Hô Chi Minh-Ville (VNA) – Le respect des normes, la transparence sur l’origine des produits, la modernisation des chaînes d’approvisionnement et l’élargissement des échanges bilatéraux sont appelés à devenir les conditions essentielles d’un développement plus équilibré, stable et durable du commerce entre le Vietnam et les États-Unis.
Malgré les évolutions de la politique commerciale et tarifaire, les exportations vietnamiennes continuent de progresser. Les importateurs américains considèrent toujours le Vietnam comme une source d’approvisionnement stratégique grâce à la diversité de ses capacités de production, à ses coûts compétitifs et à son intégration croissante aux chaînes d’approvisionnement mondiales.
Selon Do Ngoc Hung, conseiller commercial et chef du Bureau commercial du Vietnam aux États-Unis, le commerce bilatéral a atteint environ 132,4 milliards de dollars au premier semestre 2026, faisant du Vietnam un grand partenaire commercial des États-Unis.
La diversification mondiale des sources d’approvisionnement ouvre des opportunités importantes aux fournisseurs vietnamiens. Cependant, les commandes ne se déplacent pas automatiquement vers le Vietnam. Les entreprises doivent renforcer leurs capacités, améliorer la qualité de leurs produits, faire preuve de souplesse et respecter les nouvelles réglementations et normes imposées par les acheteurs mondiaux.
Selon Vo Tri Thanh, directeur de l’Institut de recherche sur la stratégie de marque et la compétitivité, les barrières commerciales et les exigences en matière de production, d’environnement, de travail et de qualité continueront de se renforcer. Les entreprises exportatrices doivent donc s’adapter aux nouvelles tendances de consommation et répondre à des normes toujours plus élevées.
Selon Vu Tu Thanh, directeur exécutif par intérim pour l’ASEAN et représentant en chef au Vietnam du Conseil d’affaires États-Unis-ASEAN, les entreprises vietnamiennes font face notamment aux risques liés à l’origine des marchandises, à leur dépendance aux matières premières importées, ainsi qu’aux exigences croissantes en matière d’ESG, de réduction des émissions, d’utilisation d’énergies propres et de transparence des chaînes d’approvisionnement… À cela s’ajoute une pression concurrentielle croissante de la part des pays de la région.
Des experts soulignent que les contrôles tendent également à évoluer, passant de l’examen traditionnel des documents à l’analyse des données commerciales, des données de production et de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Les entreprises doivent donc être en mesure de démontrer leurs capacités réelles de production, l’origine de leurs matières premières, les différentes étapes de production et la valeur ajoutée créée au Vietnam.
Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, malgré le recours accru aux mesures tarifaires, aux contrôles de l’origine et aux normes techniques sur le continent américain, notamment aux États-Unis, les échanges commerciaux du Vietnam avec cette région continuent de progresser, mais sont devenus nettement moins stables. Les perspectives restent donc importantes, mais la croissance devrait être plus modérée, avec pour priorité de préserver les parts de marché plutôt que d’accroître rapidement la valeur des échanges.
Selon Ann Ha, directrice générale de Defenova Global Connect, le déplacement des chaînes d’approvisionnement vers des pays partenaires (« friend-shoring ») ouvre au Vietnam des possibilités d’importer davantage de technologies, d’équipements et de solutions américains. L’accès aux technologies avancées peut aider les entreprises à améliorer leur productivité et la qualité de leurs produits et à mieux répondre aux exigences des chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment celles des groupes américains. – VNA