Hanoï (VNA) – Le ministère de l’Industrie et du Commerce a organisé, le 25 juin au matin à Hanoï, une conférence consacrée aux solutions visant à stimuler les exportations et à atteindre l’objectif d’une croissance économique à deux chiffres. L’événement était présidé par le vice-Premier ministre permanent Phạm Gia Tuc.
S’exprimant à l’évènement, la vice-ministre de l'Industrie et du Commerce, Phan Thi Thang, a réaffirmé que les exportations demeurent un moteur essentiel de l'économie nationale. Elles contribuent directement à soutenir la production, à créer des emplois, à stabiliser l'économie globale et à consolider la position du pays dans l'approvisionnement mondial.
Malgré un environnement international complexe, marqué notamment par la montée des mesures protectionnistes, les tensions géopolitiques, les fluctuations monétaires et la hausse des coûts logistiques, le commerce extérieur vietnamien maintient une dynamique positive.
Selon la vice-ministre, ces résultats reposent sur l’orientation constante du gouvernement, du Premier ministre et des vice-Premiers ministres, ainsi que sur la mobilisation des ministères, des secteurs et des collectivités locales pour élargir les marchés, lever les obstacles pour les entreprises et accompagner leur adaptation face aux évolutions du commerce mondial.
Toutefois, pour atteindre l'objectif de croissance à deux chiffres, une impulsion plus forte des secteurs manufacturier et exportateur est nécessaire. Cela exige un changement de mentalité, d'approche et une action plus résolue de la part des organismes de gestion étatiques, des collectivités locales, des associations professionnelles et du monde des affaires, a déclaré la vice-ministre Phan Thi Thang.
De son côté, Nguyen Thanh Binh, représentante de l'Association des produits alimentaires du Vietnam, a indiqué que le secteur du riz possède de forts atouts pour progresser grâce aux accords de libre-échange. Au cours des cinq premiers mois de l'année 2026, le Vietnam a exporté plus de 4 millions de tonnes de riz pour une valeur dépassant 2,2 milliards de dollars, soit une hausse de 1,8 % en volume mais une baisse de 7,38 % en valeur par rapport à la même période en 2025.
Elle a souligné que la part du riz vietnamien vers l'Union européenne reste faible par rapport au potentiel existant, en raison de critères stricts sur l'origine et l'environnement.Pour le secteur de la métallurgie, Dinh Quoc Thai, vice-président et secrétaire général de l’Association de l’acier du Vietnam, a fait état d’une reprise de la production.
Au premier trimestre 2026, la production d’acier a atteint environ 14,8 millions de tonnes, soit une hausse de 21,2 % sur un an, tandis que les ventes se sont élevées à 17,9 millions de tonnes (+13,1 %).Les exportations du secteur ont cependant diminué, avec 1,79 million de tonnes expédiées, soit un recul de 4,8 % par rapport à la même période de 2025.
L’industrie reste confrontée à plusieurs obstacles, notamment les droits de douane élevés sur certains marchés, comme les États-Unis, ainsi que les nouvelles exigences liées à la réduction des émissions de carbone. L’association appelle ainsi à renforcer le soutien au marché intérieur et à accompagner la transition écologique et numérique.
Le textile-habillement demeure également un pilier des exportations vietnamiennes, avec 17,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires à l’exportation entre janvier et mai 2026. Truong Van Cam, vice-président et secrétaire général de l'Association du textile et de l'habillement (VITAS), a toutefois expliqué que le manque d'infrastructures dans le tissage et la teinture freine l'accès aux avantages douaniers des grands accords commerciaux, qui exigent des règles d'origine strictes sur les composants.
Pour y faire face, l'association demande une simplification des démarches administratives et des facilités douanières pour les structures locales qui travaillent avec les zones industrielles d'exportation.
Face aux risques de nouvelles taxes ou d'enquêtes commerciales sur le marché américain, qui représente 40 % des débouchés du secteur, les professionnels préconisent également de ne pas appliquer le projet d'identification électronique aux marchandises exportées afin d'éviter des frais supplémentaires. -VNA