Rome, 7 novembre (VNA) – Le Vietnam et l’Italie disposent d’un potentiel considérable pour renforcer leur coopération dans le secteur de la robotique, en s’appuyant sur leurs atouts complémentaires en matière de technologie, d’ingénierie mécanique, de fabrication et de recherche, ainsi que sur leur besoin commun de moderniser leurs systèmes de production.
S’exprimant auprès des correspondants de l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à Rome, Nguyen Nhu Toan, doctorant au département de génie industriel de l’Université de Bologne (Italie), a souligné que le développement de robots humanoïdes, de robots collaboratifs (« cobots ») et de robots mobiles capables d’interagir avec leur environnement ouvre de nouvelles perspectives d’application, tant dans le secteur manufacturier que dans la vie quotidienne.
Cela représente également une opportunité pour le Vietnam d’intensifier la recherche, le développement et l’application des technologies robotiques en collaboration avec l’Italie, un pays qui jouit d’une expertise historique dans l’ingénierie de précision, la fabrication de machines et l’automatisation industrielle.
Selon Nguyen Nhu Toan, l’évolution majeure dans le secteur de la robotique réside aujourd’hui dans le passage de systèmes exécutant uniquement des tâches préprogrammées à des systèmes capables de percevoir leur environnement, d’acquérir de nouvelles compétences et de s’adapter à des tâches inédites. L’intégration de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique (machine learning) — combinée à des modèles alliant vision, langage et action — rend les robots de plus en plus polyvalents, leur permettant d’interagir avec les humains et d’évoluer dans des environnements complexes.
Les robots humanoïdes, les cobots et les robots mobiles, en particulier, peuvent accroître la productivité et améliorer la qualité des produits, tout en réduisant la pénibilité des tâches répétitives, éprouvantes ou dangereuses.
Il a ajouté que l’expérience européenne, notamment en Italie, montre que cette tendance s’intègre progressivement aux processus de production. L’Italie est particulièrement bien positionnée dans le domaine de la robotique, grâce à ses atouts traditionnels en ingénierie mécanique et en fabrication de machines, ainsi qu’à son vaste réseau de petites et moyennes entreprises (PME). Des sociétés telles que Comau (robotique industrielle) et qbrobotics (technologie de mains robotiques souples), associées aux travaux de recherche menés par l’Institut italien de technologie (IIT), témoignent des capacités du pays en matière de développement robotique. À titre d’exemple, la collaboration entre le constructeur naval Fincantieri et l’entreprise Generative Bionics — visant à concevoir des robots humanoïdes destinés aux opérations de soudage dans la construction navale, avec des essais en conditions réelles prévus d’ici fin 2026 — constitue une application particulièrement prometteuse. Toan a souligné que des coûts d'investissement initiaux élevés, une pénurie de personnel technique hautement qualifié et un accès limité aux technologies pour les PME constituent autant d'obstacles au développement de la robotique en Italie. Il est donc essentiel de créer des liens entre la recherche et les besoins industriels, et d'accompagner les entreprises dans l'expérimentation et la commercialisation de nouvelles technologies.
Pour le Vietnam, il a précisé que la priorité devrait être accordée aux applications robotiques répondant à des besoins concrets et pouvant être déployées à court terme. Il s'agit notamment de robots industriels pour les lignes de production, de robots autonomes destinés aux entrepôts et aux usines, ainsi que de drones (aéronefs sans pilote) pour l'agriculture et la logistique. À plus long terme, le pays devrait poursuivre ses investissements dans l'intelligence artificielle, les technologies de perception de l'environnement, les systèmes de contrôle avancés et la robotique humanoïde.
Une orientation stratégique consiste à privilégier la maîtrise des logiciels, des algorithmes et de l'intégration des systèmes, avant de développer progressivement des technologies matérielles et des composants à haute valeur ajoutée. Parallèlement, il convient de favoriser la coopération entre les entreprises, les universités et l'État, afin de permettre la mise sur le marché des résultats de la recherche et d'éviter que les produits ne restent au stade de simples prototypes.
Selon Toan, le Vietnam et l'Italie possèdent des atouts très complémentaires dans ce domaine. L'Italie bénéficie d'une solide expérience dans la fabrication de machines et les applications de robotique industrielle, ainsi que d'un réseau d'entreprises bien établi ; le Vietnam, quant à lui, dispose d'un marché dynamique, d'une forte demande en matière de modernisation de la production et d'une jeune main-d'œuvre d'ingénieurs prometteuse. Ces éléments constituent une base solide pour renforcer la coopération entre les deux pays dans la recherche, le développement et les applications en robotique.
Les domaines offrant un potentiel de coopération immédiat incluent les robots industriels, les robots collaboratifs (cobots) et les robots mobiles destinés à la fabrication, à l'assemblage et à la logistique. À plus long terme, cette coopération pourrait s'étendre aux drones, aux systèmes robotiques autonomes pour l'agriculture de précision, à l'inspection des infrastructures et au transport de marchandises, ainsi qu'à la recherche sur la robotique intelligente et l'interaction homme-robot.
Le doctorant de l'Université de Bologne a insisté sur le fait que la coopération entre le Vietnam et l'Italie ne devrait pas se limiter au simple transfert d'équipements et de technologies, mais englober la recherche conjointe, le développement, les tests et la commercialisation des produits.
L'intensification des échanges d'étudiants, de doctorants et d'experts, alliée au renforcement des liens entre universités, instituts de recherche et entreprises, permettra aux deux pays de tirer parti de leurs atouts respectifs et de jeter les bases d'une coopération durable dans les domaines de la robotique et de l'automatisation, a-t-il conclu. - VNA