Hanoi (VNA) – Alors que le tourisme vert et les expériences locales authentiques gagnent en popularité, le delta du Mékong, surnommé le delta des neuf dragons en raison des neuf estuaires à la forme sinueuse par lesquels il se jette dans la Mer Orientale, se trouve face à une opportunité unique de se développer.
Cependant, transformer ce potentiel en un véritable avantage concurrentiel exige une stratégie de développement cohérente, durable et innovante.
Enrichie par les alluvions du Mékong, la région se distingue par son dense réseau de canaux, ses vergers des quatre saisons, ses parcs nationaux riches en biodiversité et ses festivals folkloriques animés.
Ces atouts sont inestimables pour développer une offre touristique diversifiée, allant de l’écotourisme axé sur les vergers et les expériences fluviales au tourisme culturel, festif, de villégiature et de conservation de la nature.
Suite à une restructuration administrative, les 13 anciennes localités ont été regroupées en cinq nouvelles unités (la ville de Cân Tho et les provinces de Vinh Long, Dông Thap, An Giang et Cà Mau), ouvrant ainsi des opportunités de transformation pour le tourisme régional avec la création d’espaces intégrés reliant montagnes, forêts, plaines, rivières et îles.
Non seulement le delta du Mékong est le plus grand grenier à riz du pays, mais il constitue également un trésor inestimable de tourisme vert dont l’attrait est sans égal au monde, a souligné Duong Hoàng Sum, directeur du Département de la culture, des sports et du tourisme de Vinh Long et vice-président de l’Association du tourisme du delta du Mékong.
Les excursions à travers les marchés flottants animés, les forêts luxuriantes de melaleuca et les pagodes ancestrales, conjuguées à la chaleur et à l’hospitalité de la population locale, offrent des expériences uniques et contribuent à positionner la région sur la carte touristique mondiale, a-t-il ajouté.
Conformément à la décision n°616/QD-TTg du Premier ministre, en date du 4 avril 2026, qui approuve les ajustements apportés au plan directeur du delta du Mékong pour la période 2021-2030 avec une vision à l’horizon 2050, la région est appelée à devenir un pôle écotouristique et culturel distinctif au sein de la sous-région du Mékong.
Trois pôles de croissance clés ont été identifiés : Cân Tho (tourisme MICE et tourisme fluvial urbain), An Giang (tourisme spirituel, écologique et frontalier) et Cà Mau (tourisme marin, de mangrove et d’énergies renouvelables).
Sur cette base, des itinéraires touristiques alignés sur les corridors économiques seront développés. L’itinéraire Cân Tho-Vinh Long-Dông Thap-An Giang privilégiera le tourisme écologique, horticole, agricole et fluvial.
L’itinéraire à la frontière du Sud-Ouest (An Giang-Dông Thap-Cambodge) mettra l’accent sur le tourisme spirituel, le shopping et le commerce transfrontalier, avec une connectivité internationale via les postes frontières de Tinh Biên et Dinh Bà.
D’autres itinéraires côtiers dans le Sud-Ouest (Cà Mau-Hon Khoai-Phu Quôc) consacrés à l’écotourisme marin, à la recherche sur la biodiversité et au tourisme de villégiature haut de gamme ; des circuits fluviaux intrarégionaux reliant les marchés flottants, les villages de métiers et les sites patrimoniaux de Cân Tho-Vinh Long-Dông Thap-An Giang ; et l’itinéraire international du Mékong (Cân Tho-Phnom Penh-Bangkok), et les itinéraires interrégionaux reliant Hô Chi Minh-Ville, Cân Tho, Ca Mau et Phu Quôc.
Pour faire du delta du Mékong un moteur de croissance majeur, les experts insistent sur la nécessité de lever les principaux obstacles.
Nguyên Thi Hoa Mai, directrice adjointe de l’Autorité nationale du tourisme du Vietnam (VNAT), a déclaré que si la région possède de solides atouts écoculturels, son image de marque reste faible, ses produits sont répétitifs et manquent de spécificité, et sa valeur économique demeure limitée. Les visiteurs ont tendance à privilégier les courts séjours et les expériences superficielles, ce qui explique le faible taux de retour.
Elle a souligné la nécessité d’innover en proposant des produits touristiques écologiques et durables, en passant d’offres isolées à un écosystème touristique distinctif centré sur l’expérience du visiteur.
Parallèlement, face à l’intensification de la concurrence pour attirer les touristes internationaux, la “Terre des neuf dragons” devrait mener des études approfondies de segmentation du marché et fixer des objectifs clairs en matière d’arrivées internationales d’ici 2030, afin de mettre en œuvre des stratégies de promotion plus ciblées.
Nguyên Manh Than, président de l’Association du tourisme de Hanoi, a souligné les disparités de ressources entre les localités, insistant sur la nécessité de renforcer les liens intra-régionaux, la promotion conjointe, les échanges de visiteurs et le développement collaboratif de produits uniques et émotionnellement engageants.
Les facteurs humains doivent être prioritaires dans le développement de produits, une attitude amicale et d’excellentes compétences en matière de service sont essentielles pour fidéliser et impressionner les touristes, a-t-il indiqué.
À long terme, une coopération multilatérale renforcée et un rôle plus actif des associations touristiques seront indispensables pour améliorer la qualité des services et l’expérience globale, permettant ainsi au delta du Mékong de consolider sa place sur la carte touristique nationale et régionale. – VNA