID-19 (2015-2019).
Un récent rapport de la société par actions de valeurs mobilières MBS a également souligné la prudence des consommateurs en 2024, entraînant une faible amélioration des ventes au détail de biens et services.
Dinh Thuy Phuong, représentante de l'Office national des statistiques, a analysé que les dépenses pour les services sociaux tels que l'hébergement, la restauration, le tourisme et les loisirs ont diminué par rapport à la période pré-pandémique. Cela reflète la tendance des citoyens à dépenser plus modérément et à se concentrer principalement sur les biens essentiels, a-t-elle estimé.
Créer des emplois et stimuler la demande intérieure
Selon la méthode des dépenses, le PIB est composé de la consommation, de l'investissement, des dépenses publiques et du commerce net. On estime que la consommation représente environ 50 à 55% du PIB, l'investissement 30 à 35%, les dépenses publiques autour de 10%, et le commerce net environ 5%. Ainsi, pour stimuler la croissance du PIB, le gouvernement doit se concentrer fortement sur la promotion de la consommation et de l'investissement, tout en intensifiant les activités commerciales.
Pour atteindre un taux de croissance élevé, les experts souligne la nécessité de stimuler la demande de consommation intérieure via des programmes de relance, impliquant la participation des agences de gestion, des distributeurs et des fabricants.
Compte tenu de la croissance impressionnante des importations de biens de consommation en 2024 et de la tendance des Vietnamiens à voyager à l'étranger, le Dr. Nguyên Bich Lâm, ancien directeur général de l'Office national des statistiques, a suggéré que les ministères, les localités et les entreprises étudient la production et la fourniture de biens et services nationaux de qualité et à des prix compétitifs pour stimuler la consommation de produits vietnamiens. Il a également appelé à une contribution plus forte du tourisme intérieur à la croissance.
Du point de vue des détaillants, Nguyên Duc Anh, président de l'Association des détaillants du Vietnam, a souligné le potentiel du commerce électronique, un secteur qui contribue de manière significative à la consommation intérieure. Il estime qu'une croissance continue du commerce électronique d'environ 20% au cours des cinq prochaines années est essentielle pour atteindre une croissance du PIB à deux chiffres.
L'économiste Vu Vinh Phu partage cet avis et propose de renforcer les politiques de relance. Il est important de soutenir les consommateurs affectés par la baisse de leurs revenus. En outre, pour stimuler la consommation, de nombreuses politiques synchronisées doivent être mises en œuvre, y compris des mesures de relance, le développement du tourisme et, surtout, l'augmentation des revenus des citoyens via le développement d'autres piliers du PIB tels que l'investissement et les exportations.
Le gouvernement, les ministères et les localités doivent mettre en œuvre des solutions synchrones telles que la réduction des prix des biens de consommation, l'ajustement des salaires à la hausse, la réduction de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et des entreprises, l'augmentation des prêts à la consommation. Il est également essentiel de mettre en place un rééchelonnement de la dette, d'augmenter les aides sociales, en particulier les allocations directes aux pauvres, d'élargir la couverture de l'assurance chômage, et de réduire les frais de scolarité et les frais médicaux. -VNA