Cette initiative s’inscrit dans la « Campagne des 500 jours et nuits pour la recherche, le regroupement et l’identification des restes de martyrs », lancée par le Comité de pilotage national (Comité 515). Déployée de mai 2026 à juillet 2027 en vue du 80e anniversaire de la Journée des invalides de guerre et des martyrs, elle vise à accélérer la collecte d’ADN de proches des martyrs pour apporter des réponses aux questions restées en suspens depuis la guerre.
Toutefois, l'identification à partir de traces ténues constitue un défi majeur. Après des décennies sous terre, la plupart des restes sont gravement décomposés.
Le docteur Tran Trung Thanh, directeur du Centre d’expertise d’ADN de l’Institut de biologie (Académie des sciences et technologies du Vietnam) :
« Cette mission est ardue en raison de la forte dégradation des échantillons au Vietnam. En plus, les conditions d’inhumation précaires et la diversité climatique du pays entraînent des niveaux de décomposition variables selon les régions. La première étape, consistant à éliminer les composants non apparentés pour récupérer le maximum d’ADN, est cruciale et détermine le succès de l’expertise ».
Si certains échantillons nécessitent plusieurs traitements, d'autres sont quasi inexploitables. Pourtant, pour les chercheurs, chaque reste appartient à un soldat et chaque résultat représente l'espoir de retrouvailles familiales attendues depuis de longues décennies.
La technologie offre désormais de nouveaux horizons. Longtemps limitée à l’ADN mitochondrial, qui exigeait des lignées maternelles et des preuves matérielles supplémentaires, l’identification se heurtait à de nombreux dossiers en suspens. L’introduction du séquençage de nouvelle génération (NGS SNP) change la donne.
Le docteur Tran Trung Thanh directeur du Centre d’expertise d’ADN de l’Institut de biologie (Académie des sciences et technologies du Vietnam) :
« Cette technologie résout le manque d’informations probantes et ne se limite plus à la lignée maternelle. Elle permet désormais d’inclure la lignée paternelle et d'identifier des parents jusqu'aux quatrième ou cinquième générations. Alors que les proches directs vieillissent et disparaissent, cette avancée technologique décuple les chances de succès pour l’identification des restes dans les années à venir ».
Chaque donnée décodée offre ainsi une opportunité de nommer enfin une sépulture demeurée jusqu'alors anonyme.
Dans le cadre de cette campagne, l’objectif dépasse la simple collecte de milliers d’échantillons. Il s’agit de bâtir une base de données ADN nationale unifiée pour faciliter les comparaisons systématiques.
Le professeur associé Phi Quyet Tien, directeur de l’Institut de biologie :
« Cette technologie permet de traiter globalement les dossiers accumulés. La mission suit les directives de la Résolution 57 du Bureau politique sur le développement des sciences, des technologies et de l’innovation. Pour accélérer le processus, l’institut s’appuie également sur la Résolution 59 relative à l’intégration internationale. Cela a permis de collaborer avec la Commission internationale pour les personnes disparues (ICMP) et de bénéficier du soutien du gouvernement américain pour maîtriser des technologies de pointe parfaitement adaptées aux spécificités environnementales vietnamiennes ».
Ces progrès témoignent de l’application concrète des grandes orientations du Parti dans la vie sociale. L’usage de technologies avancées pour identifier les martyrs concrétise l’esprit d’innovation et de numérisation porté par les autorités nationales. Parallèlement, l'intégration internationale facilite le transfert de compétences scientifiques de haut niveau. Au-delà d'une simple avancée technique, cette campagne constitue la continuité d’une responsabilité morale et d’un devoir de reconnaissance envers ceux qui ont sacrifié leur vie pour l’indépendance et la liberté de la nation.-Vietnamplus