Vietnamplus - Lors de la conférence en ligne entre le gouvernement et les localités début janvier, le chef du secteur bancaire a affirmé que malgré des difficultés sans précédent, la politique monétaire de 2022 a répondu avec souplesse, contribuant à contrôler l'inflation, à stabiliser la macro-économie, à promouvoir la cote de crédit nationale dans la scène internationale.
De nombreuses entreprises bénéficient de taux d'intérêt préférentiels de la part des banques. (Photo : Vietnamplus)
Cependant, en 2023, l'Organisation monétaire mondiale (FMI) a déclaré qu'un tiers de l'économie mondiale serait touchée par une récession et a averti que le monde serait confronté à une année difficile. Dans ce contexte, l'économie nationale sera soumise à d'énormes pressions, notamment l'inflation et le taux de change. Le niveau des taux d'intérêt sur les prêts est donc également difficile à réduire comme souhaité, ce qui crée de grands obstacles pour le monde d'affaires pendant la période de reprise post-pandémique.
Pour faire face à ces grands défis, le gouverneur adjoint permanent de la Banque d'État du Vietnam Dao Minh Tu a déclaré que la Banque surveillera l'évolution et la situation économique dans le monde et dans le pays pour opérer avec prudence, souplesse et synchronisme l'ensemble des taux d'intérêt.
- L'année dernière a été une année turbulente sur le marché financier et monétaire intérieur. En tant que dirigeant de la Banque centrale, que pensez-vous de l'évolution des marchés financiers et bancaires en 2022 et quels sont les plus grands défis ?
Đào Minh Tú : L'année 2022 est une année importante, affirmant le processus de reprise positif et l'adaptation sûre, flexible et efficace de l'économie vietnamienne à l'épidémie de COVID-19, en particulier dans le contexte où la situation mondiale et régionale a connu de nombreux changements rapides, compliqués et imprévisibles.
L'année 2022 est une année avec de nombreuses évolutions sans précédent, qui sont allés au-delà des prévisions des organisations internationales et des États. La concurrence stratégique entre les grands pays devient de plus en plus intense, le conflit russo-ukrainien se prolonge, l'inflation mondiale est élevée, les taux d'intérêt augmentent, la politique monétaire se resserre, le dollar international a fortement augmenté...
Parallèlement, sur le plan intérieur, les prix de l'essence et de certaines matières premières ont fluctué fortement, la pression inflationniste s'est également accrue et les évolutions défavorables du marché des obligations d'entreprises, du marché immobilier... ont un fort impact sur les activités monétaires et bancaires.
Pour faire face aux fluctuations rapides de la situation mondiale et intérieure, la Banque d'État a suivi activement les évolutions pour ajuster rapidement les politiques, promulguer et mettre en œuvre de manière synchrone et optimale des outils et des solutions, contribuant à stabiliser la macro-économie, à contrôler l'inflation à un niveau bas, soutenir la reprise de la croissance économique et assurer le développement sûr du système des organisations de crédit.
Plus précisément, depuis le début de 2022, la Banque d'État a orienté une croissance du crédit d'environ 14 % pour l'ensemble de l'année, avec des ajustements en fonction des évolutions et des situations réelles afin de soutenir la reprise économique et de répondre à la demande de fonds pour la production et des affaires, mais non soumis aux mouvements défavorables de l'inflation.
Dans la situation de liquidité difficile, la Banque d'État s'est concentrée sur le soutien du système des organisations de crédit pour résoudre le problème de la gestion des liquidités.
- En 2022, les taux d'intérêt sur les dépôts ont connu des fluctuations importantes. Qu’a fait la Banque d'État pour que les banques puissent à la fois mobiliser l'argent inutilisé des gens et soutenir les entreprises ?
Đào Minh Tú: Du début de l'année à la mi-septembre 2022, la Banque d'État du Vietnam a continué de maintenir les taux d'intérêt opérationnels inchangés dans le contexte d'une augmentation rapide des taux d'intérêt mondiaux et d'une pression inflationniste intérieure croissante afin de créer des conditions favorables pour les organisations de crédit à accéder au capital de la Banque d'État à faible coût.
La Banque d'État a également contrôlé et ordonné aux organisations de crédit de ne pas se précipiter pour augmenter les taux d'intérêt sur les dépôts tout en faisant un maximum d'efforts pour réduire les coûts d'exploitation, les procédures administratives et les dépenses inutiles pour réduire les taux d'intérêt des prêts, accompagner les entreprises et les personnes à surmonter les difficultés. Bien sûr, dans un contexte de hausse rapide des taux d'intérêt mondiaux et de pression inflationniste domestique croissante, les taux d'intérêt créditeurs et de prêt sur 11 mois ont augmenté par rapport à fin 2021 (hausse moyenne de 1,19% respectivement/an et 1,21%/an).
- En 2023, il est prévu que de nombreuses difficultés et défis à l'échelle mondiale subsistent. Àvotre avis, quelle est la plus grande pression sur le secteur bancaire pour cette année ?
Đào Minh Tú: On constate que cette année, la pression inflationniste tend à augmenter de plus en plus nettement. Plus précisément, l'inflation à la fin de 2022 devrait dépasser 5 %, ce qui remet en question la tâche de contrôle de l'inflation à partir de début 2023.
En outre, la réduction des taux d'intérêt sur les prêts sous la direction de l'Assemblée nationale dans les temps à venir se heurtera à de nombreuses difficultés et défis alors que les principales banques centrales dans le monde poursuivent le processus de resserrement de la politique monétaire, en ajustant la hausse des taux d'intérêt. L'inflation dans et hors du pays a tendance à augmenter en raison de la hausse des prix mondiaux des matières premières, de la hausse des coûts de transport, des perturbations de l'approvisionnement et de l'impact tardif des politiques monétaires et de l'exercice financière souples à partir de 2020.
En outre, le crédit a augmenté plus rapidement que la mobilisation des capitaux, de sorte que les organisations de crédit ont dû augmenter les taux d'intérêt pour se stabiliser et attirer davantage de capitaux, tandis que le dollar continuait de s'apprécier, exerçant une pression sur les taux d'intérêt du dong vietnamien.
Par ailleurs, les difficultés du marché des capitaux, notamment les problèmes passés et présents du marché des obligations d'entreprises, la lenteur des décaissements des investissements publics... créent une pression de crédit par rapport au capital mobilisé de l'ensemble du système bancaire à un niveau élevé, de l'ordre de plus de 100% pour le dongs.
De nombreuses organisations internationales telles que la Banque mondiale (BM) avertissent que le Vietnam est l'un des pays ayant le ratio crédit/PIB le plus élevé au monde. Moody's a également mis en garde le Vietnam contre les incertitudes macroéconomiques s'il devait prolonger le risque de liquidité à l'échéance du capital.
La restructuration du système des organisations de crédit en association avec le règlement des créances douteuses se heurte toujours à des difficultés en raison des ressources financières limitées pour soutenir la restructuration. La restructuration des banques fragiles est une question compliquée, nécessitant l'application de solutions fortes et sans précédent.
Enfin, les créances douteuses présentent encore de nombreux risques potentiels pour la sécurité et l'efficacité opérationnelle des organisations de crédit en raison des conséquences de l'épidémie de COVID-19 et des évolutions compliquées de la situation socio-économique nationale ainsi que de la situation internationale, affectant la capacité de remboursement des clients. Les créances douteuses se concentrent aujourd'hui principalement sur des organisations de crédit fragiles, mais elles ne peuvent être traitées rapidement en raison de nombreuses créances liées à des affaires, de documents juridiques incomplets. La capacité à constituer des provisions sur le risque des organisations de crédit est encore limitée.
- Face à ces nombreux défis, en tant qu'agence chargée de la politique monétaire, quelles mesures la Banque d'État prendra-t-elle ?
Đào Minh Tú: En 2023, la Banque d'État suivra de près l'évolution et la situation économique dans le monde et dans le pays pour opérer avec prudence, souplesse, synchronisme avec les outils de politique monétaire, et se coordonner étroitement avec les politiques macroéconomiques. Cela permettra de contrôlr l’inflation autour de 4,5%, stabilisant la macro-économie, assurant les grands équilibres de l'économie, des taux d'intérêt et des taux de change opérationnels en fonction des conditions du marché, des évolutions macroéconomiques et des objectifs de politique monétaire.
La Banque centrale envisage de donner la priorité à l'octroi de crédit selon la classification des projets verts, les prêts pour répondre aux besoins de logement des personnes, projets de logements sociaux, projets de logements commerciaux, etc., tout en continuant à contrôler le crédit dans les zones potentiellement à risque et la qualité du crédit.
D'autre part, la Banque d'État continue de mettre en œuvre des politiques de soutien dans le cadre du programme de relance et de développement socio-économiques, des programmes nationaux ciblés, en particulier la politique de soutien du taux d'intérêt de 2 % selon la Résolution 43 de l'Assemblée nationale et le décret 31 du gouvernement.
La Banque d'État mettra également en œuvre le projet « Restructuration du système des organisations de crédit associés au règlement des créances douteuses au cours de la période 2021-2025», notamment la promotion du règlement des créances douteuses, la restructuration et la gestion des organisations de crédit faibles
En outre, la Banque d'État renforcera le travail d'inspection et améliorera l'efficacité de la supervision de la macro et de la micro sécurité, en se concentrant sur la supervision des activités d'octroi de crédit pour les domaines à risque tels que l'immobilier, l'investissement dans des obligations d'entreprises, la consolidation de la structure organisationnelle, la consolidation de l'appareil d'inspection et de surveillance bancaire dans l'ensemble du système.
-Merci à vous !



