Hanoï (VNA) – Face à une conjoncture internationale complexe et incertaine, le gouvernement vietnamien a demandé aux ministères, aux secteurs concernés et aux collectivités locales de renforcer leurs capacités de prévision et d'élaborer des scénarios adaptés afin de maintenir l'inflation sous contrôle.
La gestion des prix des produits essentiels au second semestre nécessitera prudence et flexibilité, la marge de manœuvre pour contenir la hausse des prix tendant à se réduire.
Au premier semestre 2026, l'économie mondiale a continué d'évoluer dans un contexte marqué par de fortes incertitudes. Les fluctuations des prix des matières premières, de l'énergie et des coûts logistiques ont exercé des pressions sur les prix à l'échelle mondiale, y compris au Vietnam. Toutefois, à partir du mois de mai, la hausse des prix sur le marché intérieur a ralenti grâce à un approvisionnement abondant en marchandises, écartant tout risque de pénurie ou de flambée des prix.
Selon le ministère des Finances, l'indice des prix à la consommation (IPC) moyen des six premiers mois de l'année a progressé de 4,38 % sur un an, tandis que l'inflation sous-jacente a augmenté de 4,12 %. Cette évolution s'explique principalement par la hausse des prix des carburants, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui a contribué à hauteur d'environ 1,35 point de pourcentage à l'augmentation de l'IPC.
Au cours du premier semestre, la gestion des prix a bénéficié d'une coordination étroite entre les politiques budgétaire et monétaire, permettant de préserver l'équilibre entre l'offre et la demande. Les prix intérieurs des carburants sont ainsi restés inférieurs de 10 % à 15 % à ceux observés dans les pays voisins, tandis que les tarifs de l'électricité sont demeurés stables.
Selon l'Office général des statistiques, l'évolution de l'inflation au premier semestre résulte d'effets contrastés. Si la régulation des prix des carburants et l'abondance de l'offre alimentaire ont contribué à limiter les hausses, les ajustements des tarifs de l'électricité à usage résidentiel, des matériaux de construction, du logement et de certains services, sous l'effet de la reprise de la demande, ont exercé des pressions inflationnistes.
Le ministère des Finances estime que l'inflation moyenne s'est rapprochée du plafond fixé pour l'année. Selon Ngo Tri Long, membre de l'Association vietnamienne des consultants financiers, la progression de l'inflation sous-jacente ne s'explique plus uniquement par les fluctuations temporaires des prix de l'énergie ou des produits alimentaires, mais reflète également des hausses touchant un éventail plus large de biens et de services, rendant la maîtrise de l'inflation plus complexe.
Selon cet expert, cette situation réduit la marge de manœuvre des politiques de soutien à la croissance : une relance trop vigoureuse risquerait d'alimenter l'inflation, tandis qu'un resserrement excessif pourrait freiner l'accès au financement des entreprises et peser sur la consommation.
Pour le second semestre, les pressions inflationnistes devraient s'intensifier. Concilier l'objectif de croissance économique et le maintien d'une inflation annuelle inférieure à 4,5 % constituera un défi majeur. Parmi les principaux facteurs de risque figurent la revalorisation des salaires à partir de juillet 2026, l'expiration des mesures de réduction fiscale sur les carburants après le 30 septembre, la hausse de la demande énergétique liée à la production, l'accélération des investissements publics ainsi que les ajustements attendus des tarifs des services publics.
Néanmoins, selon le Dr Can Van Luc, membre du Conseil consultatif national de politique financière et monétaire, l'objectif de maîtrise de l'inflation fixé pour 2026 demeure réalisable grâce à plusieurs facteurs favorables.
À l'échelle internationale, les tensions géopolitiques s'atténuent progressivement et les cours de l'énergie montrent des signes de stabilisation. Au niveau national, l'approvisionnement en produits essentiels reste assuré. Les prévisions indiquent que l'inflation pourrait être maintenue en dessous de 4,5 %, à condition que les cours mondiaux du pétrole poursuivent leur baisse, que les mesures de soutien fiscal sur les carburants soient prolongées et que les tarifs de l'électricité, des services de santé ainsi que le taux de change demeurent stables.
Selon le ministère des Finances, pour atteindre l'objectif annuel de 4,5 %, l'IPC mensuel ne pourra progresser en moyenne que de 0,05 % par rapport au mois précédent d'ici à la fin de l'année. L'Office général des statistiques appelle ainsi à un suivi étroit de l'évolution des prix et du taux de change afin de préserver la stabilité macroéconomique. - VNA
Hanoï enregistre une hausse modérée de l’inflation en mai
Selon l’Office des statistiques, le marché de Hanoï est resté globalement stable et équilibré tout au long du mois de mai, contribuant ainsi aux objectifs de maîtrise de l’inflation et de croissance durable.