Le réchauffement climatique menace l’agriculture du Tây Nguyên

Le changement climatique nuit à la production agricole dans le Tây Nguyên. Les impacts négatifs devraient croître au fil des années, avec notamment des phénomènes naturels extrêmes.
Hanoi (VNA) - Le changement climatique nuit à la production agricole dans le Tây Nguyên (Hauts Plateaux du Centre). Les impacts négatifs devraient croître au fil des années, avec notamment des phénomènes naturels extrêmes de plus en plus fréquents.
Le réchauffement climatique menace l’agriculture du Tây Nguyên ảnh 1Les crues sont de plus en plus fréquentes au Tây Nguyên. Photo : VNA

Dans le Tây Nguyên, les effets négatifs du changement climatique sur l’agriculture se font déjà durement sentir. Cette région subit, depuis quelques années, de très nombreuses et fréquentes catastrophes naturelles comme inondations, sécheresse ou encore tempêtes d’une extrême violence qui affectent les rendements des cultures et la productivité du bétail.

Le secteur agricole bouleversé

"Ces dernières années, le Tây Nguyên a été victime des caprices répétés du temps. La saison sèche dure plus longtemps, avec des températures moyennes plus élevées. Notre province enregistre parfois en même temps inondations et sécheresse", informe Vu Duc Con, directeur adjoint du Service de l’agriculture et du développement rural de la province de Dak Lak.

En effet, alors que les districts de Buôn Dôn, Ea Súp, Krông Ana et Lak subissaient mi-août 2019 des pluies et crues extraordinaires, ceux de M’Drak et Ea Kar faisaient face à une grave et longue sécheresse. Les pertes sont lourdes : 16.163 ha de terres agricoles inondées et plus de 1.000 ha de cultures vivrières ravagées à cause de la sécheresse. Les dégâts sont estimés à des dizaines de milliards de dôngs.
Le réchauffement climatique menace l’agriculture du Tây Nguyên ảnh 2Sécheresse historique dans le Tây Nguyên. Photo : VNA

Le changement climatique affecte aussi le quotidien de milliers de personnes. "Même à la saison des pluies, nous devons mobiliser toutes nos ressources pour arroser nos terrains, partage Phan Thi Thành, domiciliée dans la commune de Cu M’ta, district de M’Drak, province de Dak Lak. Bien que le phénomène de sécheresse à la saison des pluies ait déjà été enregistré dans le passé, la situation est plus grave cette année. Les grands lacs-réservoirs et ouvrages hydrauliques sont presque à sec parce qu’il n’y a pas eu de pluie depuis plusieurs mois. Résultat : nos récoltes sont perdues".

La province de Dak Nông se trouve dans la même situation. Le temps capricieux a eu des conséquences particulièrement graves, en rendant les récoltes plus aléatoires du fait de périodes sèches plus sévères à la saison des pluies et une plus forte fréquence des inondations.

"En 2018, notre localité a souffert d’une saison des pluies dont la durée et l’intensité restent inégalées. Dans certains endroits, les paysans ont subi quatre mois de pluies. Des milliers d’hectares de poivrier ont été détruits. Par ailleurs, comme les paysans ne savaient pas encore utiliser les engrais dans le contexte d’intensification de la pluviométrie, les germes pathogènes se sont fortement propagés", fait savoir Lê Hoàng Vinh, chef du Bureau de l’agriculture et du développement rural du district de Dak Song.

"On s’inquiète aujourd’hui d’une faible capacité de développement ainsi que de pollinisation des cultures, notamment poivriers, caféiers, avocatiers et durians", insiste-t-il.

Renforcer la résilience des habitants 
Le réchauffement climatique menace l’agriculture du Tây Nguyên ảnh 3Le changement climatique nuit à la production agricole dans le Tây Nguyên. Photo : VNA

Selon Phan Viêt Hà, directeur adjoint de l’Institut des sciences et technologies sur l’agriculture et la sylviculture du Tây Nguyên, les phénomènes météorologiques extrêmes, dont chaleur accablante associée à des pluies torrentielles et inondations de grande ampleur, s’inscrivent dans la logique d’un climat en évolution.

Région montagneuse en grande partie recouverte de forêts, le Tây Nguyên est l’une des zones les plus exposées aux risques de catastrophes naturelles du pays. Elle est escarpée et sillonnée de nombreuses vallées. Une partie des minorités ethniques vit aux abords des ruisseaux ou sur les pentes des montagnes. Les crues, conséquence de pluies diluviennes, et les glissements de terrain font donc de nombreuses victimes et endommagent considérablement les infrastructures et les terres agricoles.

Les mauvaises conditions météorologiques et climatiques affectent également la disponibilité en eau nécessaire à l’irrigation, à l’abreuvement des animaux, à la transformation des produits agricoles, ainsi qu’au transport et stockage.

"Il est plus que jamais nécessaire de disposer de services météorologiques et climatologiques fiables afin de renforcer la résilience des habitants et de les aider à s’adapter à un climat qui évolue rapidement", estime Phan Viêt Hà. Il est important aussi que les bureaux centraux, provinciaux, régionaux, mais aussi que les spécialistes, experts locaux et étrangers travaillent main dans la main pour chercher des solutions susceptibles de contrecarrer les effets négatifs du changement climatique. – CVN/VNA

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