HanoĂŻ (VNA) - Identifier clairement les manĆuvres exploitant le prĂ©texte de la "libertĂ© religieuse" ne vise ni Ă attiser les confrontations ni Ă nier les diffĂ©rences, mais Ă replacer cette question Ă sa juste place, dans le contexte global de l'histoire, de la culture et du cadre juridique propres au Vietnam.
Ces derniers temps, le rapport actualisĂ© de la Commission amĂ©ricaine sur la libertĂ© religieuse internationale (USCIRF) continue de formuler des Ă©valuations unilatĂ©rales de la situation de la libertĂ© religieuse au Vietnam. Une fois encore, une notion porteuse de valeurs humanistes universelles se voit dĂ©formĂ©e, politisĂ©e et instrumentalisĂ©e Ă des fins de pression. Toutefois, se limiter Ă l'analyse d'un seul rapport ou d'une organisation isolĂ©e ne suffit pas Ă apprĂ©hender pleinement la rĂ©alitĂ©. Les faits montrent qu'au-delĂ de ces jugements prĂ©sentĂ©s sous couvert de "droits de l'homme", se dĂ©ploie depuis de nombreuses annĂ©es toute une sĂ©rie de procĂ©dĂ©s dont l'objectif nâest pas la protection de la libertĂ© de croyance et de religion, mais la dĂ©stabilisation sociale, la division du bloc de la grande union nationale et l'atteinte Ă l'image du Vietnam sur la scĂšne internationale.
Le Vietnam est un pays multiconfessionnel et multiconvictionnel, oĂč les religions coexistent de maniĂšre pacifique, sur un pied d'Ă©galitĂ© devant la loi, et sont intimement liĂ©es Ă la nation tout au long de son histoire de construction et de dĂ©fense du pays. Le bouddhisme, le catholicisme, le protestantisme, le caodaĂŻsme, le bouddhisme Hoa Hao, l'islam et d'autres religions disposent tous d'un espace de pratique stable et sont protĂ©gĂ©s par la lĂ©gislation. La libertĂ© de croyance et de religion n'est pas un simple slogan : il s'agit d'un droit constitutionnel, institutionnalisĂ© par la Loi sur la croyance et la religion de 2016 et garanti par une vie religieuse riche et dynamique Ă travers tout le pays. Cette rĂ©alitĂ© objective est incontestable.
Pourtant, c'est prĂ©cisĂ©ment Ă partir de ce tableau harmonieux que les forces hostiles cherchent sans relĂąche Ă instrumentaliser la "libertĂ© religieuse" au service d'arriĂšre-pensĂ©es politiques. Une manĆuvre courante consiste Ă dĂ©former et Ă travestir les politiques et la lĂ©gislation du Parti et de l'Ătat en matiĂšre de croyance et de religion, en s'appuyant sur certains individus, organisations et forums internationaux. Sous couvert de "droits de l'homme", certains rapports tendent Ă absolutiser la libertĂ© religieuse, en la dissociant dĂ©libĂ©rĂ©ment du cadre juridique et de l'ordre social. Les mesures de gestion Ă©tatique, pourtant destinĂ©es Ă garantir les droits et intĂ©rĂȘts lĂ©gitimes de la collectivitĂ©, sont alors interprĂ©tĂ©es comme des "ingĂ©rences", des "restrictions" ou une prĂ©tendue "rĂ©pression".
Les rapports annuels de l'USCIRF en constituent une illustration manifeste. Depuis plusieurs annĂ©es, ils s'appuient essentiellement sur des sources Ă©manant d'organisations d'opposition en exil et de certaines personnes se prĂ©sentant comme des "militants religieux". Ces documents reflĂštent souvent une rĂ©alitĂ© dĂ©formĂ©e, interprĂ©tant les phĂ©nomĂšnes religieux au Vietnam Ă travers un prisme subjectif et empreint de prĂ©jugĂ©s. Bien que ces allĂ©gations aient Ă©tĂ© Ă maintes reprises rĂ©futĂ©es publiquement par le Vietnam, elles continuent d'ĂȘtre reprises de maniĂšre quasi mĂ©canique, contribuant Ă forger une image biaisĂ©e de la vie religieuse auprĂšs de publics insuffisamment informĂ©s.
Une autre manĆuvre consiste Ă exagĂ©rer et Ă amplifier des divergences ou des frictions ponctuelles au sein des communautĂ©s religieuses ou entre celles-ci et les autoritĂ©s, dans le but de saper le bloc de grande union nationale. Des incidents isolĂ©s dans la pratique religieuse locale ou certaines limites dans la gestion administrative sont sortis de leur contexte et prĂ©sentĂ©s comme des "conflits religieux" ou des actes de "discrimination". Les questions fonciĂšres liĂ©es Ă certains Ă©tablissements religieux sont ainsi frĂ©quemment transformĂ©es, Ă partir de diffĂ©rends administratifs ou juridiques, en rĂ©cits de "confiscation des terres religieuses" ou de "rĂ©pression des fidĂšles", afin d'inciter Ă l'opposition entre croyants et autoritĂ©s. Or, les organismes compĂ©tents ont, Ă plusieurs reprises, rendu publics les dossiers juridiques, engagĂ© le dialogue et traitĂ© ces affaires conformĂ©ment Ă la loi.
Plus prĂ©occupant encore, dans certaines zones stratĂ©giques sur le plan de la dĂ©fense et de la sĂ©curitĂ© nationale, oĂč vivent de nombreuses minoritĂ©s ethniques, des Ă©lĂ©ments rĂ©actionnaires exploitent la religion pour attiser des idĂ©ologies sĂ©paratistes et autonomistes. Sous le prĂ©texte de la "libertĂ© religieuse" et du "droit des peuples Ă disposer d'eux-mĂȘmes", ils y greffent des objectifs politiques extrĂ©mistes, nourrissant des illusions autour de prĂ©tendus "Ătats" ou "religions" indĂ©pendants afin de sĂ©duire des personnes vulnĂ©rables et mal informĂ©es. Des manĆuvres telles que les tentatives de crĂ©ation d'un prĂ©tendu "Ătat DĂ©ga" dans les Hauts Plateaux du Centre, la promotion d'une idĂ©ologie de "l'Ătat Hmong" dans le Nord-Ouest ou la prĂ©tendue restauration du "royaume de Champa" sont le rĂ©sultat d'un long processus de subversion, organisĂ© et soutenu de l'extĂ©rieur. L'attentat terroriste survenu Ă Dak Lak le 11 juin 2023 constitue une illustration tragique des consĂ©quences de l'instrumentalisation et de la radicalisation de la religion Ă des fins politiques.
Une autre tactique consiste Ă "religioniser" des problĂšmes socio-Ă©conomiques ou des infractions individuelles. Lorsqu'une personne se rĂ©clamant d'une religion enfreint la loi et est sanctionnĂ©e, les forces hostiles dĂ©noncent aussitĂŽt une prĂ©tendue "arrestation de fidĂšles" ou une "rĂ©pression religieuse", assimilant dĂ©libĂ©rĂ©ment des actes individuels Ă l'ensemble d'une communautĂ© confessionnelle. De nombreux cas sont ainsi qualifiĂ©s de "prisonniers religieux" par l'occultation volontaire du contexte juridique et de la nature rĂ©elle des violations, au prix d'un dĂ©tournement manifeste des concepts et dâune dĂ©formation des politiques vietnamiennes.
ParallĂšlement, la crĂ©ation de groupes ou de sectes se dissimulant derriĂšre l'apparence de la religion pour recruter et perturber l'ordre social constitue Ă©galement un danger sĂ©rieux. Dans certaines provinces montagneuses du Nord, telles que LĂ o Cai, DiĂȘn BiĂȘn ou HĂ Giang, des groupes non reconnus par la loi ont exploitĂ© la crĂ©dulitĂ© d'une partie de la population pour diffuser des croyances superstitieuses, dĂ©nigrer le travail productif, provoquer des ruptures familiales et troubler la cohĂ©sion communautaire. Lorsque les autoritĂ©s interviennent conformĂ©ment Ă la loi, ces actions sont aussitĂŽt dĂ©formĂ©es et prĂ©sentĂ©es comme une "rĂ©pression religieuse", occultant les risques rĂ©els que ces dĂ©rives font peser sur la sociĂ©tĂ©.
Identifier lucidement les manĆuvres exploitant l'argument sur la "libertĂ© religieuse" est donc une exigence nĂ©cessaire pour dĂ©fendre la vĂ©ritĂ©, prĂ©server la grande union nationale et garantir un environnement religieux sain. DĂšs lors que la vie religieuse est examinĂ©e de façon globale et objective, en tenant compte du contexte historique, culturel et juridique du Vietnam, les arguments dĂ©formĂ©s, mĂȘme invoquant les "droits de l'homme", apparaissent en dĂ©calage avec la rĂ©alitĂ© d'une vie religieuse pacifique et inclusive dans le pays. -VNA
đ Ădito: La "libertĂ© de religion" ne doit pas ĂȘtre politisĂ©e
Il est aisĂ© de constater le ton dĂ©passĂ© de ce rapport, fondĂ© sur des arguments non Ă©tayĂ©s, des prĂ©jugĂ©s tenaces et des interprĂ©tations imposĂ©es concernant la libertĂ© de religion au Vietnam. Ce nâest dâailleurs pas la premiĂšre fois que les conclusions de lâorganisation rĂ©vĂšlent de flagrantes lacunes en matiĂšre dâobjectivitĂ© et de mĂ©thodologie, soulevant des questions quant aux motivations politiques qui sous-tendent ce qui est prĂ©sentĂ© comme une Ă©valuation des droits humains.