Hanoi (VNA) - Le commerce extérieur du Vietnam a atteint un volume global de 659,58 milliards de dollars au cours des sept premiers mois de 2026, affichant une progression spectaculaire de 28,1 % sur un an.
Cette forte dynamique cache néanmoins un déséquilibre : le rythme des importations a dépassé celui des exportations. Le pays enregistre ainsi un déficit commercial de 20,52 milliards de dollars, principalement creusé par l’envolée de la demande nationale en matières premières, en machines et en biens d’équipement pour la production.
Selon les données de l’Office national des statistiques (NSO), rattaché au ministère des Finances, les exportations de marchandises ont bondi de 21,7 % entre janvier et juillet pour atteindre un total de 319,53 milliards de dollars par rapport à la même période l’an dernier.
Le secteur économique domestique a généré 63,64 milliards de dollars (+5,8 %), soit 19,9 % du total des exportations. À l’inverse, le secteur à investissements étrangers (pétrole brut inclus) demeure la véritable locomotive du pays : il représente 80,1 % des expéditions globales, avec 255,89 milliards de dollars engrangés, soit un bond spectaculaire de 26,4 %.
Sur les sept premiers mois de l’année, la dynamique repose également sur une forte concentration sectorielle. Si 31 catégories de produits ont franchi la barre symbolique du milliard de dollars d’exportations (pesant pour 93 % de la valeur totale), le haut du panier est encore plus restreint. En effet, sept produits stratégiques ont dépassé les 10 milliards de dollars chacun, concentrant à eux seuls 69,7 % de l’ensemble des exportations.
Les produits manufacturés sont restés en tête, atteignant 287,91 milliards de dollars et représentant 90,1 % des exportations. Les produits agricoles et sylvicoles ont généré 22,79 milliards de dollars (7,1 %), les produits de la pêche ont totalisé 6,86 milliards de dollars (2,2 %), tandis que les exportations de combustibles et de minéraux ont atteint 1,97 milliard de dollars (0,6 %).
En parallèle, les importations de marchandises affichent une nette progression de 34,8% sur un an, pour s’établir à 340,05 milliards de dollars. Dans le détail, cette dynamique est portée par le secteur intérieur, dont les achats grimpent de 24,1 % pour atteindre 92,14 milliards de dollars, mais surtout par les entreprises à capitaux étrangers, qui enregistrent une hausse spectaculaire de 39,2 % avec 247,91 milliards de dollars de biens importés.
Au total, 40 produits d’importation ont franchi le cap du milliard de dollars chacun, concentrant à eux seuls 93 % des importations totales. Par ailleurs, deux lignes de produits ont vu leur valeur dépasser les 10 milliards de dollars, représentant plus de la moitié (52 %) de l’enveloppe globale des importations.
L’essentiel des importations reste massivement fléché vers l’appareil productif. Les intrants de production ont en effet représenté 94,1 % des importations totales, pour une valeur équivalente à 319,95 milliards de dollars.
Dans le détail, cette dynamique est portée en priorité par les biens d’équipement : les machines, outils et pièces de rechange s’octroient la part du lion avec 56,9 % des achats à l’étranger, suivis par les matières premières et les carburants qui totalisent 37,2 %. À l’inverse, la part allouée aux biens de consommation courante demeure marginale, s’établissant à seulement 5,9 % du total, soit 20,1 milliards de dollars.
Les États-Unis sont restés le premier marché d’exportation du Vietnam, avec des expéditions évaluées à 104,7 milliards de dollars sur cette période de sept mois. En parallèle, la Chine a consolidé son rang de premier fournisseur du pays, y ayant acheminé pour 138,6 milliards de dollars de marchandises. Par conséquent, l’excédent commercial du Vietnam avec les États-Unis a atteint 91,4 milliards de dollars, soit une progression de 22,6 % en un an, tandis que son déficit commercial avec la Chine s’est creusé pour s’établir à 93 milliards de dollars, en hausse de 39,7 %.
Pour dynamiser davantage les exportations, la directrice du NSO, Nguyên Thi Huong, a exhorté le gouvernement à maintenir ses mesures de soutien au commerce extérieur. Elle préconise notamment d’intensifier la promotion commerciale, de diversifier les chaînes d’approvisionnement, les réseaux de production et les marchés à l’export, tout en élevant la qualité des produits pour une intégration plus profonde dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.
La responsable a également insisté sur la nécessité de maximiser l’impact des accords de libre-échange (ALE) existants. Selon elle, le pays doit consolider ses positions sur ses marchés clés et redoubler d’efforts pour s’imposer sur les marchés émergents — en ciblant particulièrement le secteur Halal, l’Amérique latine et l’Afrique — afin de garantir un excédent commercial durable.
Par ailleurs, elle a proposé de fournir aux entreprises des données de marché en temps réel, de les accompagner dans la mise en conformité avec les nouvelles normes d’exportation et de les soutenir lors des procédures antidumping. Son plan prévoit également de faciliter leur accès aux financements et d’encourager l’adoption de technologies de pointe, l’objectif étant d’optimiser la qualité des produits, d’accroître leur valeur ajoutée et de conquérir de nouveaux marchés à l’international. – VNA