Hanoï (VNA) – Il faut déployer de manière synchrone, résolue et efficace les solutions afin de stimuler la croissance tout en maintenant la stabilité macroéconomique, a déclaré le Premier ministre Lê Minh Hung lors de la réunion gouvernementale périodique d’avril 2026, tenue le 4 mai à Hanoï.
Cette réunion, première du gouvernement du 16e mandat, a permis d’examiner la situation socio-économique du mois d’avril et des quatre premiers mois de l’année, l’avancement du décaissement des investissements publics, la mise en œuvre des programmes cibles nationaux ainsi que les orientations de gouvernance pour les mois à venir.
Dès la consolidation du nouveau gouvernement, le gouvernement et le Premier ministre ont rapidement actualisé et complété son programme d’action visant à mettre en œuvre la Résolution du 14e Congrès du Parti, ainsi que les conclusions du Comité central relatives au plan de développement socio-économique, aux finances nationales, à la dette publique et au plan d’investissement public à moyen terme pour la période 2026-2030, avec pour objectif une croissance à deux chiffres.
Parallèlement, le gouvernement a adopté huit résolutions visant à simplifier les procédures administratives et les conditions d’affaires. Ces mesures ont conduit à la suppression de 184 procédures administratives, à la décentralisation de 134 autres au profit des autorités locales, à la simplification de 349 procédures et à l’élimination de 890 conditions commerciales. En outre, les autorités ont renforcé les structures de pilotage en matière de développement scientifique et technologique, d’innovation et de transformation numérique, tout en réorganisant la gestion de certains sites nationaux stratégiques.
Sur le plan économique, les indicateurs témoignent d’une dynamique globalement positive. La stabilité macroéconomique est maintenue, l’inflation reste sous contrôle avec un indice des prix à la consommation en hausse estimée à 3,99 % sur les quatre premiers mois. Les recettes budgétaires ont atteint plus de 1,11 million de milliards de dôngs, soit 44 % des prévisions annuelles, en progression de 15,2 % sur un an. Le commerce extérieur a affiché une croissance soutenue, avec un volume d’échanges estimé à 344,2 milliards de dollars, en hausse de 24,2 %.
Les investissements continuent également de produire des résultats encourageants. Le taux de décaissement des investissements publics s’élève à 14,2 %, tandis que les flux d’investissements directs étrangers (IDE) ont fortement progressé, avec plus de 18,2 milliards de dollars enregistrés (+32 %) et 7,4 milliards effectivement décaissés (+9,8 %).
Dans les différents secteurs, l’agriculture demeure stable, l’industrie poursuit son développement, les services et le commerce maintiennent leur croissance et le tourisme continue de se redresser vigoureusement. Les projets d’infrastructures sont accélérés, tandis que les efforts en matière de transformation numérique, d’innovation et de développement scientifique se renforcent.
Cependant, le gouvernement a également souligné plusieurs défis. Les pressions sur la gestion macroéconomique restent importantes, notamment en ce qui concerne les taux d’intérêt, les taux de change et l’inflation. Les moteurs de croissance traditionnels n’ont pas encore pleinement exploité leur potentiel, tandis que les nouveaux leviers nécessitent du temps pour produire leurs effets. Par ailleurs, certaines lacunes persistent dans la décentralisation, ainsi que dans la rapidité d’élaboration des textes juridiques.
Face à ces enjeux, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité de poursuivre la réforme institutionnelle afin de lever les obstacles au développement. Il a appelé à renforcer la discipline dans l’élaboration des textes législatifs et réglementaires, à accélérer la révision des lois clés telles que celles relatives au budget de l’État, à l’investissement public, aux appels d’offres ou encore au foncier, et à améliorer la qualité du cadre juridique.
La réforme administrative demeure une priorité, avec l’objectif de simplifier davantage les procédures, de réduire les coûts pour les entreprises et de renforcer la décentralisation tout en garantissant un contrôle efficace. Les résultats de ces réformes devront servir de critères d’évaluation pour les ministères, les secteurs et les collectivités locales.
En matière de politique économique, le Premier ministre a demandé une mobilisation optimale de toutes les ressources afin de soutenir la croissance tout en assurant la stabilité macroéconomique. Le ministère des Finances a été chargé de coordonner, avec la Banque d’État et les autres institutions concernées, la mise en œuvre de solutions globales, ainsi que l’élaboration de scénarios d’adaptation face aux fluctuations économiques nationales et internationales.
Il a également été demandé d’améliorer les politiques fiscales et financières afin d’élargir l’assiette fiscale, de prévenir l’érosion des recettes et de renforcer la gestion des activités de commerce électronique transfrontalier. Le gouvernement entend parallèlement accélérer le développement des marchés financiers, notamment les marchés des capitaux, des obligations d’entreprises et des actifs numériques, tout en expérimentant de nouveaux modèles économiques.
Dans le domaine de l’investissement public, l’accent est mis sur l’accélération du décaissement des fonds, l’amélioration de l’efficacité des projets et le renforcement de la transparence afin de prévenir les pertes et la corruption. Les résultats du décaissement devront être publiés régulièrement pour garantir la responsabilité des acteurs concernés.
La politique monétaire devra être conduite de manière flexible afin de stabiliser les marchés financiers et monétaires, de garantir la liquidité du système bancaire et de faciliter l’accès au crédit pour les entreprises et les citoyens à des taux raisonnables.
Sur le plan sectoriel, le gouvernement a appelé à assurer la sécurité alimentaire, à promouvoir la consommation des produits agricoles et à renforcer la résilience face au changement climatique. Dans le secteur industriel et commercial, il est nécessaire d’élargir les marchés d’exportation, de stimuler la demande intérieure et de garantir la sécurité énergétique nationale.
Les infrastructures restent un axe stratégique, avec l’accélération de projets majeurs tels que l’aéroport international de Long Thành ou la préparation de la ligne ferroviaire à grande vitesse Nord-Sud. Le développement d’un marché immobilier sain et durable ainsi que la promotion du logement social figurent également parmi les priorités.
Dans le domaine des sciences et des technologies, le gouvernement entend accélérer la mise en œuvre des politiques en faveur de l’innovation, du numérique et de l’intelligence artificielle, tout en développant les infrastructures de données et en levant les obstacles liés à la connectivité.
Enfin, les questions sociales demeurent au cœur des politiques publiques, avec un accent particulier sur l’amélioration de la qualité de l’éducation et des services de santé, le renforcement de la protection sociale et l’attention portée aux populations vulnérables.
Le Premier ministre a également insisté sur le rôle de la discipline administrative, de la responsabilité des dirigeants et du renforcement des activités d’inspection afin de garantir une mise en œuvre efficace des politiques publiques. Il a appelé l’ensemble des ministères, secteurs et collectivités locales à faire preuve de détermination et de réactivité pour surmonter les difficultés et atteindre les objectifs fixés.
Dans un contexte international marqué par des incertitudes croissantes, le Vietnam entend ainsi consolider ses fondamentaux macroéconomiques tout en accélérant ses réformes structurelles, afin de maintenir une trajectoire de croissance rapide, durable et inclusive. - VNA