Le vestibule d'honneur de la Cité pourpre interdite retrouvera sa grandeur impériale

Avec un investissement total de plus de 64 milliards de dôngs, ce projet vise non seulement à reconstituer un symbole architectural unique, mais aussi à compléter l’axe central sacré de l’ensemble des monuments de l’ancienne capitale de Huê.

Le cortège royal passant par le Dai Cung Môn. Photo d’archives
Le cortège royal passant par le Dai Cung Môn. Photo d’archives

Hanoi (VNA) – Après près de 80 ans de destructions causées par la guerre, le Dai Cung Môn, porte principale menant à la Cité pourpre interdite au sein de la Cité impériale de Huê (Centre), sera officiellement restauré.

Avec un investissement total de plus de 64 milliards de dôngs, ce projet vise non seulement à reconstituer un symbole architectural unique, mais aussi à compléter l’axe central sacré de l’ensemble des monuments de l’ancienne capitale de Huê.

« L’âme » de la Cité pourpre interdite

Le Dai Cung Môn n’était pas une simple porte, mais l’entrée principale de la Cité interdite – l’espace le plus sacré et privé réservé à la vie interne de la famille impériale de la dynastie des Nguyên.

Situé au centre de la façade sud de la Cité interdite, au nord du palais Thai Hoa, il marquait la séparation entre la zone administrative (Cité impériale) et l’espace de vie du souverain et de la famille royale.

Selon les archives historiques, le Dai Cung Môn a été construit en 1833 sous le règne de l’empereur Minh Mang, en même temps que plusieurs autres édifices majeurs du palais royal. En 1839, il a été richement laqué et doré, puis restauré à plusieurs reprises sous les règnes suivants.

Il s’agissait d’un ouvrage en bois d’une grande finesse, composé de cinq travées sans ailes latérales et percé de trois portes.

La porte centrale était réservée à l’empereur, tandis que les deux latérales étaient destinées aux mandarins et aux membres de la famille royale.

De part et d’autre se trouvaient deux pavillons nommés Nhât Tinh et Nguyêt Anh ; au nord s’ouvrait une vaste cour menant directement au palais Cân Chanh.

L’un des aspects les plus remarquables du Dai Cung Môn résidait dans le savoir-faire exceptionnel des artisans de la dynastie des Nguyên.

La façade était ornée de laque rouge et de dorures éclatantes, avec des motifs traditionnels tels que les huit objets précieux et les quatre créatures mythiques, accompagnés d’inscriptions poétiques.

À l’arrière, un corridor de neuf travées reliait directement les pavillons Ta Vu et Huu Vu, avec une toiture en tuiles émaillées bleu-vert.

Au-dessus de la porte était suspendue une plaque portant l’inscription « Can Thanh Cung », désignant la résidence de l’empereur.

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Les fines sculptures ornementales sur les éléments en bois du Dai Cung Môn. Photo d’archives : Centre de conservation des monuments de Huê

En 1947, les bombardements ont entièrement détruit le Dai Cung Môn ainsi que le palais Cân Chanh, ne laissant subsister que les fondations pavées de briques Bat Tràng et quelques vestiges.

Les fines sculptures ornementales sur les éléments en bois du Dai Cung Môn.

Une base scientifique pour la renaissance du site

Avant d’engager la restauration, le Centre de conservation des monuments de Huê, en collaboration avec le Musée national d’histoire, a mené des fouilles archéologiques d’envergure sur le site.

Six tranchées principales et huit sondages ont été réalisés sur une superficie de plus de 60 m² afin de déterminer avec précision la structure et les dimensions d’origine.

Les résultats ont fourni des données précieuses. Les archéologues ont identifié clairement le plan du Dai Cung Môn, orienté nord-est – sud-ouest, situé à 18,05 m des fondations du palais Thai Hoa et à 32,11 m de celles du palais Cân Chanh. Sur le terrain, plusieurs éléments ont été retrouvés, dont les bases de fondation, cinq piliers en briques encore en place et quatre autres partiellement endommagés.

Au total, 402 fragments d’objets ont été mis au jour, allant de matériaux de construction à des céramiques datant du XVIe au début du XXe siècle.

Ces découvertes confirment que, malgré les restaurations successives, la structure du Dai Cung Môn est restée inchangée jusqu’à sa destruction.

Malgré l’ampleur des dégâts, les vestiges existants permettent d’affirmer que la restauration fidèle du monument est tout à fait réalisable.

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Site archéologique du Dai Cung Môn. Photo: VnExpress

Compléter l’axe central et valoriser le patrimoine mondial

Le 10 avril, les autorités de la ville de Huê ont officiellement approuvé le projet de restauration du Dai Cung Môn, pour un budget estimé à plus de 64,6 milliards de dôngs.

Prévu sur une durée de quatre ans, le chantier devrait débuter au deuxième trimestre 2026 pour s’achever en 2029. Il s’inscrit dans les efforts de préservation et de valorisation de l’ensemble des monuments de l’ancienne capitale de Huê, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Sur le plan technique, le projet prévoit la restauration complète de l’édifice principal : consolidation des fondations en briques traditionnelles, bases de colonnes en pierre, escaliers en pierre, murs en briques enduits selon les techniques anciennes.

La structure en bois sera reconstruite avec des essences de qualité, traitées contre l’humidité et les insectes, puis sculptées et décorées conformément aux modèles historiques, avec laque et dorure. La toiture sera recouverte de tuiles émaillées jaunes, et les éléments décoratifs traditionnels seront également restaurés.

Les aménagements annexes incluront la réhabilitation des galeries latérales, l’embellissement des espaces environnants, ainsi que l’installation d’infrastructures modernes (éclairage, drainage, sécurité, prévention incendie) pour accueillir les visiteurs.

L’objectif fondamental du projet ne se limite pas à reconstruire un édifice, mais vise à redonner vie à la valeur historique d’un « monument exceptionnel ».

Une fois achevé, le Dai Cung Mon jouera un rôle de « maillon clé » reliant les ouvrages situés sur l’axe sacré central de la Cité impériale, notamment Ngo Môn – le palais Thai Hoa – le Dai Cung Môn – le palais Cân Chanh – le Truong Lang et le palais Kiên Trung. – NDEL/VNA

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