Hanoi (VNA) – Le passage du Vietnam d’un excédent commercial de longue date à un déficit reflète la hausse des importations de carburant, de machines et d’intrants de production, liée à l’expansion des investissements et à la croissance industrielle.
Cette tendance pourrait renforcer la capacité de production de l’économie à long terme, selon Lê Trung Hiêu, directeur adjoint de l’Office national des statistiques (NSO), relevant du ministère des Finances.
Le Vietnam a enregistré des déficits commerciaux de 1,78 milliard de dollars en janvier, 1,01 milliard en février, 680 millions en mars, 3,99 milliards en avril et 5,21 milliards en mai, portant le déficit cumulé des cinq premiers mois de 2026 à 13,8 milliards de dollars, a-t-il fait savoir.
L’un des principaux facteurs expliquant l’aggravation du déficit est l’évolution de la structure du commerce du pétrole brut. Le Vietnam, autrefois exportateur de pétrole brut, dépend désormais largement des importations pour satisfaire la demande intérieure de raffinage et de production, tandis que ses exportations ont diminué.
Parallèlement, les importations de composants électroniques, de semi-conducteurs et d’autres matériaux de haute technologie ont fortement augmenté, les entreprises à capitaux étrangers (IDE) développant leurs activités de production à travers le pays.
Des investisseurs majeurs lancent de nouveaux projets dans les secteurs de l’électronique et des semi-conducteurs dans des localités comme Phu Tho et Thai Nguyên. Avant le démarrage de la production, les entreprises importent généralement d’importants volumes de machines, d’équipements, de composants et de matières premières afin de préparer leurs usines.
Le NSO a noté que les importations devraient continuer d’augmenter, le Vietnam accélérant ses investissements dans les infrastructures numériques, les technologies et les grands projets de développement. Cependant, ces importations doivent être évaluées en fonction des calendriers de mise en œuvre des projets.
Le NSO collabore avec les ministères et les différents secteurs afin d’analyser plus en détail la structure des importations, en distinguant les machines et équipements, les matières premières et les biens de consommation, pour mieux évaluer leur impact sur la croissance économique.
Les importations de machines et d’équipements de production et d’investissement à long terme contribuent à l’accumulation de capital et renforcent les capacités de production. Les composants électroniques et les semi-conducteurs importés sont également utilisés dans la production nationale, permettant la fabrication de produits susceptibles d’être exportés ultérieurement, a-t-il indiqué.
Au cours des cinq premiers mois de l’année, le secteur des investissements directs étrangers (IDE) a représenté environ 80% des exportations totales, contre 70 à 72% les années précédentes. Ce chiffre souligne la nécessité pour les entreprises nationales d’améliorer encore leur compétitivité, d’autant plus que les coûts d’emprunt et les taux d’intérêt continuent de peser sur leur activité.
Le NSO a également averti que la hausse des importations d’énergie pourrait entraîner une augmentation des coûts de production et des pressions inflationnistes, la hausse des prix des carburants risquant d’affecter les produits connexes tels que les produits chimiques et les engrais.
Selon les données officielles, le Vietnam a enregistré un déficit commercial d’environ 13,8 milliards de dollars entre janvier et mai.
Le secteur domestique a accusé un déficit de 20,76 milliards de dollars, tandis que le secteur à capitaux étrangers a dégagé un excédent commercial de 6,96 milliards de dollars. À titre de comparaison, le pays avait enregistré un excédent commercial d’environ 5,1 milliards de dollars au cours de la même période l’année précédente.
Lê Trung Hiêu a déclaré que le déficit actuel ne devait pas être perçu comme un signal négatif si les importations restaient concentrées sur les intrants de production et les biens d’investissement qui accroissent les capacités de production de l’économie.
Le NSO a estimé que les importations de pétrole représentaient environ 8 milliards de dollars du déficit au cours des cinq premiers mois, principalement en raison de la hausse des prix du pétrole brut et de la dépendance croissante du Vietnam aux importations de pétrole brut pour ses raffineries nationales.
Commentant l’impact du déficit sur la croissance, la directrice du NSO, Nguyên Thi Huong, a déclaré qu’un déficit commercial pesait généralement sur la performance économique. Elle a noté que les intrants importés étaient auparavant principalement utilisés pour la production de biens destinés à l’exportation, comme les importations de composants électroniques de Samsung pour ses produits destinés aux marchés étrangers.
Elle a toutefois précisé que certains composants importés servent désormais à assembler des produits, notamment des véhicules électriques, destinés principalement au marché intérieur. Ces importations n’étant pas compensées par les exportations, elles contribuent à un déficit commercial plus important.
Quant à savoir si le déficit actuel est préoccupant, la directrice du NSO a indiqué qu’une évaluation plus approfondie nécessiterait des données détaillées sur les importations et les exportations afin de déterminer si les flux de capitaux soutiennent l’investissement et l’accumulation d’actifs ou s’ils sont orientés vers la consommation. – VNA
Les véhicules électriques continuent leur progression au Vietnam
D’ici à 2030, le secteur de la construction privilégiera les zones à fort potentiel de réduction de la pollution atmosphérique urbaine, notamment les transports ferroviaires et routiers. Les organismes compétents élaborent actuellement des critères pour des aires de repos, des gares, des ports et des aéroports écologiques. Ces normes devraient être finalisées en 2026 et largement appliquées à partir de 2027.