L’ô mai de la rue Hang Duong est une friandise emblématique étroitement liée au Têt de Hanoï, préservant les saveurs traditionnelles et les souvenirs de réunions familiales de plusieurs générations.
Au cœur de Hanoï, en cette fin d'année, une rue exhale une douceur gravée dans la mémoire des habitants. Il s'agit de la rue Hang Duong, surnommée depuis longtemps la « rue de l'ô mai », où résidents et touristes se pressent à chaque approche du Têt.
L’ô mai de Hang Duong n'est pas une simple marchandise. Sa tradition remonte à l'époque précédant la colonisation française, lorsque la rue était le centre du commerce du sucre et des confiseries. Après 1945, elle a repris le nom de Hang Duong (rue du Sucre), un nom qui symbolise toujours la douceur dans la culture culinaire hanoïenne.
Certaines boutiques centenaires, transmises de génération en génération, conservent leurs recettes secrètes tout en préservant l'harmonie originelle entre l'aigre, le piquant, le salé et le sucré, propre au terroir de Hanoï.
Les bocaux en verre multicolores, rangés côte à côte, semblent renfermer toute l'essence du Têt traditionnel du Vieux quartier. Qu'il s'agisse d'abricots, de dracontomélons, de prunes ou de gingembre, chaque fruit est rigoureusement sélectionné et préparé avec soin, devenant une offrande spirituelle qui dépasse largement le simple cadre d'une friandise quotidienne.
Le Thi Vinh (Thai Ha, Hanoï) :
« Faire ses courses de Têt dans la rue Hang Duong est un trait culturel commun aux Hanoïens. Pour le Têt, il faut toujours acheter de l'ô mai et des fruits confits pour les offrir aux ancêtres, afin qu'ils se souviennent de cette rue historique. »
Le Van Bau (Dong Da, Hanoï) :
« L’ô mai de Hang Duong existe depuis fort longtemps. On en vend partout, mais celui d'ici est délicieux et possède l'âme de Hanoï. Surtout, les propriétaires sont de vrais Hanoïens, ce qui rend l'accueil très agréable. »
Pour les Hanoïens, l’ô mai est bien plus qu'une douceur ou une spécialité du Vieux quartier ; c'est une composante de la culture du Têt, une saveur qui réchauffe les rencontres printanières. Sans publicité tapageuse, l'ô mai de Hang Duong fidélise ses acheteurs par sa qualité constante préservée à travers les âges.
Chaque enseigne possède ses propres secrets pour sélectionner les ingrédients et équilibrer les saveurs. À l'approche du Tet, l'affluence dans la rue Hang Duong augmente fortement. L'ô mai n'est plus seulement consommé en famille, mais devient un cadeau prisé : compact, raffiné et profondément hanoïen.
Le Thi Vinh (Thai Hà, Hanoï)
« L’ô mai de Hang Duong a un goût unique. Il est croquant et savoureux sans être trop sucré. Dans les autres magasins, ce n'est pas aussi bon, c'est pourquoi nous venons exprès en taxi jusqu'ici pour en acheter. »
Pham Thanh Xuan (Hoang Mai, Hanoï)
« On trouve de l'ô mai partout, mais c'est celui de Hang Duong que je consomme le plus. J'ai essayé d'autres endroits auparavant, mais cela ne me convenait pas. C'est pourquoi j'en achète ici chaque année pour le Tet. »
Malgré le rythme de la vie moderne, la pérennité de ces boutiques traditionnelles témoigne de la vitalité de cette friandise d'autrefois. L’ô mai de Hang Duong demeure un cadeau du Têt indispensable, un lien entre tradition et modernité qui fait partie intégrante de l'âme de Hanoï./. Vietnamplus