Da Nang, 25 août (VNA) – La réunion plénière de 2026 du Réseau de justice d’Asie du Sud-Est (SEAJust) s’est ouverte le 25 août dans la ville de Da Nang, au Centre du Vietnam, réunissant des représentants de 22 pays membres, de réseaux judiciaires et de partenaires internationaux afin de renforcer la coopération dans la lutte contre une criminalité organisée transnationale de plus en plus complexe.
Cette réunion de trois jours est organisée conjointement par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et le Parquet populaire suprême du Vietnam, avec le soutien financier du gouvernement de la République de Corée.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le vice-procureur général du Parquet populaire suprême du Vietnam, Nguyen Quang Dung, a souligné que la criminalité transnationale était devenue de plus en plus complexe ces dernières années, avec des méthodes plus sophistiquées et une portée opérationnelle accrue.
Les criminels exploitent les avancées technologiques et la transformation numérique pour commettre des infractions transfrontalières, notamment la criminalité organisée, la cybercriminalité, le trafic de drogue, le blanchiment d’argent, la traite des êtres humains et la fraude transnationale, a-t-il précisé.
Nguyen Quang Dung a insisté sur le fait qu’aucun pays ne pouvait relever seul ces défis transfrontaliers, appelant à renforcer le partage d’informations, la coordination en matière d’enquête, de poursuites et de jugement, ainsi que l’entraide judiciaire dans les affaires pénales.
Il a noté que les demandes d’entraide judiciaire en matière pénale augmentaient tant en volume qu’en complexité. Elles portent désormais non seulement sur la signification d’actes, le recueil de déclarations et de preuves, mais aussi sur les preuves électroniques et les données numériques, ainsi que sur la localisation et le recouvrement des avoirs criminels et des flux financiers.
Cela nécessite, selon lui, de renouveler les méthodes et les mécanismes de coopération afin de garantir une entraide judiciaire plus rapide, substantielle et efficace.
Delphine Schantz, représentante régionale de l’ONUDC pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique, a souligné l’évolution rapide de la criminalité organisée en Asie du Sud-Est et l’urgence de renforcer la coopération transfrontalière.
Selon la dernière évaluation de l’ONUDC sur les menaces liées à la criminalité organisée transnationale en Asie du Sud-Est, les réseaux criminels sont de plus en plus interconnectés entre les pays et les marchés illicites. La fraude facilitée par le cyberespace, la traite des êtres humains, le blanchiment d’argent, les jeux d’argent en ligne et d’autres infractions sont liés par des infrastructures, des technologies et des circuits financiers communs.
À elle seule, la fraude a engendré des pertes estimées entre 88,3 et 114,1 milliards de dollars en Asie de l’Est et du Sud-Est, en Australie et en Nouvelle-Zélande en 2025. La traite des êtres humains à des fins d’activités criminelles forcées prend également une dimension mondiale croissante : des victimes et des personnes contraintes de participer à ces opérations, originaires d’au moins 80 pays et territoires, ont été identifiées dans des centres d’escroquerie répartis dans toute la région.
Delphine Schantz a souligné qu’à mesure que les réseaux criminels gagnent en interconnexion, les réponses doivent l’être tout autant. Le recueil transfrontalier d’éléments de preuve, la localisation et le recouvrement des avoirs criminels, l’identification et l’arrestation des suspects, ainsi que l’assistance dans le cadre des procédures pénales constituent autant d’éléments essentiels pour traduire en justice les criminels transnationaux.
Selon l’ONUDC, depuis sa création en 2020, le réseau SEAJust a facilité la coopération dans plus de 300 dossiers d’entraide judiciaire en matière pénale et d’extradition, dont plus de 125 dossiers traités en 2025. Parti de huit membres fondateurs, le réseau compte désormais 24 membres répartis sur plus de quatre continents. Le Canada et le Kazakhstan ont rejoint le réseau en tant que nouveaux membres lors de la réunion plénière de cette année.
Les participants ont échangé des informations sur les évolutions du droit international en matière de coopération pénale, le système d’entraide judiciaire du Kazakhstan et les initiatives de l’ASEAN, notamment le Traité de l’ASEAN sur l’extradition. Ils ont également fait le point sur les activités de réseaux partenaires tels que le Réseau judiciaire européen (RJE), Eurojust, GlobE et ARIN-AP.
La réunion plénière de 2026 de SEAJust réaffirme l’engagement commun à renforcer la coopération en matière de justice pénale face à une criminalité organisée de plus en plus interconnectée et transfrontalière, contrib