Hanoi (VNA) - Le phénomène El Niño a atteint une intensité très élevée et devrait entraîner un hiver plus chaud et accroître les risques de sécheresse et de pénurie d’eau au Vietnam, bien que de violentes tempêtes, des précipitations extrêmes et des inondations restent possibles.
Selon une actualisation du Centre national de prévision hydrométéorologique (NCHMF), l’épisode El Niño 2026-2027 continue de se renforcer : au cours de la deuxième semaine de septembre, les températures de surface de la mer dans la région NINO3.4 se situaient environ 2°C au-dessus de la moyenne à long terme.
Entre octobre et décembre 2026, El Niño devrait atteindre une intensité très élevée — avec une probabilité de 98% — et pourrait culminer à ce stade. Pour la période de janvier à mars 2027, les prévisions indiquent que le phénomène restera très marqué, bien que sa probabilité et son intensité soient appelées à diminuer progressivement. Le NCHMF n’exclut pas une persistance d’El Niño jusqu’au début de l’été 2027.
Un hiver plus chaud et des vagues de chaleur précoces
Au Vietnam, les effets d’El Niño devraient s’accentuer dans les mois à venir, se manifestant notamment par une hausse des températures, des vagues de chaleur, des sécheresses et des pénuries d’eau, en particulier durant la saison sèche.
Le NCHMF a annoncé que l’activité liée aux masses d’air froid devrait être inférieure à la normale durant l’hiver 2026-2027, les vagues de froid intense surviendraient probablement plus tard et moins fréquemment que la moyenne à long terme. Les températures moyennes à l’échelle nationale devraient se situer entre 1 et 2,5°C au-dessus de cette même moyenne.
Dès le début de l’année 2027, des vagues de chaleur pourraient survenir plus tôt dans la saison à travers le pays. Pour les mois d’été, des vagues de chaleur intenses sont prévues, avec un nombre de journées chaudes supérieur à la moyenne à long terme ainsi qu’au niveau enregistré en 2026. Le NCHMF n’exclut pas que les températures puissent dépasser les records précédents.
D’ici à la fin 2026, les précipitations devraient être inférieures à la moyenne à long terme sur une grande partie du pays, en particulier dans la région du littoral du Centre-Sud, les Hauts Plateaux du Centre et le Sud, avec des déficits généralement compris entre 20 et 40%. La saison des pluies dans ces régions pourrait également se terminer plus tôt.
Ces mêmes régions devraient recevoir moins de précipitations au début de 2027. Des températures plus élevées et des vagues de chaleur précoces pourraient accroître la demande en eau ainsi que l’évaporation, exerçant une pression supplémentaire sur les ressources hydriques.
Par conséquent, le risque de sécheresse, de pénurie d’eau et d’intrusion saline dans le littoral du Centre-Sud, les Hauts Plateaux du Centre et le Sud est jugé très élevé pour la saison sèche du début de 2027.
Moins de tempêtes, mais des pluies plus violentes
El Niño peut modifier la circulation atmosphérique, influençant ainsi les régimes de précipitations ainsi que l’activité des tempêtes et des dépressions tropicales.
D’ici à la fin de 2026, le nombre de tempêtes et de dépressions tropicales sur la Mer Orientale et celles touchant le Vietnam continental devrait être inférieur à la moyenne à long terme. Toutefois, une fréquence réduite des tempêtes ne signifie pas pour autant que des tempêtes violentes ne surviendront pas, et des précipitations inférieures à la moyenne n’excluent pas la survenue d’épisodes de précipitations extrêmes.
Lors d’épisodes intenses d’El Niño, il peut tout de même se produire des pluies diluviennes, des inondations, des crues soudaines, des glissements de terrain ou des tempêtes aux évolutions complexes. Ces phénomènes sont également influencés par des systèmes météorologiques à l’échelle régionale et par les conditions atmosphériques prévalant à des moments précis.
Par conséquent, le seul signal El Niño ne permet pas de prédire avec exactitude une catastrophe naturelle spécifique dans une localité donnée. L’ampleur des impacts dépend des interactions entre El Niño et les conditions atmosphériques et océaniques, ainsi que des configurations météorologiques propres aux différentes périodes et saisons.
Alors qu’El Niño atteint déjà une intensité très élevée et présente un risque de renforcement accru, le NCHMF a conseillé aux localités de se préparer à deux types de risques : d’une part, les vagues de chaleur, la sécheresse, les pénuries d’eau et les intrusions salines susceptibles de perdurer tout au long de la saison sèche 2026-2027 ; d’autre part, les précipitations extrêmes, les tempêtes, les inondations et autres phénomènes météorologiques violents pouvant survenir ponctuellement. – VNA