Hanoï (VNA) - Après une période de fortes fluctuations, le marché vietnamien du café retrouve progressivement une certaine stabilité. Au 21 juillet, le prix du café dans les Hauts Plateaux du Centre oscillait entre 97 500 et 98 000 dôngs le kilogramme, avec une moyenne d'environ 98 000 dôngs.
Sur les marchés internationaux, les cours du café ont rebondi après plusieurs séances de baisse. Le contrat Robusta à échéance juillet 2026 gagnait 0,18 % à 3.984 dollars la tonne sur le marché de Londres, tandis que le contrat Arabica de même échéance progressait de 1,33 % à 324,44 cents la livre à New York.
Malgré des prix toujours élevés sur le marché intérieur, les exportations vietnamiennes de café restent pénalisées par un contexte international moins favorable. Selon les données des Douanes, le Vietnam a exporté environ 1,1 million de tonnes de café au premier semestre 2026, pour près de 4,8 milliards de dollars. Les volumes ont augmenté de 7 à 10 % sur un an, mais les recettes ont reculé de plus de 14 % en raison de la baisse des prix à l'exportation.
Dans un contexte de concurrence accrue, les entreprises ne peuvent plus s'appuyer uniquement sur les rendements agricoles ou la qualité des grains. Elles doivent désormais répondre aux exigences croissantes en matière de développement durable, de transparence et de traçabilité des chaînes d'approvisionnement.
L'Union européenne demeure le premier débouché du café vietnamien, représentant plus de 40 % de la valeur totale des exportations. À compter du 1er janvier 2027, le règlement européen relatif à la lutte contre la déforestation (EUDR) s'appliquera pleinement, à l'issue de la période de transition qui s'achèvera fin 2026. En vertu de cette réglementation, chaque lot de café destiné au marché européen devra être entièrement traçable jusqu’à la parcelle de production, démontrer qu’il n’est pas lié à la déforestation et satisfaire à l’ensemble des critères de traçabilité. Les données relatives aux zones de culture deviennent ainsi un véritable "passeport" indispensable pour accéder aux marchés à forte valeur ajoutée.
Dans ce nouveau contexte, les informations sur les zones de culture s’imposent comme un actif stratégique. Plusieurs grandes entreprises vietnamiennes ont abandonné une approche consistant à répondre ponctuellement aux exigences réglementaires pour investir durablement dans des systèmes complets de collecte et de gestion des données tout au long de la chaîne de production.
Nestlé Vietnam prévoit d'achever, d'ici à la fin de 2026, la collecte de plus de 40 000 polygones numériques représentant les parcelles cultivées par ses producteurs partenaires. Ces données servent non seulement à satisfaire aux exigences internationales de traçabilité, mais également à mesurer les émissions de gaz à effet de serre des exploitations agricoles, contribuant ainsi à accroître la valeur du café vietnamien dans une perspective de production durable.
De son côté, Vinh Hiep, l'un des principaux exportateurs vietnamiens de café, privilégie la qualité des données plutôt que la seule extension de ses zones d'approvisionnement. L'entreprise a réalisé des enquêtes de terrain, vérifié chaque zone de production, supprimé les doublons et mis à jour l'ensemble des informations avant l'entrée en vigueur des nouvelles réglementations.
La possession de données fiables sur la localisation des parcelles, les codes des zones de culture et les procédés de production transparents renforce sensiblement la capacité des entreprises à négocier avec leurs partenaires internationaux, explique explique Thai Nhu Hiep, président-directeur général de Vinh Hiep Co., Ltd.
Toutefois, la qualité des données prime sur leur volume. En pratique, un même exploitant peut être intégré aux programmes de plusieurs entreprises, entraînant la présence d'une même parcelle dans plusieurs bases de données. Faute de vérification, ces chevauchements peuvent compliquer les contrôles des autorités importatrices et l'attribution des responsabilités en cas d'infraction.
Pour Thai Nhu Hiep, la priorité consiste donc à "assainir" les bases de données avant d'en étendre la couverture. Un polygone numérique n'acquiert sa pleine valeur que lorsqu'il correspond à une parcelle réelle, précisément délimitée et intégralement vérifiée. À cette condition, les données pourront devenir un véritable levier de compétitivité et un atout stratégique pour le café vietnamien sur les marchés internationaux. -VNA