Hanoi (VNA) - Le khèn est l’instrument de musique emblématique des Mông, celui qui les relie au monde invisible. Sous le soleil des premiers jours d’été sur le plateau rocheux de l’extrême Nord, la cour de l’école primaire en internat semi-pensionnaire pour minorités ethniques de Sung La, dans la commune de Sa Phin (province de Tuyên Quang), résonne d’une mélodie singulière.
Les sons encore hésitants du khèn des Mông s’élèvent peu à peu en harmonie, mêlés aux rires des enfants des montagnes, donnant à cette petite école nichée au cœur du plateau karstique une atmosphère plus vivante et joyeuse.
Dans cette région connue pour ses champs de fleurs de sarrasin, ses murets de pierre grise et ses anciennes maisons en pisé, une classe particulière contribue discrètement à prolonger le fil de la culture traditionnelle. Il s’agit d’une session de transmission et d’apprentissage de l’art du khèn des Mông en 2026, organisée par le Centre provincial de la culture et du cinéma de Tuyên Quang, en coordination avec le Comité populaire de la commune de Sa Phin.
Sur le plateau karstique de Dong Van, reconnu Géoparc mondial par l’UNESCO, le khèn occupe depuis longtemps une place particulière dans la vie des Mông. Bien plus qu’un simple instrument de musique utilisé lors des fêtes, il représente la voix de l’âme, le rythme du quotidien et la mémoire collective d’un peuple attaché à ses marchés traditionnels, à ses fêtes saisonnières et aux rencontres au pied des montagnes rocheuses.
Sur le plateau karstique de Dông Van, reconnu Géoparc mondial par l’UNESCO, le khèn occupe depuis longtemps une place particulière dans la vie des Mong. Bien plus qu’un simple instrument de musique utilisé lors des fêtes, il représente la voix de l’âme, le rythme du quotidien et la mémoire collective d’un peuple attaché à ses marchés traditionnels, aux fêtes saisonnières et aux rencontres au pied des montagnes rocheuses.
Ainsi, introduire l’art du khèn dans les écoles ne consiste pas seulement à enseigner une technique artistique, mais aussi à préserver l’essence culturelle pour les jeunes générations. Dans cette classe singulière, les petites mains des élèves découvrent pour la première fois l’instrument emblématique des Mong.
Certains hésitent encore à poser les lèvres sur les tuyaux du khèn, d’autres peinent à suivre les pas de danse, mais tous affichent dans leurs yeux la même curiosité enthousiaste.Avec patience, les artisans et artistes populaires corrigent chaque mouvement, montrent comment contrôler le souffle et garder le rythme.
Les sons encore maladroits du khèn résonnent dans la cour de l’école, parfois imparfaits, mais profondément émouvants, comme le signe d’un patrimoine vivant qui continue de se transmettre.
Selon Tài Dinh Tinh, directeur du Centre provincial de la culture et du cinéma de Tuyên Quang, l’art du khèn Mông constitue l’une des expressions culturelles les plus emblématiques des Mông vivant sur le plateau de Dong Van. L’organisation de ces cours destinés aux élèves des zones montagneuses vise non seulement à préserver un patrimoine culturel immatériel précieux, mais aussi à renforcer chez les jeunes la compréhension et la fierté de leur identité ethnique.« Avec le temps, de nombreuses valeurs culturelles traditionnelles risquent de disparaître si elles ne sont pas transmises.
Tant que les enfants aiment le son du khèn, souhaitent l’apprendre et préserver cet héritage de leur peuple, ce patrimoine continuera de vivre », souligne Tài Dinh Tinh.
Au-delà de l’apprentissage musical, ces cours permettent également aux élèves de mieux comprendre la signification culturelle du khèn dans la vie communautaire des Mong. À travers les récits des artisans, beaucoup découvrent pour la première fois que le khèn ne sert pas seulement à accompagner les chants et les danses, mais qu’il est aussi lié à l’histoire, aux coutumes et à la vie spirituelle du peuple mong à travers les générations.
Pour Ly Ngoc Long, vice-président du Comité populaire de la commune de Sa Phin, les autorités locales accordent une attention particulière à la préservation et à la valorisation de l’identité culturelle des Mong, associées au développement du tourisme communautaire. Dans cette stratégie, la transmission des arts traditionnels aux élèves constitue une orientation essentielle afin de sauvegarder le patrimoine dès la base.
« Le patrimoine culturel ne peut véritablement survivre que s’il est préservé et transmis par la communauté elle-même. Voir les élèves aimer et apprendre spontanément le khèn est un signal très encourageant pour la conservation culturelle locale », affirme-t-il.
Pendant la pause, le jeune Vàng Mi Sua garde encore précieusement son petit khèn entre les mains. Pour lui, cette première séance représente une expérience particulière, car auparavant il ne voyait cet instrument qu’entre les mains de son père ou de son grand-père lors des fêtes traditionnelles.
« Je suis très heureux d’apprendre à jouer du khèn avec les artisans. Je veux savoir danser avec le khèn et préserver la culture de mon peuple », confie-t-il avec enthousiasme.
Au-delà de Sa Phin, plusieurs localités du Géoparc mondial du plateau karstique de Dong Van accordent aujourd’hui une attention croissante à l’introduction des valeurs culturelles traditionnelles dans les écoles. Du khèn des Mông au tissage du lin, en passant par les chants populaires et les jeux traditionnels, ces pratiques se rapprochent progressivement des jeunes générations.
À la tombée du jour sur les montagnes rocheuses de l’extrême Nord, les sons du khèn joués par les jeunes écoliers continuent de résonner dans le vent du plateau. Des mélodies encore imparfaites peut-être, mais porteuses d’un espoir durable : celui de voir l’âme culturelle du peuple Mông continuer à vivre et à se transmettre au cœur des montagnes du Nord Vietnam.- VNA