En voici l'interview en intégralité.
Question: Pourriez-vous faire le bilan des étapes importantes dansl’histoire de 17 ans de coopération au développement entreWallonie-Bruxelles et le Vietnam ?
Réponse : C’esteffectivement en 1993 que la Communauté française de Belgique a signéson premier accord de coopération avec le Vietnam, rejointe ensuite parla Région wallonne et, en 2002, la Commission communautaire françaisede la région de Bruxelles capitale.
La DélégationWallonie-Bruxelles, qui a été ouverte en 1996, représente bienaujourd’hui l’ensemble des Gouvernements francophones de Belgique, dansles vastes compétences qui leur sont attribuées par le système fédéralbelge. Elle est toujours aujourd’hui l’une des deux seules DélégationsWallonie-Bruxelles en Asie, puisque nous avons ouvert une Délégation àPékin en 2009.
C’est bien la preuve que pour nous, leVietnam est un pays absolument prioritaire, dont nous tenons àaccompagner l’évolution et le progrès dans une logique de partenariatstructurel, de long terme, entre des partenaires qui se connaissentbien, qui travaillent sur un pied d’égalité dans un climat de confianceet d’amitié.
C’est pour cela que, plutôt que decoopération, je préfère parler de partenariat, car cela définit mieuxle type de relations qui existent entre les partenaires. Dans nosprogrammes de coopération, qui touchent différents domaines, notrepriorité est l'enseignement supérieur, et nous partageons ainsi lapriorité du gouvernement vietnamien à répondre au défi de l'Education,en participant à ses efforts pour former plus de diplômés en mastèreset doctorats, et développer aussi la recherche. L’enseignementsupérieur et la recherche constituent d’ailleurs les axes forts duprogramme de coopération 2010-2012 entre le Vietnam etWallonie-Bruxelles, programme qui se déroule de façon extrêmementsatisfaisante.
En règle générale, la Délégation entendêtre au centre des projets entre les partenaires vietnamiens et belgesfrancophones, dans tous les domaines, qu'ils soient scientifiques,techniques, culturels, ou autres...
Question:Actuellement, sur quels domaines Wallonie-Bruxelles met l’accent danssa coopération au développement avec le Vietnam ? Quelles sont vosévaluations à propos de l’efficacité de vos projets de coopérations ?
Réponse : La coopération dans le domaine de l’éducation, en particulierl’enseignement supérieur, est, comme je l’ai dit, une constante denotre coopération. De plus en plus, les projets de coopérationuniversitaire incluent une dimension « recherche » et je pense qu’àl’avenir, notre coopération développera ce secteur de la recherche depointe.
Parmi les autres axes de coopération de l’actuelprogramme 2010-2012, on peut citer le patrimoine, la diversitéculturelle, la langue française et tout ce qui concerne laFrancophonie, mais aussi la formation professionnelle et technique. Jevoudrais d’ailleurs mentionner ici les activités de l’APEFE, qui estl’opérateur technique chargé de la mise en œuvre de la politique desolidarité internationale de Wallonie-Bruxelles.
Eneffet, la programmation pluriannuelle (PPA) de l’APEFE pour 2008-2010s’achève en décembre. Un nouveau programme 2011-2013 va démarrer le 1erjanvier prochain et sera centré sur la formation professionnelle ettechnique. Défini par un atelier de planification qui a eu lieu à HoChi Minh Ville en avril dernier, il sera régional et aura pour objectifde contribuer au développement économique du Vietnam, du Laos et duCambodge en renforçant la main-d’œuvre qualifiée et en améliorantl’adéquation formation-emploi dans le plus grand nombre de secteurspossibles.
Il s’agit là d’une autre facette de lacoopération entre le Vietnam et Wallonie-Bruxelles, une troisième étantbien sûr l’aspect économique, géré par le Conseiller économique etcommercial de la Région wallonne, qui est basé à Ho Chi Minh Ville.
Quant à la diversité culturelle, qui est, au-delà deWallonie-Bruxelles, une des valeurs fondamentales de la Francophoniedans son ensemble, elle doit s’exprimer non seulement en présentant desartistes belges ici, mais aussi en proposant des artistes ou spectaclesvietnamiens en Belgique. En 2010, nous avons travaillé avec nospartenaires vietnamiens, européens et/ou francophones à créer du neufet à consolider l’ancien.
Permettez-moi de citer ladeuxième édition du Festival international du Cinéma documentaire deHanoi, qui a eu un énorme succès, la création en juin dernier dupremier Festival de la bande dessinée au Vietnam, ou encore laparticipation importante et très remarquée des troupes deWallonie-Bruxelles au Festival des Arts de Hué. Enfin, les Journéesculturelles vietnamiennes à Bruxelles, les 2 et 3 septembre derniers,ont connu un très grand succès et ont assuré une belle promotion pourle Vietnam dans ce qui est à la fois la capitale de la Belgique et lacapitale de l’Union européenne. 2010 aura été une année vraiment trèsriche sur l’ensemble de ces secteurs !
Question :Wallonie-Bruxelles développe des relations de coopération avec leVietnam en parallèle avec celle de l’Etat fédéral belge, mais à sespropres caractéristiques. Quels sont ses avantages et difficultésrencontrés ?
Réponse : C’est une bonne question parcequ'effectivement, cette situation peut parfois prêter à confusion. EnBelgique, la Coopération au Développement reste une compétence del’Etat fédéral central. Dans les pays cibles de cette Coopération, dontle Vietnam, les programmes de coopération nationaux sont gérés au seindes ambassades, généralement par un Bureau de Coopération, ainsi quepar un Bureau de Coopération technique (la CTB) en charge du suivi del’exécution des projets. Les programmes de coopération au développementde la Belgique sont des programmes d’envergure, avec des moyensfinanciers importants. Pour citer un programme assez connu au Vietnam,les bourses offertes par le gouvernement belge sont très nombreuses etrencontrent un très grand succès au Vietnam.
A côté decela, les Régions et Communautés ont également la possibilité, surfonds propres, de développer des programmes de coopération, dans lechamp de leurs compétences. Nous œuvrons donc dans des domainesdifférents de ceux de l’Etat fédéral, avec lequel bien sûr noustravaillons en bonne harmonie et synergie. La meilleure preuve en estl’APEFE, qui travaille de plus en plus en synergie avec les programmesde Wallonie-Bruxelles International, tout en étant financée en grandepartie par la Coopération fédérale !
L’enseignementsupérieur, par exemple, ou le patrimoine, ou encore la culture, sontquelques-unes parmi les nombreuses matières qui ont été transférées auxRégions et Communautés et qu’elles peuvent gérer dans leurs relationsinternationales.
C’est ce que nous faisons au Vietnam,où nous investissons des « niches » très spécifiques de coopération,tant en coopération universitaire et recherche scientifique qu’enpatrimoine, par exemple. Nous obtenons des résultats réellementétonnants, et notre coopération, pour « modeste » qu’elle soit, esttrès efficace et est très appréciée des partenaires vietnamiens. Si lamodestie de nos moyens oblige à la rigueur, elle n'empêche en rienl'ambition.
Question : Après deux ans au Vietnam, quelle image avez-vous de notre pays ?
Réponse : C’est difficile de résumer en peu de mots toutes lesimpressions positives reçues du Vietnam pendant ces deux premièresannées. J’estime en tout cas avoir beaucoup de chance de vivre à Hanoi,qui est une ville magnifique, pleine de charme, au patrimoine matérielet immatériel unique, de même d’ailleurs que l’ensemble du Vietnam, quej’ai pu visiter du Nord au Sud, et dont j’ai pu apprécier la grandediversité de paysages et de cultures, son histoire, ses traditions,mais aussi son modernisme, son dynamisme économique.
Mais le plus grand charme de Hanoi, ce sont ses habitants, comme danstout le Vietnam d’ailleurs. J’ai beaucoup d’admiration pour le peuplevietnamien, en particulier pour son sens de l’accueil, son hospitalité.Ce sont des qualités très précieuses qui font que nous nous sentons sibien dans ce poste et qu’avec ma famille nous envisageons avec sérénitéles deux années qui nous restent à passer ici !. -AVI