Les produits agricoles vietnamiens disposent d’un potentiel inexploité en Algérie

Les entreprises vietnamiennes doivent mieux comprendre la réglementation algérienne en matière d’importation et adapter de manière proactive leurs stratégies commerciales afin d’accroître leur part de marché.

Dans un rayon de supermarché. Les principaux produits agricoles vietnamiens exportés en Algérie comprennent le café, les noix de cajou, le poivre, le riz, la noix de coco séchée et certains produits aquatiques. Photo: VNA
Dans un rayon de supermarché. Les principaux produits agricoles vietnamiens exportés en Algérie comprennent le café, les noix de cajou, le poivre, le riz, la noix de coco séchée et certains produits aquatiques. Photo: VNA

Alger (VNA) – Les produits agricoles vietnamiens disposent d’un important potentiel de développement en Algérie, mais pour percer sur ce marché nord-africain, les exportateurs devront mieux appréhender les règles d’importation, nouer des partenariats directs et renforcer leur présence dans le pays, selon un représentant du Forum algérien de l’import-export, du commerce et de l’investissement (AFIETI).

Mohamed Nabil, conseiller commercial auprès de l’AFIETI, a déclaré à l’Agence vietnamienne d’information (VNA) en Algérie que les entreprises vietnamiennes devaient mieux comprendre la réglementation algérienne en matière d’importation et adapter de manière proactive leurs stratégies d’approche du marché afin d’y accroître leurs parts.

Les exportations agricoles du Vietnam vers l’Algérie ont suivi une tendance à la hausse ces dernières années, mais restent concentrées sur quelques produits clés, alors que de nombreux autres produits vietnamiens compétitifs n’ont pas encore pleinement exploité leur potentiel sur ce marché.

Les principaux produits agricoles vietnamiens exportés en Algérie comprennent le café, les noix de cajou, le poivre, le riz, la noix de coco séchée et certains produits aquatiques. Le café représente une part importante de la valeur des exportations, atteignant parfois 80 à 85% du total des exportations vietnamiennes vers l’Algérie.

La gamme des produits exportés s’est progressivement élargie, témoignant d’une demande considérable en Algérie pour les produits agricoles tropicaux. Toutefois, les exportations restent fortement dépendantes de quelques produits clés et sont influencées par les politiques algériennes de gestion des importations.

Le riz, l’un des principaux produits agricoles d’exportation du Vietnam, occupait autrefois une place importante en Algérie, mais sa présence a fortement chuté ces dernières années ; il est désormais rarement visible dans les circuits de distribution du pays.

L’Algérie consomme principalement trois types de riz : le riz étuvé, le riz basmati et le riz blanc. Le riz étuvé et le riz blanc sont régis par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), les règles et les mécanismes d’importation variant selon les programmes et les commandes. Les exportateurs vietnamiens doivent donc se tenir régulièrement informés des exigences d’importation et s’assurer de leur conformité avant de signer des contrats.

Le riz basmati, quant à lui, représente un segment prometteur compte tenu de la demande relativement soutenue en Algérie ; l’identification du segment adéquat, des préférences des consommateurs et des mécanismes d’importation pourrait ouvrir de nouvelles opportunités aux exportateurs vietnamiens, a-t-il souligné.

Outre le riz, Mohamed Nabil a souligné que de nombreux autres produits agricoles vietnamiens disposent également d’un important potentiel de croissance en Algérie. Le café en est un exemple notable : bien que l’Algérie soit un marché où la consommation de café est élevée, le café vietnamien nécessite encore une promotion accrue pour renforcer sa notoriété et élargir ses parts de marché.

Il a pris l’exemple du marché algérien du thé pour illustrer l’importance d’une présence commerciale directe. Au-delà de la qualité et du prix, l’accès aux importateurs, les relations d’affaires, la promotion et le positionnement de la marque sont autant de facteurs déterminants pour transformer les atouts de la production en parts de marché réelles, a-t-il affirmé.

Le Vietnam dispose également des atouts dans le domaine des épices telles que la badiane, la cannelle et le poivre ; toutefois, l’accès au marché algérien et les liens directs avec des partenaires locaux restent limités, a-t-il déclaré, soulignant qu’une coopération renforcée au niveau gouvernemental pourrait faciliter les échanges bilatéraux et permettre aux entreprises des deux pays de mieux exploiter un potentiel encore inexploité.

Mohamed Nabil a indiqué que les entreprises vietnamiennes pourraient collaborer avec des distributeurs et des partenaires techniques locaux, ou bien établir des bureaux de représentation ou des filiales en Algérie. Il a souligné qu’une présence locale renforcée leur permettrait de mieux appréhender la demande du marché et la réglementation, de constituer des réseaux de distribution et de réagir plus rapidement aux évolutions des politiques d’importation.

Il a également suggéré un modèle économique «triangulaire», selon lequel les entreprises vietnamiennes pourraient s’approvisionner en matières premières en Algérie tout en y commercialisant leurs produits ou en utilisant le pays comme porte d’entrée vers d’autres marchés. Une telle approche permettrait de faire évoluer les relations, passant de simples activités d’import-export à une coopération en matière de production et à une création de valeur accrue.

Les entreprises vietnamiennes devraient aussi envisager d’investir dans la transformation et la production en Algérie pour les produits présentant un fort potentiel commercial. La coopération avec des entreprises algériennes dans les domaines de la transformation, du conditionnement et du développement de produits pourrait aider les marchandises vietnamiennes à mieux s’adapter à la demande locale, tout en jetant les bases d’une expansion vers d’autres marchés de la région.

Mohamed Nabil a recommandé aux entreprises vietnamiennes d’intensifier la promotion du commerce direct, d’envoyer régulièrement des représentants en Algérie pour rechercher des partenaires et étudier le marché, plutôt que de se reposer principalement sur des transactions d’exportation à distance.

Selon le conseiller commercial auprès de l’AFIETI, les opportunités pour les exportations agricoles vietnamiennes restent considérables, mais le développement des échanges dépendra non seulement des capacités de production et des prix, mais aussi de l’adaptation aux réglementations à l’importation, du développement de partenariats locaux et du renforcement de la présence sur le marché.

Le Vietnam devrait consolider ses atouts dans les secteurs du café, des noix de cajou et du poivre, tout en explorant les marchés du riz, du thé, des épices, des produits à base de noix de coco et des produits alimentaires transformés afin de diversifier ses exportations et de mieux exploiter le marché algérien. – VNA

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