Tokyo (VNA) – Alors que les pays du monde intensifient leurs efforts pour renforcer leurs capacités dans le secteur des semi-conducteurs afin de répondre à une demande croissante stimulée par l’intelligence artificielle (IA), le Vietnam devrait identifier les segments de la chaîne de valeur où il peut développer des avantages concurrentiels, en mettant l’accent dans un premier temps sur la fabrication et l’encapsulation des puces, selon l’expert technologique japonais Tsuda Kenji.
Dans un entretien accordé à l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à Tokyo, Tsuda Kenji, rédacteur en chef de "News & Chips", a souligné que l’industrie des semi-conducteurs englobe un large éventail d’étapes, allant de la conception et de la fabrication des puces jusqu’à leur encapsulation et leurs tests.
Le Vietnam devrait donner la priorité aux domaines où il a le potentiel de se bâtir des atouts solides, en particulier la fabrication et l’encapsulation, a-t-il déclaré.
Parallèlement, le Vietnam devrait encourager le développement d’entreprises nationales produisant des équipements et des matériaux destinés à l’industrie des semi-conducteurs. Cela jetterait les bases de la création d’un écosystème national des semi-conducteurs, plutôt que de limiter le pays à quelques étapes seulement de la chaîne d’approvisionnement, a-t-il suggéré.
Tsuda Kenji a déclaré que le Vietnam disposait de conditions favorables pour le développement de la fabrication de semi-conducteurs, notamment sa capacité à répondre aux exigences strictes de propreté des environnements de production.
Des processus de production rigoureux et des environnements strictement contrôlés sont essentiels à la fabrication de semi-conducteurs, a-t-il expliqué.
Évoquant l’expérience du Japon, Tsuda Kenji a indiqué que le pays s’efforçait de développer des technologies de semi-conducteurs de pointe afin de réduire l’écart avec les pays et entreprises leaders du secteur.
Le gouvernement japonais a considérablement accru son soutien à l’industrie des semi-conducteurs, tout en incitant Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) à investir au Japon et en soutenant la création de Rapidus, une entreprise japonaise développant des puces de nouvelle génération.
Le Japon met actuellement l’accent sur les capacités de fabrication, fort de ses atouts historiques dans les domaines des matériaux et des équipements pour semi-conducteurs. Toutefois, il présente encore des lacunes en matière de conception de puces, a-t-il précisé.
Le pays est également confronté à une grave pénurie d’ingénieurs, tant dans la conception que dans la fabrication de puces, ainsi que de personnel capable d’allier connaissances techniques et compétences commerciales pour trouver des clients et développer des marchés.
Une leçon importante pour le Japon est la nécessité de donner la priorité à l'ensemble de la chaîne de valeur des semi-conducteurs, en particulier à la conception des puces, au développement de la main-d’œuvre et aux marchés finaux. Le Japon intensifie la formation d’ingénieurs dans les universités et les établissements d’enseignement technique pour remédier à la pénurie de main-d’œuvre, a-t-il fait savoir.
Pour le Vietnam, l’expert a préconisé une stratégie de développement par étapes, axée principalement sur la fabrication et l’encapsulation, tout en renforçant parallèlement les capacités en matière de conception, de test, de matériaux et d’équipements pour semi-conducteurs.
Une telle approche permettrait au Vietnam de consolider progressivement sa position dans la chaîne d’approvisionnement mondiale des semi-conducteurs, a-t-il conclu. – VNA
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