Hanoï (VNA) - La Chambre de Commerce et d'Industrie du Vietnam (VCCI) a organisé le 23 juillet à Hanoï un forum consacré aux solutions permettant de lever les obstacles dans le développement de sources de matériaux ligneux durables. L'objectif pour la filière est d'amorcer un virage stratégique : passer d'une croissance axée sur les volumes à un modèle fondé sur la qualité, la valeur ajoutée et la durabilité.
Le vice-président de la VCCI, Bui Trung Nghia, a rappelé qu'après près de trois décennies de développement, l'industrie vietnamienne de la transformation du bois est devenue un secteur d'exportation de premier plan, ayant généré plus de 17 milliards de dollars américains de recettes en 2025. Le Vietnam occupe ainsi le 5e rang mondial, le 2e en Asie et le 1er en Asie du Sud-Est pour les exportations de bois et de produits dérivés, une position solide pour bâtir un modèle industriel moderne, durable et créateur de valeur ajoutée.
Il a toutefois souligné que la croissance future ne reposera plus sur l'augmentation des volumes de production, mais devra être portée par une croissance de meilleure qualité, une productivité accrue et la capacité de s'adapter aux nouvelles exigences du marché. Le durcissement des réglementations en matière de déforestation, d'émissions de carbone et de traçabilité, conjugué à la tendance croissante à la consommation responsable, contraint l'industrie du bois à transformer son modèle de développement.
Pour atteindre l'objectif de 25 milliards de dollars d'exportations d'ici 2030, l'industrie doit s'orienter vers une gestion forestière durable, une plus grande autonomie en matières premières, la montée en gamme des chaînes de valeur et une utilisation plus rationnelle des ressources, a affirmé Bui Trung Nghia. Le responsable a ajouté qu'une chaîne d'approvisionnement durable et transparente est non seulement indispensable pour répondre aux normes des marchés exigeants, mais qu'elle permettra également aux entreprises de sécuriser leurs approvisionnements, de réduire leur dépendance aux importations, de renforcer leur compétitivité et d'accroître la valeur des produits transformés
Ngo Sy Hoai, vice-président et secrétaire général de l'Association du bois et des produits forestiers du Vietnam (VIFOREST), a déclaré que si le secteur forestier a réussi à étendre les surfaces de forêts plantées au cours des 30 dernières années, les trois prochaines décennies devraient être consacrées à l'amélioration de la qualité du bois et à la valorisation des matières premières.
Il est nécessaire de passer d'une logique de « planter plus pour récolter plus » à une logique de création de valeur ajoutée à partir d'une même surface forestière, grâce au développement de plantations de grands arbres, à l'application des sciences et des technologies et à l'amélioration des capacités de transformation, a-t-il déclaré.
Bui Thi Nha Trang, responsable de l'équipe Développement durable chez Control Union Vietnam, a indiqué que le commerce mondial des produits forestiers évoluait d'un modèle fondé sur la confiance à un modèle fondé sur les preuves. Les entreprises doivent désormais démontrer non seulement la légalité de leurs matériaux, mais aussi leur traçabilité, la gestion durable des forêts et le contrôle des émissions de carbone tout au long de la chaîne d'approvisionnement.
Au cours des échanges, les participants ont réaffirmé que l'avenir du secteur résidait dans la qualité des matériaux, l'innovation technologique et la transparence des chaînes d'approvisionnement, plutôt que dans l'extension continue des surfaces d'exploitation. La culture de bois de haute qualité, le recours à des variétés à haut rendement et la diffusion de pratiques forestières intelligentes ont été identifiés comme des leviers essentiels. Tous se sont accordés à dire que le cap des 25 milliards de dollars d'ici 2030 nécessitera une restructuration en profondeur de la filière forestière, orientée vers une croissance plus verte, décarbonée et durable plutôt qu'une simple augmentation de la production.
Pour lever les verrous actuels, Doan Van Tinh, président du conseil d'administration de MDF Mekong, a plaidé pour des ajustements politiques visant à encourager la transformation poussée du bois plutôt que l'exportation de matières premières. Il a également insisté sur l'urgence de maîtriser le coût des matières premières, de simplifier les procédures administratives liées à la foresterie et d'accroître les investissements dans la recherche et le développement de variétés forestières à haut rendement et de haute qualité, adaptées aux conditions locales et aux exigences de la transformation poussée. -VNA