En application de la Résolution n°20-NQ/TW du 28 juillet 2026 sur la construction et le développement du Vietnam en tant que puissance maritime à l’horizon 2045, Can Tho ambitionne de devenir l’un des principaux pôles de croissance de l’économie maritime du delta du Mékong et de rejoindre le groupe des grands centres maritimes du pays.
S’adressant à VietnamPlus, le vice-président du Comité populaire municipal Tran Chi Hung a souligné que Can Tho accélère cette transition afin de devenir une « porte d’accès à la mer » pour toute la région.
- Après la fusion de l’ancienne ville de Can Tho avec les provinces de Soc Trang et de Hau Giang, quels nouveaux atouts stratégiques cette réorganisation offre-t-elle au développement de l’économie maritime ?
Tran Chi Hung, vice-président du Comité populaire municipal : Après la fusion, Can Tho dispose d’un espace de développement beaucoup plus vaste, avec notamment 72 km de côtes et 177 km de voies navigables sur le fleuve Hau, reliées à la Mer Orientale par deux principaux chenaux maritimes. Ces voies jouent un rôle important dans le transport maritime régional et devraient, à terme, être reliées au port international de Tran De, créant un nouvel élan pour l’économie maritime du delta du Mékong.
Ces atouts permettent à Can Tho de passer d’une « économie fluviale » à une « économie maritime », en renforçant son rôle de centre administratif et économique et de « porte d’accès à la mer » pour toute la région.
La connexion entre l’aéroport international de Can Tho, le port international de Tran De et le chenal Dinh An–Hau constitue également une base pour faire de Can Tho une porte logistique internationale majeure du delta du Mékong.
Par ailleurs, son espace maritime offre des conditions favorables au développement de l’éolien côtier et offshore ainsi que de l’énergie solaire. Ces sources d’énergie propre pourraient alimenter directement les zones industrielles, les centres logistiques et les usines de transformation, contribuant à répondre aux normes environnementales internationales et à faciliter l’accès des produits agricoles, aquatiques et industriels de la région aux marchés mondiaux.
- Comme vous l’avez indiqué, la fusion a considérablement élargi l’espace de développement de l’économie maritime de Can Tho. Quels seront donc les secteurs prioritaires auxquels la ville consacrera ses ressources afin de créer des avancées majeures dans les années à venir ?
Tran Chi Hung, vice-président du Comité populaire municipal: Outre le développement du tourisme maritime et côtier ainsi que d’une économie halieutique durable, Can Tho concentrera ses ressources sur plusieurs secteurs prioritaires.
La ville accordera notamment la priorité à l’énergie éolienne, avec 30 projets pour une capacité totale de 2 802,2 MW, dont 24 ont déjà reçu l’approbation d’investissement, pour 2 072,2 MW. Avec un potentiel éolien offshore estimé à environ 30 000 MW, Can Tho prévoit d’élargir les études et relevés pour de nouveaux projets, dans le respect des couloirs de navigation. Quatre investisseurs ont déjà proposé d’étudier des projets éoliens offshore.
La ville entend également exploiter de manière appropriée ses ressources en sable marin. La zone B1 dispose de réserves estimées à 680 millions de m³, dont 145 millions de m³ de ressources de niveau 222, susceptibles de répondre aux besoins en matériaux pour les infrastructures et les autoroutes régionales.
Can Tho développe la zone économique de Tran De, associée au port maritime international de Tran De, afin de créer une zone économique multisectorielle dotée d’infrastructures modernes et de pôles d’économie maritime, notamment dans les communes et quartiers côtiers.
- L’économie maritime ne peut se développer sans une forte coopération régionale. Quelle stratégie Can Tho a-t-elle définie pour renforcer les liens avec les autres localités de la région, ainsi qu’avec Ho Chi Minh-Ville et le Sud-Est, afin de construire un réseau logistique, commercial et de services maritimes compétitif à l’échelle internationale ?
Tran Chi Hung, vice-président du Comité populaire municipal: Ces dernières années, Can Tho a renforcé la coopération régionale, notamment dans le cadre du Conseil de coordination de la région du delta du Mékong. La ville coordonne avec les localités voisines pour élaborer la planification régionale et les projets d’infrastructures interrégionales, notamment dans les transports, l’irrigation, l’adaptation au changement climatique et la sécurité de l’eau. Les domaines prioritaires comprennent l’industrie, l’agriculture de haute technologie, le commerce et les services, la santé et l’environnement.
Can Tho entend devenir un centre de collecte et de stockage des marchandises destinées à l’exportation, afin de réduire les coûts logistiques pour les produits agricoles et aquatiques du delta du Mékong. La ville prévoit également de développer les infrastructures de transport routier, maritime, aérien et, à terme, ferroviaire, tout en renforçant son rôle de centre régional de promotion du commerce.
Par ailleurs, Can Tho coopère avec Ho Chi Minh-Ville et les provinces du Sud-Est pour construire une chaîne logistique interrégionale. La ville ambitionne de devenir le centre du delta du Mékong, reliant directement les zones de production et d’approvisionnement de la région au principal centre financier et de consommation du pays, tout en favorisant le partage des flux de marchandises et des services maritimes.
- Compte tenu de l’objectif de développer une économie maritime à grande échelle, quelle stratégie Can Tho a-t-elle mise en place pour former les ressources humaines dans des domaines tels que la logistique maritime, l’industrie portuaire, les énergies renouvelables offshore et l’économie numérique liée à la mer ?
Tran Chi Hung, vice-président du Comité populaire municipal: Can Tho compte actuellement huit universités et 23 établissements d’enseignement supérieur professionnel. Il s’agit d’un atout pour développer les ressources humaines, notamment dans le domaine de l’économie maritime.
Pour former les ressources humaines nécessaires à cette stratégie, la ville s’appuie sur trois piliers. Le premier consiste à renforcer la coopération entre l’État, les établissements de formation et les entreprises. La ville prévoit de coordonner avec les instituts, les universités et les entreprises dans l’élaboration d’un projet de développement des ressources humaines pour l’économie maritime, ou de l’intégrer à ses programmes de formation, en fonction des besoins des groupes spécialisés dans l’économie maritime. Elle encouragera également les universités et établissements supérieurs à élargir et améliorer les formations en logistique et gestion de la chaîne d’approvisionnement, ingénierie maritime et énergies renouvelables.
Le deuxième pilier est la rénovation des contenus et programmes de formation, avec davantage de formations interdisciplinaires combinant logistique, ingénierie maritime et énergies renouvelables. L’accent sera également mis sur les compétences numériques, notamment l’intelligence artificielle et le big data appliqués aux chaînes d’approvisionnement maritimes et à l’éolien offshore ainsi que sur des politiques destinées à attirer les talents.
- Pour créer de nouveaux pôles de croissance de l’économie maritime, quelles mesures et politiques spécifiques la ville de Can Tho souhaite-t-elle que le gouvernement central mette en place pour favoriser une avancée décisive dans son développement ?
Tran Chi Hung, vice-président du Comité populaire municipal: Après huit ans de mise en œuvre de la Résolution n°36-NQ/TW sur le développement de l’économie maritime, Can Tho reste confrontée à plusieurs difficultés : infrastructures portuaires nécessitant d’importants investissements, développement encore inférieur au potentiel, notamment dans le tourisme maritime, et modernisation encore limitée des ports et de la logistique.
La ville fait également face aux impacts du changement climatique, à l’érosion et à la montée du niveau de la mer, ainsi qu’à des difficultés dans la gestion des ressources maritimes et les procédures d’investissement.
Can Tho propose donc deux mécanismes spécifiques : renforcer la décentralisation pour l’attribution des zones maritimes et l’approbation des projets d’énergies renouvelables offshore ; et prioriser les financements du budget central et de l’APD pour les infrastructures stratégiques, notamment le chenal pour les navires de gros tonnage sur le fleuve Hau et le port de Tran De.
- Avec ces objectifs et cette stratégie de développement, quel message souhaitez-vous adresser aux entreprises, aux investisseurs et à la population afin de contribuer ensemble à faire de Can Tho une ville maritime forte, riche de son identité et engagée dans un développement durable ?
Tran Chi Hung, vice-président du Comité populaire municipal: En application de la Résolution n°20-NQ/TW, Can Tho entend devenir une ville maritime moderne, écologique, intelligente et durable, un pôle majeur de croissance de l’économie maritime du delta du Mékong et l’un des grands centres maritimes du pays, tout en développant une économie maritime verte et valorisant son identité fluviale et côtière.
Le message aux entreprises, aux investisseurs et à la population est clair : la solidarité et l’ambition de tous constituent le moteur du développement ; les investissements verts et les engagements à long terme des entreprises en sont la clé ; et les autorités municipales continueront à accompagner et à créer les conditions favorables pour faire de Can Tho l’un des grands centres de l’économie maritime nationale. -Vietnam+