Sous un soleil de plomb, les sauniers des salines de Chau Ha, dans la commune de Mai Phu, province de Ha Tinh (Centre), travaillent du matin jusqu’à la fin de l’après-midi pour produire des cristaux de sel d’un blanc immaculé. Mais derrière ce métier transmis de génération en génération se cachent des inquiétudes : revenus modestes, débouchés limités et risque de disparition, alors que de nombreux jeunes se tournent vers d’autres métiers.
À midi, lorsque la température atteint 40 °C, les salines se transforment en véritable « fournaise ». Pourtant, c’est aussi le moment où les sauniers sont les plus actifs. Plus le soleil est fort, plus ils doivent accélérer le travail pour récolter le sel dès sa cristallisation.
Pham Van Tan, saunier du hameau de Chau Ha :
« Nous versons de l’eau aujourd’hui, puis nous en ajoutons encore le lendemain matin. S’il y a suffisamment de soleil, nous pouvons récolter le sel le jour même. Sinon, il faut attendre deux jours. »
Le Xuan Toan, saunier du hameau de Chau Ha :
« L’après-midi, nous pelletons et faisons sécher la terre, filtrons l’eau, récoltons le sel, puis le transportons à la maison. C’est le travail le plus pénible de la journée, car nous travaillons jusqu’à 18 ou 19 heures. »
Malgré ces efforts, la saliculture reste peu rémunératrice. Sur les 14 hectares de salines de Chau Ha, le nombre de travailleurs est passé de plus de 300 à une centaine aujourd’hui, principalement des personnes âgées. Avec un revenu quotidien de seulement 200 000 à 250 000 dôngs, de nombreux jeunes ont quitté les salines pour chercher un autre emploi.
Phan Huy Thanh, chef du hameau de Chau Ha :
« Le village de métier a été reconnu il y a trois ans, mais il ne bénéficie toujours pas de politiques d’investissement concrètes. Nous espérons que les autorités accorderont davantage d’attention à ce métier, notamment en investissant dans les infrastructures. »
Dans cette « fournaise » de Chau Ha, chaque grain de sel porte non seulement le goût de la mer, mais aussi la sueur des générations de sauniers. Les habitants espèrent bénéficier de davantage de soutien, d’investissements et de débouchés afin que le « goût salé » du sel de Chau Ha ne disparaisse pas avec le temps. -VNA