Tout en maintenant leurs activités de production et de commerce, les entreprises de construction navale vietnamiennes appliquent actuellement les mesures de restructuration prévues par le gouvernement. Dans cette période de transition, ces structures espèrent attirer des investisseurs stratégiques potentiels et conserver leurs usines afin de préserver le développement de l'économie maritime, en lien avec la défense et la sécurité nationale.
Quelles options viables pour les usines ?
Parmi les unités de la Corporation de l'industrie navale (SBIC) concernées par la résolution n° 220 du gouvernement, la société à responsabilité limitée de construction navale Pha Rung a achevé les étapes de vérification, d'inventaire des actifs et de publication de la liste des créanciers.
Selon son directeur général, Vu Huu Chien, l'entreprise maintient ses activités de réparation et possède plusieurs contrats de construction de navires pour l'exportation. Il souligne que le processus de restructuration ne doit pas interrompre la production de l'usine afin de garantir les emplois et la stabilité sociale locale. Les contrats de Pha Rung étant destinés à l'exportation, toute perturbation pourrait entraîner des retards de livraison, des risques d'annulation et des pénalités financières, nuisant à la réputation internationale du secteur vietnamien.
Le responsable recommande ainsi de traiter les actifs sous la forme de lots homogènes plutôt que de les diviser, afin d'éviter la dépréciation et la rupture des lignes de production, maximisant ainsi la valeur de récupération pour l'État et les créanciers.
De son côté, la société de construction navale Ha Long exécute actuellement 19 commandes de nouveaux navires. Son directeur général, Nguyen Van Manh, indique qu'en cas de déplacement forcé de l'usine, l'ensemble des infrastructures souterraines et de surface (quais, cales de halage, ateliers, systèmes de levage) ne recevrait qu'une faible compensation financière basée sur la valeur de la ferraille.
Ce déplacement engendrerait également des coûts de démolition supplémentaires et une perte importante pour l'État par rapport à une vente groupée des actifs de l'entreprise. Selon lui, le maintien des activités de l'usine à son emplacement actuel préserve la capacité navale nationale et l'économie de la province de Quang Ninh.
Le souhait de choisir des repreneurs adaptés
La situation de la société de construction navale Bach Dang s'avère plus complexe en raison des risques liés à un éventuel déplacement de ses installations. Son directeur général adjoint, Nguyen Ba Son, admet ce désavantage par rapport aux autres unités de la SBIC. Néanmoins, il réaffirme qu'avec le maintien de son terrain, de ses cales de halage et de ses équipements, l'entreprise possède la main-d'œuvre nécessaire pour poursuivre la construction de navires et relancer sa production si elle bénéficie d'un appui financier.
Le choix des emplacements dépend des plans d'aménagement des autorités locales. Nguyen Van Manh, directeur de société de construction navale Ha Long précise qu'une vente d'actifs immobiliers non associée aux droits d'utilisation des terrains en ferait perdre de sa valeur, le pouvoir de décision final revenant aux autorités provinciales. La société Ha Long demande donc une évaluation approfondie des impacts économiques avant de fixer le plan d'aménagement global et souhaite rester sur son site actuel, conformément aux orientations de développement du secteur.
Pour mener avec succès la restructuration, la société de construction navale Pha Rung sollicite l'appui des tribunaux populaires pour autoriser la vente d'actifs par lots. Elle demande également à la SBIC et au ministère de la Construction de l'aider à trouver des investisseurs repreneurs. Enfin, elle sollicite le soutien du Comité populaire de la ville de Haiphong pour simplifier les formalités foncières et environnementales afin de faciliter l'installation des futurs partenaires.
Les dirigeants des chantiers navals membres de la SBIC s'accordent sur le fait que l'État doit privilégier des investisseurs dotés de capacités financières solides et d'une expérience approfondie dans la construction navale. Ces partenaires devront valoriser la main-d'œuvre existante, présenter une stratégie commerciale claire adaptée aux sites actuels, accepter un calendrier de modernisation des infrastructures et s'engager à accompagner le secteur sur le long terme sans chercher de profits immédiats par la revente d'actifs. -VNA