Hanoi (VNA) – Face aux inquiétudes croissantes suscitées par l’évolution de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda, le ministère de la Santé intensifie la surveillance et les mesures de prévention afin d’empêcher l’entrée du virus au Vietnam.
Le ministère de la Santé a tenu vendredi 22 mai une réunion en ligne sur la surveillance et la prévention d’Ebola, réunissant les agences de santé publique et les directions locales de la santé à travers le pays.
Selon les représentants de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Vietnam, la situation concernant Ebola reste complexe en République démocratique du Congo et en Ouganda.
L’OMS a évalué le risque de propagation comme étant élevé dans les pays touchés et au sein de la région, mais faible à l’échelle mondiale, y compris au Vietnam, tout en exhortant les pays à maintenir des mesures de prévention proactives.
Au Congo, quatre agents de santé de la province d’Ituri sont décédés du virus Ebola de souche Bundibugyo le 5 mai. Au 18 mai, les autorités avaient recensé 516 cas suspects, dont 131 décès dans les provinces d’Ituri et du Nord-Kivu.
L’Ouganda a également confirmé deux cas importés de la République démocratique du Congo, dont celui d’un homme âgé décédé le 14 mai après avoir développé des symptômes graves.
Hoàng Minh Duc, directeur de l’Administration vietnamienne de la prévention des maladies, a déclaré qu’Ebola est une maladie infectieuse du groupe A extrêmement dangereuse, capable de se propager rapidement, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 90 %.
Le virus se transmet des animaux sauvages, tels que les chauves-souris frugivores, les porcs-épics et les primates, à l’homme, par contact direct avec du sang, des fluides corporels ou des objets contaminés.
Parmi les six souches du genre Orthoebolavirus, les épidémies actuelles au Congo et en Ouganda sont liées à la souche Bundibugyo. Cependant, il n’existe actuellement de vaccins et de traitements spécifiques que pour la souche Ebola, et non pour les souches Sudan ou Bundibugyo.
Le Vietnam n’a enregistré aucun cas d’Ebola à ce jour. Bien que le risque d’une épidémie sur son territoire demeure faible, les autorités ont averti que la possibilité d’infections importées par des voyageurs en provenance de zones touchées ne peut être exclue.
Suite à l’alerte de l’OMS, le ministère de la Santé a demandé aux autorités locales de renforcer la surveillance des voyageurs arrivant du Vietnam, en particulier ceux en provenance des zones touchées, tout en préparant des équipes d’intervention rapide et des plans de réponse aux épidémies.
Des institutions de référence, telles que l’Institut national d’hygiène et d’épidémiologie et l’Institut Pasteur à Hô Chi Minh-Ville, sont désormais en mesure de réaliser des tests de dépistage d’Ebola par PCR en temps réel et séquençage génétique dans des conditions de biosécurité de niveau III.
Des réactifs de diagnostic spécialisés sont également en cours d’acquisition, conformément aux directives de l’OMS, et devraient arriver au Vietnam d’ici sept à dix jours.
Le ministère poursuit sa coordination avec l’OMS et les organisations internationales afin de suivre l’évolution de l’épidémie et de renforcer la formation des autorités locales en matière de surveillance, de dépistage et de contrôle des infections.
Les autorités sanitaires ont indiqué que les symptômes courants d’Ebola incluent fièvre, fatigue, maux de tête, douleurs musculaires, maux de gorge, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales et éruptions cutanées, avec parfois des hémorragies. La période d’incubation varie de deux à 21 jours.
Les personnes revenant de zones touchées par l’épidémie ont été invitées à surveiller leur santé et à consulter rapidement un médecin en cas d’apparition de symptômes.
À l’issue de la réunion, la vice-ministre de la Santé, Nguyên Thi Liên Huong, a demandé aux autorités d’examiner les informations relatives à l’épidémie, d’élaborer des scénarios d’intervention complets et de renforcer la préparation des hôpitaux, le contrôle aux frontières et les capacités d’intervention rapide.
Les instituts spécialisés ont également été chargés d’organiser des inspections, de mettre à jour les recommandations de l’OMS et de mener des programmes de formation afin de garantir la préparation à tous les scénarios d’épidémie possibles. – VNA
Déclaration sanitaire pour certains voyageurs
La déclaration sanitaire devra être effectuée dans les sept jours précédant l’entrée, la sortie ou le transit via un poste-frontière vietnamien.