Hanoï (VNA) – Dans le cadre de l’élaboration de la liste nationale des projets appelant des investissements directs étrangers (IDE) pour la période 2026-2030, le ministère de la Construction a soumis au ministère des Finances une proposition visant à y inscrire quatre grands projets ferroviaires.
Sur les 176 projets retenus dans cette liste, le ministère de la Construction propose d’intégrer quatre projets ferroviaires d’envergure nationale, conformément à la planification, aux stratégies et aux orientations de développement du secteur ferroviaire. Il s’agit des projets Bien Hoa-Vung Tau, Hô Chi Minh-Ville-Can Tho-Ca Mau, Mu Gia-Vung Ang et Thap Cham-Da Lat, représentant un investissement total estimé à plus de 445 000 milliards de dôngs (environ 17 milliards de dollars).
Chacun de ces projets, dont le coût d’investissement dépasse 25 000 milliards de dôngs, devrait être réalisé sous forme de partenariat public-privé (PPP).
Selon le ministère de la Construction, ces quatre projets s’inscrivent dans la planification nationale du secteur ferroviaire, les stratégies de développement des transports et la politique du gouvernement visant à mobiliser des ressources extrabudgétaires pour le développement des infrastructures.
L’accent mis sur le transport ferroviaire vise à développer un réseau moderne doté d’une plus grande capacité de transport, à réduire les coûts logistiques et à renforcer la connectivité interrégionale en reliant les centres économiques aux ports maritimes et aux postes-frontières internationaux.
Comme l’a souligné Nguyen Anh Dung, directeur adjoint du Département de la planification et des finances du ministère de la Construction, ces projets sont essentiels pour favoriser le transfert modal vers le rail, réduire la congestion routière, renforcer la sécurité des transports et diminuer les émissions de gaz à effet de serre, contribuant ainsi à l’objectif national de neutralité carbone.
Le choix du secteur ferroviaire pour attirer les investisseurs étrangers s’explique également par les limites propres aux autres modes de transport. Alors que les investissements routiers reposent principalement sur les financements publics et les acteurs nationaux, et que le secteur aérien est soumis à un plafond de 30 % pour la participation de capitaux étrangers pour des raisons liées à la sécurité nationale, le secteur ferroviaire offre un potentiel important pour de nouvelles formes de partenariats internationaux.
Toutefois, le bilan des années précédentes appelle à la prudence et à des réformes structurelles. Parmi les neuf grands projets d’infrastructures inscrits dans la liste pour la période 2021-2025, les résultats ont été mitigés, certains ayant été réorientés vers l’investissement public faute d’intérêt suffisant de la part du secteur privé.
Les principaux obstacles restent l’importance des capitaux nécessaires, les délais particulièrement longs de récupération des investissements et une rentabilité financière initiale souvent jugée insuffisante par les investisseurs internationaux.
Pour transformer ces orientations en réalisations concrètes, les experts du secteur, à l’instar de Tran Chung, président de l’Association des investisseurs dans le réseau routier du Vietnam (VARSI), soulignent la nécessité de perfectionner le cadre juridique afin de renforcer l’attractivité des projets réalisés sous forme de PPP.
Il est notamment indispensable d’améliorer les mécanismes de partage des risques entre l’État et les investisseurs. L’avenir du réseau ferroviaire vietnamien dépendra ainsi de la capacité du gouvernement à présenter des projets de grande qualité, assortis de mécanismes et de garanties financières clairs, susceptibles de rassurer et d’attirer les grands fonds d’investissement ainsi que les institutions financières internationales, a-t-il ajouté.- VNA