Hanoï (VNA) - Les investissements directs étrangers (IDE) au Vietnam poursuivent leur progression, mais la mise en œuvre des projets enregistrés reste largement tributaire de l’accès aux terrains, de la libération des emprises et de la disponibilité des infrastructures. Pour attirer une nouvelle génération d’IDE, le gouvernement entend donc anticiper la préparation des terrains, numériser les données foncières et simplifier les procédures administratives.
Selon le ministère des Finances, les IDE enregistrés au Vietnam ont atteint 50,36 milliards de dollars au 30 septembre, en hausse de 76,4 % sur un an. Les nouveaux investissements se sont élevés à 29,24 milliards de dollars, pour 3 108 projets. Les IDE effectivement décaissés ont, quant à eux, atteint 21,07 milliards de dollars, soit une progression de 12,1 % sur un an et un niveau record pour les neuf premiers mois de ces cinq dernières années.
L’industrie manufacturière demeure le principal secteur bénéficiaire, avec environ 17,4 milliards de dollars d’IDE réalisés, soit 82,6 % du total. Ces activités nécessitent de vastes superficies industrielles ainsi que des réseaux fiables d’électricité, d’eau, de transport et de logistique.
Pour les multinationales, choisir le Vietnam ne constitue que la première étape. Elles doivent ensuite trouver un emplacement adapté et examiner les questions foncières, les procédures de construction et d’environnement ainsi que les possibilités de raccordement aux infrastructures. Selon les experts, le principal obstacle ne réside pas nécessairement dans le manque de terrains, mais dans la possibilité d’accéder rapidement à des parcelles juridiquement sécurisées et immédiatement exploitables.
Entre avril et fin septembre, les autorités ont résolu les difficultés de 2 535 projets, permettant de débloquer plus de 1,76 million de milliards de dôngs de capitaux et de remettre en usage 86 600 hectares de terres. Au total, 3 557 projets ont bénéficié de mesures de déblocage, concernant plus de 139 000 hectares.
La Loi foncière de 2024 a clarifié les modalités d’accès aux terrains pour les entreprises à capitaux étrangers. Toutefois, la mise en œuvre des projets nécessite toujours de se conformer à diverses réglementations en matière d’investissement, d’aménagement, de construction, d’environnement et d’infrastructures.
Selon l’économiste Ngô Tri Long, les investisseurs accordent une importance croissante à la qualité de l’environnement des affaires, à la rapidité des procédures et à la cohérence des infrastructures, au-delà des seules incitations. Le chevauchement des démarches administratives, les divergences d’interprétation des textes et l’absence de responsables clairement désignés peuvent, souligne-t-il, retarder les projets et en alourdir les coûts.
Les collectivités locales sont ainsi appelées à préparer les terrains en amont, en publiant les informations sur l’aménagement, le statut juridique, les délais de libération foncière et les infrastructures disponibles. Cette approche est particulièrement importante pour les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, les centres de données, l’électronique, la logistique et les technologies vertes, qui exigent également une alimentation électrique stable et une main-d’œuvre qualifiée.
La Résolution n° 10-NQ/TW du 8 juin 2026 du Bureau politique sur le développement de l’économie à capitaux étrangers fixe l’objectif d’attirer entre 200 et 300 milliards de dollars d’IDE enregistrés sur la période 2026-2030. Elle marque une réorientation vers des investissements privilégiant la technologie, les connaissances, l’innovation et l’amélioration de la productivité, au-delà du seul volume de capitaux attirés.
Pour Su Ngoc Khuong, directeur principal des investissements chez Savills Vietnam, l’enjeu consiste à promouvoir un modèle de croissance fondé sur la technologie et l’innovation, plutôt qu’à se focaliser uniquement sur les montants investis.
Pour attirer des projets à forte intensité technologique, le Vietnam doit offrir davantage que des terrains à prix compétitifs : disponibilité rapide des sites, sécurité juridique, infrastructures de qualité et possibilités d’expansion.-VNA