Hanoi (VNA) – La mise en œuvre de la résolution n°20-NQ/TW du 28 juillet 2026 du Comité central du Parti – visant à faire du Vietnam une puissance maritime et à promouvoir l’aquaculture marine de haute technologie – offre au pays une opportunité majeure de valoriser son potentiel maritime, de générer de la prospérité grâce aux ressources de la mer et de renforcer sa compétitivité à l’échelle régionale et mondiale.
Pour transformer les zones du large et de haute mer en un nouvel espace de développement et en un moteur de croissance à long terme, l’aquaculture marine devra s’appuyer non seulement sur des atouts naturels, mais aussi, de plus en plus, sur les capacités institutionnelles, la qualité de la gouvernance, la maîtrise des sciences et technologies ainsi que la participation des entreprises.
Valoriser le potentiel maritime grâce aux hautes technologies
À la suite d’une réorganisation administrative, la province de Khanh Hoa dispose d’un vaste espace maritime — incluant près de 500 km de côtes et des baies telles que Nha Trang, Cam Ranh et Vân Phong — qui offre des atouts majeurs pour le tourisme, la pêche, les infrastructures portuaires ainsi que les sciences et technologies marines.
Afin de promouvoir une aquaculture marine moderne et une économie maritime robuste, le Conseil populaire de la province de Khanh Hoa a récemment approuvé une aide de près de 60 milliards de dôngs (2,31 millions de dollars) destinée à soutenir les habitants dans le remplacement de leurs cages d’élevage obsolètes par des systèmes de haute technologie.
Pionnier de l’automatisation par l’IA dans le secteur aquacole — notamment avec des systèmes de nourrissage automatisés et des robots de nettoyage de filets —, le groupe STP a collaboré avec la coopérative de pêche Phât Co pour développer une ferme aquacole alliant activité de production et tourisme expérientiel dans la ville de Quang Ninh.
Nguyên Thi Hai Binh, directrice générale du groupe STP, a déclaré que l’entreprise étudie et met en œuvre des solutions scientifiques et technologiques visant à développer une aquaculture marine durable tout en préservant l’environnement.
L’aquaculture marine devrait être développée au sein d’un espace marin « multicouche » et étroitement liée à la science et à la technologie, a-t-elle déclaré. Cette approche génère de multiples niveaux de valeur dans un même espace marin, allant de l’aquaculture et de l’écotourisme à la recherche scientifique, à l’éducation environnementale et aux moyens de subsistance durables.
Lorsqu’elle est correctement planifiée et organisée, une zone marine peut générer de multiples niveaux de valeur au sein d’un même espace.
Le succès des systèmes modernes d’élevage de barramundis à Vân Phong, ou celui de la ferme alliant aquaculture et tourisme sur l’île de Phât Co, pourrait servir de modèle pour le développement futur du secteur de l’aquaculture marine au Vietnam.
Libérer le potentiel institutionnel
Un bilan de la mise en œuvre de la Loi sur les ressources et l’environnement marins et insulaires de 2015 a révélé que de nombreuses dispositions se sont avérées efficaces pour la gestion intégrée de ces ressources et la protection de l’environnement. Toutefois, alors que le pays entame une nouvelle phase de développement exigeant une croissance plus soutenue de l’économie maritime, des blocages institutionnels sont apparus et doivent être résolus.
Le 7 août 2026, le gouvernement a promulgué la résolution n°218/NQ-CP relative au programme d’action pour la mise en œuvre de la résolution n°20-NQ/TW, visant à faire du Vietnam une puissance maritime. Ce programme définit neuf groupes de tâches stratégiques pour la période 2026-2030, avec une vision à l’horizon 2045, servant de base aux ministères, aux secteurs et aux collectivités locales pour élaborer leurs plans de mise en œuvre.
Le professeur associé et docteur Nguyen Huu Dung, président de l’Association vietnamienne d’aquaculture marine, a souligné que, face à la réduction constante des espaces disponibles pour l’aquaculture terrestre, l’océan constitue le « dernier terrain » propice à la création d’une nouvelle dynamique de croissance.
Cependant, le potentiel aquacole marin du Vietnam est encore loin d’être pleinement exploité, a-t-il ajouté. Les obstacles ne concernent pas uniquement la technologie des cages, mais aussi l’organisation de la production. Les politiques relatives à l’attribution des zones maritimes doivent gagner en clarté et en stabilité.
Les habitants, les coopératives et les entreprises ont besoin d’un cadre juridique solide et pérenne pour investir dans des cages d’élevage modernes, des systèmes de surveillance, des semences, des aliments pour poissons et des services logistiques. L’aquaculture en haute mer nécessitant des investissements considérables et s’exposant aux risques majeurs liés aux catastrophes naturelles, l’accès à des crédits à long terme et à des assurances spécifiques revêt une importance capitale.
La Résolution n° 218/NQ-CP identifie neuf groupes de tâches stratégiques pour la période 2026-2030, avec une vision à l’horizon 2045. Parmi celles-ci, l’amélioration institutionnelle et la réforme de l’aménagement de l’espace maritime national sont considérées comme les fondements nécessaires pour transformer le Vietnam en une puissance maritime. L’Agence vietnamienne des mers et des îles est actuellement chargée de piloter l’élaboration d’amendements à la Loi sur les ressources et l’environnement marins et insulaires, dans le but d’institutionnaliser les grandes orientations définies par la Résolution n° 20-NQ/TW.
Nguyên Quôc Toan, directeur de l’agence, a souligné que la mer ne constitue pas seulement un lieu d’exploitation des ressources, mais aussi un espace de développement stratégique pour la nation ; elle doit donc être gérée de manière unifiée, moderne et durable.
De nouvelles politiques auront des retombées positives sur la plupart des secteurs de l’économie maritime, en particulier ceux nécessitant un accès stable et à long terme à l’espace marin et impliquant des investissements de grande envergure, tels que l’aquaculture marine industrielle. – VNA