2020, une année record pour la médecine nationale

En 2020, en dehors du succès dans la lutte contre la pandémie de COVID-19, le Vietnam a marqué un nouveau jalon sur la carte médicale mondiale en réalisant de nombreuses transplantations d’organes...
2020, une année record pour la médecine nationale ảnh 1Des médecins de l’Hôpital central militaire 108 rendent visite au patient Pham Van Vuong un mois après sa greffe de l’avant-bras. Photo : BV108/CVN

Hanoi (VNA) - En 2020, en dehors du succès dans la lutte contre la pandémie de COVID-19, le Vietnam a marqué un nouveau jalon sur la carte médicale mondiale en réalisant de nombreuses transplantations d’organes, particulièrement la première greffe au monde de membre à partir d’un donneur vivant. 

Le domaine de la transplantation d’organes a effectué ses premiers pas au Vietnam avec une greffe de rein réalisée le 4 juin 1992 à l’Hôpital militaire 103, pour le patient Vu Manh Doan, âgé de 40 ans et atteint d’une insuffisance rénale en phase terminale. Le donneur était son petit frère, alors âgé de 28 ans.

Aujourd’hui, les techniques de transplantation d’organes du Vietnam sont de niveau international. Chaque année, le secteur national établit de nombreuses nouvelles réali-sations, confirmant ses progrès et son développement dans ce demaine.

Maîtrise des techniques les plus pointues

Pour la seule année de 2020, le pays a enregistré de nombreux records remarquables dont une greffe intestinale humaine d’un donneur vivant, l’une des transplantations les plus difficiles à effectuer, la réalisation de 23 greffes d’organes en 13 jours réalisées par l’Hôpital de l’amitié Viêt Duc (Vietnam - Allemagne) ou de cinq transplantations hépatiques en une semaine, par l’Hôpital central militaire 108 ...

Le 21 janvier 2020, les chirurgiens de l’Hôpital central militaire 108 à Hanoï ont réalisé avec succès la première greffe d’un membre en Asie du Sud-Est. Une première également dans le monde car le transplant a été prélevé sur un donneur vivant.

Ce succès ouvre les portes d’un nouveau traitement concernant non seulement la greffe de membres prélevés sur un donneur en état de mort cérébrale, mais aussi provenant d’un donneur vivant.

Le patient était Pham Van Vuong, 31 ans, originaire du district de Thanh Tri, à Hanoï. En 2016, suite à un accident de travail, sa main gauche ainsi qu’une partie de son avant-bras ont été complètement écrasées et déformées. En raison de l’état grave de ses blessures, les médecins ont dû amputer la partie mutilée.

Concernant le donneur, le 3 janvier 2020, l’Hôpital central militaire 108 a accueilli un patient ayant également subi un grave accident de travail. Une partie de son bras et de son avant-bras gauche avait été sérieusement endommagée.

Après plusieurs examens poussés, les médecins ont trouvé qu’une partie du membre sectionné était encore saine et pouvait être utilisée pour une greffe. Suite à la demande des médecins, le patient, avec l’accord de sa famille, a ainsi décidé de faire don de ce greffon à Pham Van Vuong, candidat idéal qui répondait à tous les critères.

Cette greffe de l’avant-bras a été dirigée par le Pr.-Dr. Nguyên Thê Hoàng, directeur adjoint de l’Hôpital 108 et de nombreux médecins, aides-soignants et techniciens. Un peu plus d’un mois après la greffe, Pham Van Vuong peut enfin utiliser sa nouvelle main pour manipuler divers objets.

"C’est excellent ! Il s’agit de la première greffe au monde d’un membre prélevé sur un donneur vivant. C’est une technique très compliquée qui a été réalisée par les médecins de l’Hôpital 108", a estimé fièrement le Pr.-Dr. Pham Gia Khanh, président de l’Association nationale de transplantation d’organes.

Selon le Dr.-Pr. Mai Hông Bàng, directeur de l’Hôpital central militaire 108, depuis 1998, seules 89 greffes de membres ont été réalisées dans le monde. Tous les membres avaient été prélevés sur des donneurs en état de mort cérébrale et aucune greffe de membre n’avait été réalisée en Asie du Sud-Est jusqu’alors.

2020, une année record pour la médecine nationale ảnh 2Pour la première fois, pendant 13 jours du 30 août au 12 septembre 2020, l’Hôpital de l’amitié Viêt Duc a réalisé la transplantation de 23 organes. Photo : VNA/CVN

Suite à cette greffe inédite dans le monde, le 16 septembre 2020, les médecins de l’Hôpital central militaire 108 ont réussi la prouesse de greffer deux avant-bras à un patient de 18 ans. Actuellement, toutes les blessures de ce jeune homme ont été guéries.

En 2020, les principaux centres de transplantation d’organes au Vietnam tels que l’Hôpital de l’amitié Viêt Duc, l’Hôpital central militaire 108, l’Académie de médecine militaire, l’hôpital central de Huê ... ont tous enregistré de grands progrès.

À l’Hôpital de l’amitié Viêt Duc, pour la première fois, pendant 13 jours, du 30 août au 12 septembre, a été réalisé la transplantation de 23 organes dont trois cœurs, quatre foies et 16 reins. Le 28 septembre, les médecins de l’hôpital ont franchi le cap des 1.000 greffes de rein. En outre, pendant deux jours consécutifs, les 27 et 28 octobre, l’Académie de médecine militaire a réalisé avec succès deux  transplantations intestinales, marquant ainsi le fait que le Vietnam a réussi à conquérir la technique.

Le 15 juillet 2020, deux petites siamoises de 13 mois, Truc Nhi et Diêu Nhi, soudées par la hanche, ont été séparées avec succès, lors d’une opération effectuée par une centaine de médecins vietnamiens de l’Hôpital pédiatrique de Hô Chi Minh-Ville. L’état de santé des deux fillettes est stable et satisfaisant.

Une nouvelle prouesse chirurgicale

Les fillettes, nées par césarienne après 33 semaines de gestation, avec un poids total de 3,2 kg, étaient soudées au niveau du bassin. Après avoir partagé un seul et même cordon ombilical durant la grossesse, leur état nécessitait des soins constants.

Les premières échographies ont montré qu’elles étaient reliées par l’abdomen pelvien avec quatre jambes distinctes, une caractéristique de l’ischiopagus tetrapus (quadripus), un phénomène rare qui ne concerne que 6% des siamois. Selon les statistiques, environ une grossesse sur 200.000 aboutit à la naissance d’enfants siamois.

2020, une année record pour la médecine nationale ảnh 3Le 15 juillet 2020, deux petites siamoises de 13 mois, Truc Nhi et Diêu Nhi, soudées par la hanche, ont été séparées avec succès à l’Hôpital pédiatrique de Hô Chi Minh-Ville. Photo : CTV/CVN

Les deux bébés partageaient un même iléon, un même côlon, un même anus et un utérus vaginal double. Elles avaient deux vessies situées des deux côtés de la cavité abdominale commune ainsi que des ouvertures dans l’articulation pubienne.

Durant un an, après leur naissance elles ont été surveillées par des médecins de l’Hôpital de pédiatrie de Hô Chi Minh-Ville, avec un régime très spécial pour les préparer à l’opération. Au moment de l’intervention, les deux fillettes avaient 13 mois, pesaient 15 kg, et présentaient des indicateurs de développement similaires à des enfants normaux.

"C’est un miracle", estime  Truong Quang Dinh, directeur de l’Hôpital pédiatrique de Hô Chi Minh-Ville et chef de l’équipe chirurgicale. "Cette opération n’est qu’une première étape réussie. Le processus post-opératoire sera complexe et difficile. Il faudra encore de nombreuses interventions pour qu’elles puissent avoir une vie normale", ajoute-t-il.

"Trente-deux ans après l’opération réussie des deux premiers frères siamois Viêt et Duc au Vietnam, celle réalisée en juillet dernier sur ces sœurs siamoises marque une prouesse remarquable de la médecine vietnamienne", affirme le Professeur Trân Dông A, conseiller expert de l’opération, qui a dirigé de nombreuses opérations de séparation au Vietnam depuis 1988.

"Je suis heureuse et fière du succès de cette opération historique. Ceci témoigne du développement de la médecine nationale et du dévouement des médecins vietnamiens", a exprimé la vice-présidente de la République, Dang Thi Ngoc Thinh, lors de sa visite aux deux sœurs siamoises après leur opération de séparation réussie.

À ce jour, le Vietnam compte 19 centres de transplantation d’organes et a fait de grands progrès dans les techniques de transplantation de tissus et d’organes. Le succès dans ce domaine ouvre des possibilités de traitement pour les patients atteints de troubles d’organes au stade terminal contribuant à améliorer leur qualité de vie. –CVN/VNA

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