Hanoi (VNA) - Le ministère des Finances a indiqué que l’opinion publique avait récemment manifesté un intérêt tout particulier pour l’ensemble des mécanismes et politiques visant à attirer les investissements étrangers, un levier jugé crucial pour propulser une croissance économique à deux chiffres, selon des informations de presse publiées le 3 août.
En réponse, le ministère des Finances, par la voix de l’Agence de l’investissement étranger, a dévoilé un ensemble de mesures stratégiques visant à capter efficacement les flux d’investissements directs étrangers (IDE). Interdépendantes et coordonnées, ces solutions ambitionnent de lever définitivement les goulets d’étranglement qui pèsent sur le cadre institutionnel, les infrastructures, le capital humain et le soutien aux entreprises. L’objectif : insuffler une nouvelle dynamique à l’économie nationale, au cœur d’une conjoncture mondiale particulièrement volatile.
Réforme institutionnelle globale
Dans le volet des réformes institutionnelles et politiques, le ministère des Finances souligne que la révision et la modernisation du cadre juridique de l’investissement constituent la priorité absolue. L’objectif est clair : bâtir un système cohérent, transparent, stable et plus prévisible.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte marqué par une concurrence accrue pour l’attraction des IDE au sein de la région ASEAN, doublée de l’entrée en vigueur de l’impôt minimum mondial, qui bouleverse profondément les leviers d’incitation traditionnels. Face à cette nouvelle donne, le régulateur prône un changement de paradigme majeur : passer d’une logique d’exonérations fiscales à un mécanisme de soutien basé sur les coûts réels. Les subventions cibleraient ainsi directement les infrastructures, le capital humain, la recherche et développement (R&D) ainsi que l’innovation.
La réforme des procédures administratives dans les secteurs du foncier, de l’investissement, de la construction et de l’environnement sera accélérée. L’objectif est d’instaurer un guichet unique interconnecté afin de réduire au maximum les délais de traitement. Cet ajustement cible tout particulièrement les projets liés aux hautes technologies, aux semi-conducteurs, à l’énergie et aux centres de données. L’accent sera mis sur la révision et l’allègement des formalités d’obtention des permis de travail et des visas pour les experts étrangers, une mesure jugée essentielle pour répondre rapidement aux exigences d’attractivité des grands projets d’IDE.
Par ailleurs, un renforcement de la coordination entre les ministères, les branches et les collectivités locales garantira la cohérence de l’action publique, tout en limitant au maximum les chevauchements ou les disparités lors de l’application de la réglementation.
Sur le front des infrastructures, la priorité absolue demeure l’investissement dans les réseaux stratégiques, en particulier le transport, l’énergie et la logistique, indispensables au développement des corridors industriels majeurs. L’accent est mis sur l’accélération des chantiers d’autoroutes interrégionales, de ports en eau profonde, d’aéroports et de hubs logistiques. L’objectif est double : réduire les coûts du fret et fluidifier l’intégration aux chaînes d’approvisionnement mondiales. Enfin, le déploiement de zones intégrées combinant complexes industriels, centres urbains et plateformes logistiques dans les régions économiques clés du Nord, du Centre et du Sud constituera un puissant levier pour capter les IDE d’envergure.
En ce qui concerne les infrastructures énergétiques, le ministère des Finances souligne que l’impératif absolu consiste à garantir un approvisionnement électrique stable et à long terme pour les industries de haute technologie, les centres de données et le secteur des semi-conducteurs. Par ailleurs, l’accélération du développement des énergies renouvelables devra impérativement s’aligner sur les exigences de transition écologique des multinationales, en parfaite adéquation avec les tendances mondiales actuelles en matière d’investissement durable.
Renforcement des liens entre entreprises
Sur le front des ressources humaines, la pénurie de main-d’œuvre hautement qualifiée exige une réponse d’urgence, car elle pèse directement sur le calendrier des projets. Pour y faire face, le ministère des Finances table sur un rapprochement stratégique entre les centres de formation et les entreprises à investissements directs étrangers, la mise en place des programmes de formation sur mesure et à la commande, ciblant en priorité les secteurs des semi-conducteurs, des technologies de l’information, de l’électronique et de l’intelligence artificielle. En parallèle, la reconversion et la montée en compétences des actifs actuels sont intensifiées afin d’absorber la transition rapide vers un modèle de production de haute technologie.
Par ailleurs, le perfectionnement des mécanismes d’attraction et d’utilisation des experts étrangers—notamment via la simplification des procédures d’octroi de visas et de permis de travail—facilitera grandement la mobilité de cette main-d’œuvre hautement qualifiée. Ce levier est jugé crucial pour renforcer la capacité d’assimilation technologique et élever les standards de gouvernance de l’ensemble de l’économie.
Sur le plan opérationnel, les activités de promotion des investissements seront restructurées pour cibler prioritairement les géants de la tech ainsi que les projets à forte valeur ajoutée et à fort effet d’entraînement. Enfin, l’accent mis sur les synergies entre les entreprises à capitaux étrangers et le tissu entrepreneurial local permettra d’accroître le taux d’intégration nationale, propulsant ainsi les entreprises vietnamiennes au cœur des chaînes de valeur mondiales.
Dans un contexte de fortes turbulences économiques mondiales, le Vietnam maintient sa stabilité fondamentale et s’impose comme une destination prioritaire dans la restructuration des chaînes d’approvisionnement globales. Cette orientation stratégique pour le développement de l’économie à capitaux étrangers a été clairement définie par le Politburo dans sa Résolution n°10-NQ/TW du 8 juin 2026.
La résolution oriente le développement de ce secteur vers une dynamique alliant qualité, efficacité et durabilité. Elle préconise un renforcement des synergies avec les entreprises locales, afin de stimuler les transferts de technologies, de monter en compétences le capital humain et d’accroître le taux de localisation. Il s’agit là d’un cap important pour peaufiner le cadre réglementaire, améliorer la qualité de l’attraction et de l’utilisation des flux d’investissements directs étrangers (IDE) au cours de la période à venir.
La Résolution n°10-NQ/TW précise également une orientation concrète : "Encourager et exiger des entreprises à investissement étranger qu’elles s’engagent sur des objectifs de technologie, de recherche et développement (R&D), de transfert de technologie, de développement et de formation des ressources humaines vietnamiennes, de taux de valeur ajoutée locale, de développement des fournisseurs nationaux, de transition verte et de transition numérique, afin de bénéficier d’incitations à l’investissement liées aux résultats obtenus". Il s’agit d’une base concrète pour orienter les flux d’IDE vers plus de substance et de durabilité.
Afin d’accélérer la mise en œuvre concrète de cette orientation, le ministère des Finances a soumis au gouvernement, le 15 juillet 2026, la proposition n°509/TTr-BTC. Ce document vise à formuler une résolution gouvernementale sur le déploiement du plan d’action de la Résolution n°10-NQ/TW.
Ce document confie aux ministères et institutions compétents l’étude de plusieurs mécanismes et politiques d’exception. Ces mesures visent notamment à stimuler le transfert technologique pour maximiser les retombées économiques et renforcer l’intégration avec le tissu entrepreneurial local, à soutenir le développement de ressources humaines hautement qualifiées, à attirer les investissements vers la création de centres de recherche et développement (R&D), de pôles opérationnels et d’incubateurs d’innovation, et à accorder des incitations ciblées aux investisseurs stratégiques ainsi qu’aux secteurs d’activité prioritaires pour attirer des investissements. – VNA