Hanoï (VNA) -Depuis huit ans, Pham Hông Thang profite de sestemps libres pour apprendre aux enfants handicapés à jouer au football.Ce chauffeur de moto-taxi a accompagné des milliers de jeunes atteintsde cécité, du syndrome de Down, d’autisme ou de retard de développement.
Enparlant de son parcours pour le handisport, Pham Hông Thang expliquequ’il y a d’une dizaine d’années, lorsqu’il était bénévole, lors d’unévénement sportif pour les personnes aveugles, il avait ressenti unegrande affection et un profond respect pour ces jeunes enfants. Il avaitlui-même connu une enfance difficile. Son père étant décédéprématurément, et lui et sa mère avaient dû quitter leur domicile pourvenir dans la mégapole du Sud et vivre chez des proches.
Avantde devenir conducteur de moto-taxi, il avait exercé de nombreuxmétiers. Aujourd’hui, il vit avec sa femme, sa mère âgée et troisenfants dans une maison louée. Bien que leurs revenus soient modestes,il reste optimiste et enseigne à ses enfants que leur famille est pluschanceuse que beaucoup d’autres.
Entraîneur autodidacte…
Le week-end, M. Thang ne travaille pas comme un chauffeur de moto-taxi et consacre son temps au football. “Aider et entraîner les enfants n’est pas facile car je suis une personne autodidacte en football”, explique-t-il.
Ilobserve attentivement chaque enfant pour pouvoir adapter sonenseignement de manière appropriée. Certains enfants mettent plus d’unan pour comprendre et mémoriser environ 40% des mouvements qu’ilenseigne.
“Si j’avais peur de ladifficulté, de la fatigue, je n’aurais jamais commencé. Je suis restéavec ces enfants jusqu’à aujourd’hui uniquement par affection. Une foissur le terrain, je ne pense jamais à l’argent”, confie M. Thang.
Ildit qu’il n’ose pas se considérer comme un entraîneur, chaque foisqu’il entre sur le terrain, il se voit simplement comme un bénévole, unpère pour ces enfants.
M. Thang (3e à droite) et ses élèves ont reçu un prix lors d’un événement sportif pour les personnes handicapées.Photo : CTV/CVN Selon Trân Mai ThuyHông, une responsable du Service de la culture et des sports de Hô ChiMinh-Ville, ce que M. Thang et les entraîneurs valorisent le plus, c’estle progrès des enfants. Un changement positif mineur est déjà unegrande réussite. “M. Thang est une personne empathique, attachée aux personnes handicapées, de manière naturelle et désintéressée”, partage Mme Hông.
… de cœur
Depuisses premiers jours sur les terrains de football, ce qui a le plustouché M. Thang, ce sont les images des parents attendant leurs enfants.En tant que père, il partage leurs inquiétudes et leurs espoirs. Pourceux qui ont des enfants qui ne sont pas “parfaits”, leur plus grandsouhait est simplement de voir leur enfant sourire et réussir à joueravec un ballon.
D’après M. Thang, lesenfants en retard dans leur développement intellectuel sont souventméfiants, et il est difficile de les accompagner si l’on n’est passuffisamment patient. Mais lorsqu’ils sont encouragés, qu’ils fontconnaissance et rencontrent de nouveaux amis, ils progressent chaquejour.
“Ces enfants souffrent, mais ceuxqui s’occupent d’eux souffrent dix fois plus. Les parents de cesenfants sont très aimants, ils suivent leur enfant pendant 2 ou 3heures, assis sous le soleil. Je suis touché par ces enfants, je le suiségalement par leurs parents, ils souffrent beaucoup”, avoue, ému, M. Thang.
HôTuân Nghia, 60 ans, domicilié dans l’arrondissement de Tân Phu à Hô ChiMinh-Ville, a un fils atteint du syndrome de Down. Il partage que M.Thang et les autres enseignants aiment tous profondément ces enfants.Son fils est passionné par le football et lui demande souvent del’emmener au terrain chaque semaine pour jouer avec ses amis. “Grâce àces enseignants, les enfants ont l’opportunité de s’intégrer à lacommunauté, de montrer leurs capacités, de se faire des amis et doncd’appartenir à un groupe”, estime M. Nghia.
M. Thang dit qu’il n’est pas riche, qu’il rencontre encore des difficultés dans sa vie quotidienne, mais “c’est la vie. Tout le monde doit faire face. Etre triste et négatif nerésoudra rien. Chaque fois que je suis fatigué en conduisant, je penseau terrain de football, à ces enfants courant joyeusement après leballon, cela me recharge en énergie pour continuer à travailler”, partage-t-il. - CVN/VNA
