Hanoi (VNA) – De la demande de visas électroniques et de l’inscription à l’identification numérique jusqu’à l’accès aux services publics en ligne, les étrangers au Vietnam bénéficient d’une expérience de plus en plus pratique à mesure que le pays progresse dans sa transformation numérique.
Au-delà de la simplification des démarches administratives, ces évolutions témoignent des efforts du Vietnam pour bâtir un écosystème numérique intégré et centré sur l’usager, améliorant ainsi la qualité des services tout en renforçant l’attractivité du pays pour l’investissement, les études, le travail et le tourisme.
La transformation numérique vue à travers l’expérience des étrangers
Du point de vue des étrangers, la transformation numérique du Vietnam se traduit non seulement par la multiplication des plateformes en ligne et des services publics, mais aussi par une simplification et une plus grande commodité dans la gestion des démarches administratives quotidiennes.
Csaba Bundik, ancien directeur d’EuroCham Vietnam, qui vit dans le pays depuis près de vingt ans, a qualifié l’introduction de l’identification électronique de niveau 2 pour les étrangers d’étape particulièrement marquante pour ceux qui y résident à long terme.
Il a souligné qu’auparavant, même les démarches administratives courantes obligeaient les étrangers à se munir de leur passeport, à préparer de multiples copies de documents et à traiter avec différents organismes.
La mise en place d’une identité numérique unifiée pour les services publics, les transactions bancaires, les contrats de location et les démarches liées à la résidence simplifierait considérablement les procédures. Cela permettrait un gain de temps considérable ; or, que ce soit dans le monde des affaires ou dans la vie quotidienne, le temps, c’est de l’argent, a-t-il souligné.
Ollie Arci, rédacteur en chef au sein d’un cabinet international de conseil en gestion des risques disposant d’un bureau à Hanoi, a également relevé des évolutions majeures dans la transformation numérique du Vietnam du point de vue de l’utilisateur. Il s’est dit très impressionné par la rapidité avec laquelle le pays passe de systèmes de gestion sur support papier à des plateformes numériques.
Selon Ollie Arci, le déploiement de l’application VNeID pour les étrangers s’est déroulé en douleur; parallèlement, les paiements par QR code favorisent l’avènement d’une société sans espèces, tandis que le système eTax permet aux usagers de consulter les informations relatives à leur impôt sur le revenu sur une plateforme unique. Ces changements témoignent du fait que la transformation numérique dépasse la simple numérisation des procédures pour s’orienter vers une prestation de services plus pratique et centrée sur l’utilisateur.
Connecter les plateformes et parachever l’écosystème numérique
Plus d’un an après la mise en œuvre de la résolution n° 57 du Politburo sur les percées dans le développement de la science, de la technologie, l’innovation et la transformation numérique nationale, plusieurs modèles de transformation numérique ont donné des résultats positifs.
Dans le cadre du « Projet 06 », appuyé par la base de données nationale sur la population et l’application VNeID, plus de 71 millions de comptes ont été activés, répondant aux besoins de la vie quotidienne. Les réseaux d’interconnexion sécurisés et les plateformes numériques partagées ont achevé à 98 % la mise en place de leur infrastructure de connectivité, tandis que divers modèles d’innovation tirant parti des atouts locaux sont en cours de déploiement à plus grande échelle.
Ces premiers résultats ont également été salués par la communauté internationale. Julian Gorman, directeur régional de la GSMA pour l’Asie-Pacifique, a souligné que le principal facteur de différenciation du Vietnam réside dans l’importance accordée à l’humain. L’inclusion numérique, a-t-il précisé, n’est pas envisagée comme une simple question sociale annexe, mais comme une stratégie économique fondamentale.
Le développement de compétences numériques avancées et de capacités en matière d’IA constituera la prochaine étape clé, tandis que les fondations numériques existantes confèrent au Vietnam un avantage pour réussir sa transformation. Bien qu’ils reconnaissent les progrès du Vietnam en matière de transformation numérique, de nombreux étrangers résidant dans le pays estiment que la numérisation des services individuels ne constitue qu’une première étape.
Ce qu’ils attendent, c’est un écosystème numérique parfaitement interconnecté, où une identité électronique unique permet aux utilisateurs d’accéder aux services et d’effectuer des transactions de manière pratique et sécurisée.
Pour Csaba Bundik, le système de visa électronique (e-visa) figure parmi les réformes les plus visibles : il facilite la planification des voyages pour les visiteurs internationaux, réduit la nécessité de se rendre dans les ambassades et renforce l’image positive du Vietnam. Toutefois, il souligne que si l’e-visa peut être perçu comme une « porte d’entrée » très pratique, l’ensemble du système sous-jacent doit également fonctionner de manière efficace et prévisible.
Une fois arrivés au Vietnam, les investisseurs, experts et travailleurs internationaux doivent encore accomplir de nombreuses démarches liées à la résidence, aux permis de travail, aux comptes bancaires, à l’enregistrement des entreprises et aux obligations fiscales. Par conséquent, l’attractivité de l’environnement d’investissement ne dépend pas seulement de la simplicité d’une procédure unique, mais aussi du bon fonctionnement de toute la chaîne de services.
Selon Ollie Arci, l’obstacle actuel ne réside pas dans un manque de plateformes numériques, mais dans leur connectivité limitée. L’application VNeID n’affiche pour l’instant que des informations de base pour les étrangers et n’est pas encore intégrée de manière fluide aux services tels que la fiscalité, les opérations bancaires, la résidence, l’immigration ou les permis de conduire. Par ailleurs, bien que le système eTax soit très utile, son interface n’est actuellement disponible qu’en vietnamien. Il confie avoir du mal à trouver les sections ou les informations nécessaires, car l’ensemble du système est exclusivement en vietnamien.
Pour les étrangers ayant directement utilisé des services numériques au Vietnam, une plateforme moderne doit non seulement offrir de multiples fonctionnalités, mais aussi garantir une interopérabilité fluide des données entre les différentes administrations.
Csaba Bundik a souligné que si les données ne sont pas interconnectées, ou si une erreur unique dans une base de données perturbe plusieurs services, la technologie pourrait engendrer de nouveaux désagréments. Outre la cybersécurité, a-t-il ajouté, le Vietnam devrait continuer à améliorer l’interopérabilité des données, à étendre le soutien multilingue et à maintenir des mécanismes d’assistance en cas de problèmes liés aux procédures numériques.
La transformation numérique améliore non seulement la qualité des services publics, mais crée également une dynamique pour de nouvelles approches de la gouvernance nationale. La professeure Tao Yitao, de l’Université de Shenzhen (Chine), a affirmé que la technologie numérique peut aider à surmonter les défis liés à l’étendue de l’administration et faciliter le développement d’une « administration numérique ». Le Vietnam peut tirer parti de son statut de pays accédant plus tardivement à ces technologies pour réaliser des progrès significatifs en matière d’administration électronique et de gouvernance numérique.
Ollie Arci a partagé l’avis selon lequel le Vietnam devrait développer un écosystème numérique unifié, permettant l’utilisation de l’identification électronique pour une vaste gamme de services. Une fois les plateformes interconnectées et fonctionnant de manière fluide, les étrangers n’auront plus besoin de fournir à plusieurs reprises les mêmes informations ni de gérer simultanément des dossiers papier et électroniques. Cela jettera les bases d’une amélioration de l’expérience utilisateur et rendra le Vietnam plus attractif pour les experts, les investisseurs et les visiteurs internationaux.
Selon Csaba Bundik, l’administration numérique pourrait constituer un atout concurrentiel pour le Vietnam en matière d’attraction des investissements internationaux. Pour les entreprises étrangères, ce qui compte, ce n’est pas seulement la rapidité de traitement des procédures, mais aussi la transparence, la facilité de suivi et la prévisibilité du processus. L’intégration fluide de l’identification électronique, du visa électronique et des services publics permet de réduire les coûts administratifs tout en créant un environnement d’investissement plus favorable, transparent et professionnel.
Ollie Arci a indiqué que le développement continu de l’écosystème numérique vietnamien faciliterait les conditions d’études, de travail et de vie des étrangers dans le pays. Lorsque les services fonctionneront de manière fluide, les utilisateurs n’auront plus à fournir à maintes reprises les mêmes informations ni à tenir parallèlement des dossiers papier et électroniques. C’est un facteur susceptible d’inciter les experts, les entreprises et les investisseurs à choisir de rester à long terme au Vietnam, a-t-il souligné. – VNA