Vent d’espoir pour le langur de Hà Tinh

Le langur de Hà Tinh est un primate endémique du Vietnam menacé de disparition. Grâce à un programme de reproduction réussie, des lâchers dans la nature sont en cours dans la Réserve naturelle de Ke Gô.

Ha Tinh (VNA) - Le langur de Hà Tinh est un primate endémique du Vietnam menacé de disparition. Grâce à un programme de reproduction réussie, des lâchers dans la nature sont en cours dans la Réserve naturelle de Ke Gô.

Vent d’espoir pour le langur de Hà Tinh ảnh 1Un langur de Hà Tinh. Photo : Archives/CVN

En juillet 2016, trois langurs de Hà Tinh (Trachypithecus hatinhensis), un mâle et deux femelles, nés et élevés au Centre de sauvetage des primates de Cuc Phuong (EPRC Cuc Phuong), province de Ninh Binh (Nord), ont été relâchés dans la Réserve naturelle de Ke Gô (ZPN Ke Gô), province centrale  de Hà Tinh. Une réintroduction qui s’inscrivait dans le cadre du Programme «Lâcher de langurs dans la Réserve naturelle de Ke Gô», supervisé par ladite Réserve, l’EPRC Cuc Phuong et le Centre GreenViet (ONG œuvrant dans la biodiversité).

Le langur de Hà Tinh est une espèce de primate que l’on ne trouve que dans les montagnes karstiques du Centre du Vietnam, plus précisément dans les trois provinces de Hà Tinh, Quang Binh et Quang Tri. Une espèce animale très rare, classée dans le Livre Rouge du Vietnam et figurant dans la liste rouge de l’IUCN avec le statut «En danger».

Ce primate est caractérisé par une longue queue et un pelage fourni, de couleur noire, agrémenté de deux raies blanches des deux côtés de la bouche jusqu’à la nuque en passant par le pavillon de l’oreille. À maturité, il mesure 58 – 88 cm de longueur (queue comprise) et pèse 6,8 - 8,8 kg. Les langurs de Hà Tinh vivent en groupe de cinq à quinze voire trente têtes.

Une espèce en sursis

Il n’existerait plus qu’environ 1.500 langurs de Hà Tinh dans la nature. La découverte d’une nouvelle population inconnue est donc toujours une bonne nouvelle. En 2015,  des forestiers de la province de Quang Binh ont observé un groupe d’une soixantaine d’individus au milieu d’une chaîne de montagnes calcaires située le long de la rivière Gianh (qui sépare Hà Tinh et Quang Binh). Une excellente trouvaille qui faisait suite à des indications d’habitants locaux selon lesquelles des groupes de langurs  apparaissaient souvent dans les champs situés à proximité de ces montagnes. «Les singes n’étaient pas timides. Ils venaient le jour chercher de la nourriture dans les champs relevant des communes de Thach Hoa et Dông Hoa, province de Quang Binh»,  raconte Nguyên Thanh Tu, un paysan local. Et d’assurer qu’il a vu, en un jour, cinq groupes dans cinq secteurs différents : «Chaque groupe comptait 12 à 30 individus. Ils devaient être 120 en tout». Il y aurait une vingtaine de groupes dans cette contrée montagneuse, selon le Service des forestiers de Quang Binh, qui travaille à un projet de création d’une zone protégée de 110 ha.

Reproduits en captivité et lâchés dans la nature


Vent d’espoir pour le langur de Hà Tinh ảnh 2Des langurs de Hà Tinh ont été relâchés dans la Réserve naturelle de Ke Gô. Photo : Archives/CVN


Installé dans le Parc national de Cuc Phuong, province de Ninh Binh, le Programme «Lâcher de langurs de Hà Tinh dans la Réserve naturelle de Ke Gô» regroupe biologistes, forestiers et scientifiques. Depuis une dizaine d’années, quelque 80 langurs sont nés en captivité. «Notre but est de renforcer la population sauvage de cette espèce menacée. Depuis 2015, nous avons réalisé deux lâchers à Ke Gô», a précisé un responsable. Le premier fut un échec : parmi les cinq jeunes, deux furent tués par des primates sauvages, un disparut et les deux derniers furent récupérés et renvoyés à l’EPRC Cuc Phuong. «Pour ces bêtes nées en captivité et habituées à l’homme, ils est difficile de s’adapter à la nature. Cela implique de retrouver l’instinct de l’animal sauvage, de vivre indépendamment...», a-t-il expliqué.

Pour le deuxième lâcher, un «secteur de sécurité» a été établi où les animaux ont pu se familiariser avec leur nouvel environnement.  Ils n’ont pas été «lâchés dans la nature» comme avant, il y a eu un sorte de «sas de décompression». «Les trois langurs ont eu six mois pour s’habituer. Nous espérons qu’ils s’adapteront bien à leur nouvel habitat et seront  capables de rechercher eux-mêmes leur nourriture», a confié un responsable de l’EPRC Cuc Phuong.

Les primates lâchés sont suivis par radio-tracking par un groupe de surveillants installés sur place, selon Bùi Van Tuân, chef du Service de recherches scientifiques de GreenViet. Une stratégie efficace puisqu’un mois après le lâcher, les trois langurs ont intégré un groupe sauvage.

Auparavant, en 2010, le Centre de sauvetage des primates de Cuc Phuong avait lancé un projet expérimental de lâcher dans le Parc national de Phong Nha – Ke Bàng, province de Quang Binh. «Cela avait été un succès. À partir de huit amimaux lâchés, ce groupe s’est développé dans la nature pour dénombrer actuellement 25 individus», a informé TiloNadler, Allemand, directeur dudit Centre. L’actuel programme envisage de développer de nouveaux groupes de langurs, surtout dans la Réserve de Ke Gô où les conditions en termes de qualité d’habitat et de sécurité sont optimales. 

«Les efforts de tous permettent d’espérer la réussite du programme. Les 80 jeunes langurs actuellement à l’EPRC Cuc Phuong seront suffisants pour alimenter nos futurs projets», a-t-il assuré, optimiste quant à la survie de l’espèce à long terme. -CVN/VNA

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