Hanoï (VNA) - Des scientifiques de l’Académie des sciences et des technologies du Vietnam ont récemment mis au point avec succès la nanovitexine à partir des téguments de haricot mungo. Cette forme nanométrique présente des performances supérieures à celles de la vitexine conventionnelle et ouvre de nouvelles perspectives pour soutenir la prévention et le traitement du diabète.
Selon la Fédération internationale du diabète, plus de 11 % des adultes dans le monde vivent avec cette maladie en 2025. Considéré comme un « tueur silencieux », le diabète peut entraîner de graves complications touchant notamment le système cardiovasculaire, le foie et les yeux.
Bien que des médicaments spécifiques soient disponibles, leur coût élevé et leurs effets secondaires constituent des obstacles importants, en particulier pour les patients à faibles revenus. Par ailleurs, les traitements administrés par voie orale restent privilégiés en raison de leur simplicité d’utilisation et d’une meilleure observance thérapeutique.
Face à cette situation, les chercheurs s’intéressent aux substances bioactives naturelles issues des plantes. Cependant, nombre d’entre elles présentent des limites telles qu’une faible solubilité dans l’eau, une stabilité réduite dans l’estomac et une faible biodisponibilité, ce qui restreint leur efficacité thérapeutique.
La vitexine, composée naturelle présente notamment dans le haricot mungo, possède diverses propriétés pharmacologiques, dont des effets bénéfiques dans le traitement du diabète. Toutefois, son absorption intestinale demeure très faible, ce qui limite son action lorsqu’elle est administrée par voie orale.
Pour remédier à ces contraintes, des chercheurs de l’Institut de biologie et de l’Institut des sciences des matériaux ont appliqué la nanotechnologie afin de produire la vitexine sous forme de nanoparticules. Cette approche améliore sa solubilité, sa stabilité et son absorption par l’organisme.
Selon la docteure Ngo Thi Hoai Thu, responsable du projet, les systèmes nanométriques d’administration permettent d’augmenter la biodisponibilité des substances peu solubles, de renforcer leur résistance aux facteurs environnementaux et d’améliorer leurs effets pharmacologiques. Avec une taille comprise entre 50 et 70 nanomètres, la nanovitexine pénètre plus facilement dans les cellules et contribue à protéger celles-ci contre le stress oxydatif grâce à son activité antioxydante.
La nanovitexine se distingue également par sa capacité à inhiber certaines enzymes impliquées dans la dégradation de l’amidon, favorisant ainsi un meilleur contrôle de la glycémie tout en limitant les effets secondaires digestifs. Elle est considérée comme une matière première prometteuse pour le développement de produits de soutien destinés aux personnes atteintes de diabète de type 2. -VNA