L’économie d’État se renouvelle afin de préserver son rôle moteur dans un environnement de concurrence saine, contribuant, aux côtés de l’économie privée et des autres composantes économiques, à la création d’une force globale dans la nouvelle ère.
L’adoption de la Résolution n°79-NQ/TW du Bureau politique sur le développement de l’économie d’État constitue une étape marquante dans la pensée de gouvernance nationale. Au-delà de la redéfinition du rôle des entreprises publiques, cette résolution propose une vision globale visant à optimiser l’utilisation des ressources publiques, en exigeant que l’économie d’État exerce son rôle moteur par l’efficacité et une gouvernance conforme aux normes internationales, plutôt que par des privilèges, tout en établissant une base de concurrence transparente pour l’ensemble des composantes économiques.
Selon Phan Duc Hieu, membre permanent de la Commission économique et financière de l’Assemblée nationale, il s’agit de la première fois qu’un document aborde de manière globale les principes de gestion et d’utilisation des ressources publiques « sous toutes leurs formes ». Cette approche globale vise à renforcer l’économie d’État en tant que force matérielle importante, jouant un rôle de pilotage dans les secteurs et domaines clés tels que l’énergie, la logistique, les infrastructures numériques…
La résolution définit également une feuille de route claire pour le développement des entreprises publiques, axée sur la qualité et l’ampleur de leurs activités dans les secteurs essentiels. Pour les entreprises dans lesquelles l’État n’a pas besoin de conserver une participation majoritaire, le message est ferme : engager résolument des restructurations, des fusions afin de créer des entités plus solides ou procéder à une privatisation complète.
D’un point de vue juridique, l’avocat Nguyen Hong Chung, président du cabinet DVL Lawfirm, estime que la Résolution 79 a clairement démontré que les notions de « rôle moteur » et de « concurrence équitable » ne sont nullement contradictoires. Dans une économie de marché moderne, le rôle moteur doit être compris comme un rôle fonctionnel. L’État assume les missions que le marché peine à assurer efficacement, telles que la construction des infrastructures de base, la garantie de la sécurité énergétique et la gestion des risques systémiques.
Du point de vue de la gouvernance macroéconomique, lors d’une séance de discussion du 14ᵉ Congrès national du Parti, le ministre des Finances, Nguyen Van Thang, a souligné que la période 2026-2030 constitue une phase décisive d’accélération et de percée. Afin de concrétiser les objectifs à long terme, le gouvernement a publié, dès les premiers jours de 2026, la Dépêche officielle n°06/CD-TTg, demandant aux groupes économiques et aux compagnies générales publiques de viser une croissance de la production ou du chiffre d’affaires d’au moins 10 %. Le Premier ministre a souligné que, dans le contexte du lancement du plan quinquennal 2026-2030, le secteur des entreprises publiques doit jouer un rôle de locomotive. Par ailleurs, le gouvernement s’est engagé à conduire de manière flexible les politiques budgétaire et monétaire, en mobilisant la marge de manœuvre existante de la dette publique pour investir dans des projets d’infrastructures importants, notamment les lignes ferroviaires à grande vitesse et les centres financiers internationaux.
Parallèlement au renforcement des forces intrinsèques, le gouvernement s’est également fixé pour objectif de décaisser 100 % des investissements publics, tout en attirant des investissements directs étrangers (IDE) de haute qualité vers des secteurs de haute technologie, tels que les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle. Ces efforts, conjugués à l’esprit de renouveau porté par la Résolution 79, insufflent une nouvelle dynamique à l’économie.
Un autre aspect important de la Résolution 79 concerne la restructuration en profondeur des unités de services publics. Selon Phan Duc Hieu, l’esprit de la Résolution est très clair : l’État ne maintient que les unités chargées de fournir des services publics essentiels ou à caractère politique, que le secteur privé ne peut ou ne souhaite pas assurer. Pour les domaines que le marché est en mesure de prendre efficacement en charge, l’État se retirera progressivement afin de favoriser la socialisation. Cette orientation constitue une démarche transparente, visant à rationaliser l’appareil administratif et à améliorer la qualité des services offerts aux citoyens. -VietnamPlus