Hanoï (VNA) – Face à la demande croissante en essence biologique E10RON95, la sécurisation de l’approvisionnement en matières premières telles que le manioc et le maïs pour la production d’éthanol demeure un défi majeur au Vietnam. Les experts estiment que des solutions synchronisées sont nécessaires pour stabiliser cette source d’énergie vitale.
Des zones de matières premières instables
Selon l’Association des biocarburants du Vietnam, le pays dispose actuellement de six usines de production d’éthanol-carburant, d’une capacité totale d’environ 600 000 m³ par an. À pleine capacité, ces installations pourraient couvrir 40 % de la demande nationale pour le mélange d’essence E10RON95. Pourtant, l’exploitation à 100 % de cette capacité est limitée par l’instabilité des intrants.
Le manioc, principale ressource utilisée, présente des contraintes significatives. Le professeur associé et Dr. Chu Tien Quang, ancien chef du Département des politiques de développement rural de l’Institut central de gestion économique, souligne que les surfaces cultivées ont tendance à diminuer en raison de l’appauvrissement des sols et d’une productivité stagnante. L’absence de contrats d’achat stables et les coûts élevés de récolte découragent également les agriculteurs.
Du côté des entreprises, Pham Van Tuan, directeur de la sarl Nha Xanh Viet Nam, explique que si le maïs bénéficie d’une qualité plus stable et de sources d’approvisionnement diversifiées (importations d’Amérique du Sud et des États-Unis), le manioc dépend exclusivement de sources domestiques et reste très saisonnier. Cette fluctuation entraîne une volatilité des prix, obligeant les producteurs à adopter des stratégies de stockage coûteuses pour éviter les pénuries en fin de saison.
Construire une chaîne de liaison « producteurs - transformateurs - consommateurs »
Pour pérenniser la filière, la création d'un lien étroit entre agriculteurs, coopératives et transformateurs est jugée cruciale. Le professeur associé Chu Tien Quang et Nguyen Tri Ngoc, vice-président et secrétaire général du Conseil général de l'agriculture et du développement rural du Vietnam, s'accordent sur le fait que l'agriculteur doit être placé au centre du processus, avec la garantie d'un revenu stable par unité de surface.
Le président de l’Association des biocarburants, Do Van Tuan, cite en exemple le modèle réussi de l’industrie sucrière ou celui des États-Unis, où les agriculteurs deviennent de véritables « partenaires » ou actionnaires des usines. Ce système permet aux producteurs d’investir sereinement dans les technologies, d’améliorer les rendements et d’assurer une livraison constante aux transformateurs.
Outre les liens contractuels, les acteurs du secteur appellent à une intervention plus marquée de l'État à travers plusieurs leviers. Il est nécessaire de définir des zones de culture clés pour le maïs et le manioc dédiées aux usines d'éthanol, d’investir dans les transports et l'irrigation pour réduire les coûts logistiques, d’envisager des exonérations ou réductions d'impôt sur le revenu des sociétés pendant 5 à 10 ans pour les projets d'éthanol afin d'encourager l'investissement à long terme ainsi que de maintenir les droits de douane actuels de 5 % sur l'éthanol importé pour protéger la production nationale.
Enfin, une solution durable consisterait à valoriser les sous-produits agricoles tels que la paille, le son ou les rafles de maïs. Selon les experts, l’utilisation de ces déchets pour produire de l’éthanol permettrait de réduire la pollution et les coûts, tout en évitant la pression liée à l’extension des surfaces cultivées. -VNA
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