Après avoir franchi en 2025 le cap historique de plus de 3.000 km d’autoroutes achevées et mises en service, le secteur des transports s’engage dans une nouvelle phase d’accélération, avec l’objectif d’atteindre 5.000 km d’ici 2030.
La politique consistant à faire « avancer les infrastructures d’un pas » a profondément transformé le visage du pays. Les 3.000 km réalisés ont permis de réduire les disparités régionales, d’améliorer la mobilité des citoyens, de fluidifier les échanges commerciaux et de renforcer la sécurité des déplacements. Dans l’esprit des orientations du Premier ministre Pham Minh Chinh, les projets ont été menés selon un principe d’adaptation pragmatique au terrain – franchir les fleuves, percer les montagnes, remblayer les plaines – afin d’optimiser les coûts d’investissement et d’ouvrir de nouveaux espaces de développement.
Selon le ministère de la Construction, entre 2004 et 2020, le Vietnam n’avait mis en service que 1.163 km d’autoroutes. En revanche, sur la seule période 2021-2025, 1 313 km supplémentaires ont été achevés, soit presque autant que durant les vingt années précédentes cumulées. Cette cadence constitue la progression la plus rapide de l’histoire du secteur des transports, traduisant l’engagement résolu du Parti, de l’Assemblée nationale, du gouvernement et des localités, avec le soutien actif de la population.
Le Plan directeur du réseau routier pour 2021-2030, avec vision à l’horizon 2050, approuvé par le Premier ministre, prévoit la formation de 41 axes autoroutiers totalisant environ 9.000 km, reliant centres politiques et économiques, régions motrices et portes d’entrée internationales. À fin 2025, 3.803 km devraient être achevés, dont 3.345 km d’axes principaux.
Pour la période 2026-2030, plus de 1.000 km de projets en cours seront finalisés, parallèlement à environ 460 km déjà programmés et financés. Si les chantiers prioritaires actuellement à l’étude ou en mobilisation de capitaux respectent leur calendrier, la longueur totale pourrait atteindre 5.561 km en 2030. Selon Tran Minh Phuong, directeur du Département Planification-Finances du ministère de la Construction, une enveloppe prévisionnelle de 160.744 milliards de dôngs est envisagée pour garantir l’objectif des 5.000 km.
Au-delà des chiffres, l’enjeu est stratégique : constituer une ossature autoroutière reliant l’axe Nord-Sud, les corridors Est-Ouest, les ports maritimes, les aéroports internationaux et les postes-frontières, créant les conditions nécessaires à la réalisation des objectifs fixés par la Stratégie de développement socio-économique 2021-2030, visant à faire du Vietnam un pays en développement doté d’une industrie moderne et d’un revenu intermédiaire supérieur d’ici 2030.
Les entreprises du secteur soulignent toutefois l’ampleur des défis. Pham Van Khoi, président du conseil d’administration de Phuong Thanh Transport Construction Investment JSC, estime que la charge de travail du prochain mandat pourrait être quatre à cinq fois supérieure à celle de la période précédente. Il appelle à un environnement d’affaires plus favorable, notamment en matière de formation des ressources humaines, d’approvisionnement en matériaux et de sélection d’entrepreneurs disposant de capacités techniques solides.
Pour Le Quoc Dung, directeur du Conseil de gestion de projet n°7, l’accélération des chantiers requiert une gouvernance rigoureuse : choix d’entreprises expérimentées, validation technique adaptée au rythme des travaux, organisation scientifique des chantiers et procédures de paiement flexibles afin d’assurer la liquidité des entreprises.
La mobilisation des ressources constitue un autre levier essentiel. Outre les financements publics, le recours accru aux partenariats public-privé (PPP) est considéré comme déterminant.
Selon Phung Duc Dung, responsable au sein de la Direction des routes du Vietnam, la réforme récente de la législation sur les PPP par l’Assemblée nationale renforce la transparence et la sécurité juridique, contribuant à restaurer la confiance des investisseurs et des établissements de crédit.
À l’horizon 2030, l’achèvement de 5.000 km d’autoroutes ne se limite pas à une performance infrastructurelle. Il s’agit d’un levier structurant pour réduire les coûts logistiques, renforcer la compétitivité nationale et préparer la transition vers un système de transport multimodal, intelligent et durable, condition indispensable pour atteindre l’objectif d’un Vietnam développé à revenu élevé d’ici 2045. -VietnamPlus