Hô Chi Minh-Ville (VNA) – Alors que le Vietnam s’oriente vers la neutralité carbone, les autorités de Hô Chi Minh-Ville intensifient leurs efforts pour développer un système de transport plus écologique grâce à des feuilles de route claires, un soutien politique fort et des investissements prioritaires.
Parallèlement à la croissance économique, le développement des transports écologiques est perçu à la fois comme une nécessité urgente et une solution novatrice pour améliorer les conditions de vie urbaines.
Transition vers des transports plus écologiques
La mégapole du Sud exploite actuellement 2.432 bus, dont 1.185 électriques et 182 fonctionnant au gaz naturel comprimé (GNC), soit plus de 56% de sa flotte. Grâce à son engagement fort en faveur de transports publics plus propres, la transition des bus à essence vers les bus électriques s’est accélérée au cours des premiers mois de 2026, faisant passer la part des bus électriques de 40% à près de 57%.
La ville prévoit de poursuivre les appels d’offres pour la conversion de ses bus à l’électrique, avec pour objectif que tous les bus publics fonctionnent à l’énergie propre et verte d’ici 2030.
Selon Pham Ngoc Dung, directeur du Centre de gestion des transports publics rattaché au Département municipal de la construction, les pays dotés d’industries avancées commencent généralement par réduire leurs émissions en transformant leurs systèmes de transport public, tels que les lignes de métro et les bus, avant d’étendre cette transformation aux véhicules commerciaux et particuliers.
Outre les bus, la ville prévoit également de convertir les véhicules de covoiturage, les flottes de livraison et les véhicules gouvernementaux à l’électrique et à d’autres technologies à faibles émissions.
Le Département municipal de la construction a indiqué que la ville a annoncé l’implantation de 4.000 stations d’échange de batteries au cours de l’année écoulée, dont environ 1.200 sont déjà équipées pour les utilisateurs de motos électriques. Les autorités visent à finaliser la planification et la publication des informations relatives à 20.000 stations d’échange de batteries d’ici fin 2026.
Cependant, des inquiétudes persistent concernant l’infrastructure de recharge. La ville estime qu’en 2030, environ 1,2 million de motos électriques seront en circulation, ce qui nécessitera plus de 25 000 points de recharge publics et stations d’échange de batteries.
Feuille de route pour la réduction des émissions
Principal pôle économique du Vietnam avec environ 14 millions d’habitants, Hô Chi Minh-Ville est confrontée à une pression croissante due aux embouteillages, à la pollution et aux émissions de gaz à effet de serre. Suite à une restructuration administrative, la ville compte désormais plus de 11 millions de motos et de cyclomoteurs soumis au contrôle des émissions.
Selon les autorités locales, un contrôle efficace des émissions pourrait réduire les émissions annuelles de carbone de plus de 56.000 tonnes et les émissions d’hydrocarbures de près de 5.000 tonnes, améliorant ainsi significativement la qualité de l’air.
Bui Hoa An, directeur adjoint du Département municipal de la construction, a déclaré que le développement des transports verts au Vietnam est non seulement indispensable, mais représente également une avancée majeure.
Cette transition implique non seulement l’adoption de nouvelles technologies, mais aussi des réformes profondes des institutions, des ressources humaines, de la gouvernance et le développement d’une base industrielle nationale capable d’autonomie technologique, a-t-il indiqué, soulignant que le soutien aux infrastructures demeure le facteur déterminant d’une mise en œuvre réussie.
Bien que plusieurs investisseurs aient commencé à déployer des bornes de recharge pour véhicules électriques et des stations d’échange de batteries dans toute la ville, les experts estiment que l’accès aux infrastructures de recharge nécessite encore des solutions plus complètes pour garantir le confort des utilisateurs.
Selon le prof.associé-Dr. Dam Hoàng Phuc, expert principal au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le principal obstacle réside dans l’écosystème global, les modèles opérationnels et la fragmentation des systèmes de recharge.
Il a souligné que les usagers ont besoin de solutions de recharge plus rapides et plus flexibles, plutôt que de longues attentes aux stations. Il a également insisté sur la nécessité d’une meilleure intégration des réseaux de recharge dans les zones résidentielles et les destinations, afin de mieux répondre aux besoins des motos électriques et des courts trajets urbains.
Pour favoriser la réduction des émissions dans les transports, Hô Chi Minh-Ville étudie également des politiques de soutien financier, notamment des subventions, des prêts à taux préférentiels et des mécanismes de partage des risques pour les projets de transport écologique.
Parallèlement au développement des bus électriques, la mise en service de la ligne 1 du métro, reliant le marché Ben Thanh au parc d’attractions Suôi Tiên, devrait accroître la part des transports publics et réduire la dépendance aux véhicules privés.
En matière de contrôle des émissions, le Département municipal de la construction a récemment exhorté les fabricants, les importateurs et les prestataires de services de maintenance à moderniser leurs installations en prévision des contrôles d’émissions obligatoires pour les motocyclettes et les cyclomoteurs, conformément aux nouvelles normes techniques nationales qui entreront en vigueur le 30 juin 2026.
Les autorités étudient actuellement des plans visant à limiter la circulation de certains véhicules privés sur des axes routiers spécifiques et à certaines périodes, en fonction de la capacité des infrastructures de transport et du développement des transports publics.
Des experts ont recommandé à Hô Chi Minh-Ville de diversifier sa stratégie de réduction des émissions, en combinant différentes technologies à faibles émissions adaptées aux réalités d’une mégapole densément peuplée. – VNA