Le voyage au Vietnam se dessine avec l’illustrateur Olivier Blanchin

Avec ses 40 pages à peine et son récit concis, Chim sẻ du ký (Les aventures du moineau) est un grand hommage que l’illustrateur français Olivier Blanchin a voulu offrir au Vietnam où il vit depuis sept ans.

Chim sẻ du ký (Les aventures du moineau) est l’histoire d’un périple entre deux cousins à la découverte d’un pays fascinant et en pleine transformation, sous la forme d’un livre “cherche et trouve” rempli de petits détails. Photo: olivierblanchin.com
Chim sẻ du ký (Les aventures du moineau) est l’histoire d’un périple entre deux cousins à la découverte d’un pays fascinant et en pleine transformation, sous la forme d’un livre “cherche et trouve” rempli de petits détails. Photo: olivierblanchin.com


Hanoi (VNA) – Avec ses 40 pages à peine et son récit concis, Chim sẻ du ký (Les aventures du moineau) est un grand hommage que l’illustrateur français Olivier Blanchin a voulu offrir au Vietnam où il vit depuis sept ans.

Avec ses 40 pages à peine et son récit concis, Chim sẻ du ký est un grand hommage que l’illustrateur français Olivier Blanchin a voulu offrir au Vietnam où il vit depuis sept ans.

Trois années de travail ont été nécessaires pour donner vie à cet album destiné, selon son auteur, aux enfants de 5 ou 6 ans, mais qui, en réalité, s’adresse à tout le monde. À travers cet ouvrage, Blanchin souhaite offrir au monde, et en particulier à ses compatriotes français, une vision du Vietnam d’aujourd’hui : un pays en plein essor, dynamique et paisible à la fois.

Un Français tombé amoureux de Hanoï

Originaire du Sud de la France, Olivier Blanchin a grandi dans un environnement artistique, ses parents étant tous deux artistes visuels. Sa région natale, entre la mer Méditerranée et les montagnes des Pyrénées, est réputée pour ses paysages magnifiques, entre vignobles, champs de lavande et villages perchés. Van Gogh lui-même y a trouvé son inspiration, peignant Le Sud durant son séjour dans cette terre baignée de lumière et de couleurs éclatantes.

Mais c’est par un heureux hasard que le Vietnam et Hanoï sont entrés dans la vie de Blanchin. En 2018, il s’est rendu dans le pays pour participer à un programme de résidence artistique en milieu écologique. Cependant, tout ne se déroulait pas comme prévu. Contraint de modifier ses plans, il explore Hanoï et tombe sous le charme de son architecture, de son urbanisme et de son agitation quotidienne. Pour lui, la capitale vietnamienne est une ville absolument unique.

olivier-blanchin.jpg
Olivier Blanchin et Nguyen Khanh Duong, directeur de Comicola, une jeune maison d'édition spécialisée dans la bande dessinée, les romans graphiques et les œuvres illustrées.

Ce qui le fascine, c’est l’entrelacement des vestiges architecturaux de l’époque coloniale française et des projets de construction modernes, témoins de la transformation rapide du pays. Avant de découvrir le Vietnam, comme beaucoup d’Occidentaux, il n’en avait qu’une image liée aux guerres passées, à la colonisation française et au conflit avec les États-Unis.

Bien sûr, tout n’est pas parfait à ses yeux, mais il apprécie la simplicité de la vie quotidienne et la vitalité permanente de la ville. Lorsque la pandémie de Covid-19 frappait et que le Vietnam imposait des confinements stricts, il a réalisé à quel point il s’est attaché à son pays d’adoption.

Il est aussi profondément marqué par la bienveillance des Vietnamiens, toujours prêts à l’aider en cas de panne de moto ou de perte de repères. Mais ce qui l’impressionne peut-être le plus, c’est la résilience des femmes vietnamiennes, qu’il voit travailler sur les chantiers, dans les rizières ou qui élèvent seules leurs enfants tout en gérant leur propre entreprise.

Son attachement au pays le pousse à le découvrir davantage. Il sillonne le Vietnam, privilégiant le train pour savourer la lenteur du voyage, mais Hanoï reste son point d’ancrage. C’est là qu’il rencontre Hanh, une jeune femme travaillant dans la logistique, qui deviendra son épouse et la mère de leur fils aujourd’hui âgé de trois ans. Cette nouvelle vie le ramène à ses deux passions : l’illustration et l’éducation.

Un Vietnam dynamique à travers le dessin

Blanchin confie que s’il ne dessinait pas, il aimerait se consacrer à des projets liés à la protection de l’environnement, notamment dans le domaine éducatif. Il aime transmettre ses connaissances aux enfants, et Chim sẻ du ký s’inscrit dans cette démarche. Son style détaillé, souvent qualifié de « foule foisonnante », stimule l’observation et la curiosité des jeunes lecteurs, développant ainsi leur sens de l’analyse et leur réactivité.

Ainsi, malgré son apparente simplicité, Chim sẻ du ký regorge de détails minutieusement dessinés. Chaque page est une véritable fresque où s’animent des centaines de personnages. L’histoire suit Momo, un jeune moineau vivant à Hanoï, qui accueille son cousin Nino venu de France pour un périple à travers le Vietnam à moto.

Après une découverte de la capitale, les deux oiseaux rendent visite à leur famille, avant d’entreprendre un voyage à travers le pays. Ils traversent des destinations emblématiques comme Ninh Binh, Dà Nang, Binh Dinh, Phu Yên, Dà Lat et enfin Hô Chi Minh-Ville, où ils poursuivent leur exploration avant de rentrer à Hanoï en train pour célébrer le Nouvel An lunaire avec leurs proches.

pont-long-bien.jpg
Le pont Long Biên, à Hanoi. Photo: olivierblanchin.com

À l’origine, Blanchin envisageait de publier son ouvrage en France, pour faire découvrir le Vietnam à un public occidental. Mais, à l’image de son attachement imprévu au pays, le projet a pris une autre tournure. L’album a finalement été adapté au marché vietnamien, nécessitant des ajustements narratifs et la suppression de certaines idées, notamment celles inspirées des livres-jeux populaires dans le monde occidental.

Un livre entre exploration et jeu éducatif

Le concept du livre-jeu, bien connu des jeunes lecteurs dans les livres « Où est Charlie », repose sur l’observation et la recherche d’éléments cachés dans des illustrations complexes. Ces livres développent l’attention et les capacités de déduction des enfants en les invitant à retrouver des personnages dans des scènes foisonnantes de détails.

Chim sẻ du ký reprend cette mécanique, encourageant les lecteurs à repérer Momo et Nino dans chaque page illustrée. Le texte, volontairement épuré, guide l’exploration sans s’imposer. Blanchin a souhaité que l’image prime, estimant que les jeunes lecteurs sont plus captivés par les paysages que par les descriptions de la culture ou de la gastronomie vietnamiennes.

Mais au-delà d’un simple album illustré, Chim sẻ du ký est un hommage vibrant au Vietnam, un pays qui est devenu pour Blanchin un foyer. Sur la couverture, il illustre l’expression vietnamienne rừng vàng, biển bạc (« forêts d’or, mers d’argent »), représentant d’un côté l’océan, de l’autre la jungle luxuriante et les villes en pleine expansion.

L’artiste né en 1983 ne compte pas s’arrêter là. Il nourrit déjà de nouveaux projets éditoriaux au Vietnam. Et ce n’est pas son statut d’illustrateur étranger qui le motive, mais la conviction profonde d’avoir trouvé ici une source inépuisable d’inspiration.

D’ailleurs, selon Nguyên Khanh Duong, fondateur et directeur de Comicola – maison d’édition spécialisée dans la publication d’œuvres vietnamiennes –, Blanchin et lui discutent déjà de futures collaborations. Peut-être une nouvelle bande dessinée de voyage, ou un projet combinant illustration et musique… Une chose est sûre : Chim sẻ du ký, après son succès au Festival du Livre de la Rue du Têt 2025, n’est que le début d’un long voyage artistique. – NDEL/VNA

source

Voir plus

Tay Ninh : Préserver le rythme de l'artisanat traditionnel de l'estuaire de Nhut Tao

Tay Ninh : Préserver le rythme de l'artisanat traditionnel de l'estuaire de Nhut Tao

Dans l’estuaire de Nhut Tao, dans le district de Tan Tru (ancienne province de Long An), les habitants, attachés à leur terre et à leurs traditions, cultivent chaque jour les champs de carex et font encore tourner les anciens moulins à riz. Ici perdure, au fil des gestes quotidiens, toute l’âme authentique de la vie rurale d’autrefois.

Photo : VNA

Hô Chi Minh-Ville fait renaître ses théâtres traditionnels

Malgré le passage du temps, les théâtres traditionnels de Hô Chi Minh-Ville poursuivent leurs efforts pour préserver et revitaliser leurs activités. La relance des œuvres classiques ainsi que l’intégration du patrimoine dans l’éducation et le tourisme témoignent de la vitalité des arts traditionnels au cœur de la métropole.

La série animée Wolfoo figure parmi les 10 finalistes du 7e Concours de cricket pour enfants. Photo : Comité d'organisation

Les 10 finalistes du Prix pour les enfants Dê mèn 2026 dévoilés

La 7e édition du prix pour les enfants Dê Mèn (Grillon) 2026 met à l’honneur la diversité de la création artistique destinée aux enfants au Vietnam, avec dix œuvres finalistes couvrant plusieurs disciplines culturelles et une participation remarquée de jeunes créateurs.

Le stand vietnamien attire un large public grâce à ses activités culturelles, ses spectacles artistiques traditionnels et ses spécialités culinaires, laissant une image positive du Vietnam auprès des visiteurs locaux et étrangers. Photo: VNA

Le Vietnam à l’honneur au Festival culturel mondial de Seongnam

Le Festival culturel mondial de Seongnam a mis à l’honneur la diversité culturelle et les échanges entre les peuples, réunissant des communautés internationales autour des traditions, de la gastronomie et des arts, avec une participation remarquée du Vietnam.

Une performance de don ca tai tu. Photo: VNA

Le don ca tai tu, levier du développement touristique à Tây Ninh

Reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel représentatif de l’humanité, le don ca tài tu (chant des amateurs du Sud) du Vietnam n’est pas seulement une forme d’art populaire, mais aussi la quintessence de la vie spirituelle, de l’identité et du caractère des habitants méridionaux.

Hanoï érige la culture en pilier de son développement

Hanoï érige la culture en pilier de son développement

Après la promulgation par le Bureau politique de la Résolution n°80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne, la capitale Hanoï s’emploie progressivement à concrétiser les objectifs et orientations qui y sont définis.
Au-delà des déclarations d’intention ou des actions de façade, l’ambition de faire de la culture un pilier du développement est désormais traduite en mesures concrètes, mises en œuvre de manière plus efficace et appelées à produire un large rayonnement.

La pièce «Thi Mâu voyage à travers le temps». Photo : hanoi.gov.vn

À Hanoi, l’automne aux couleurs des arts de la scène

Le festival mettra en lumière des œuvres reflétant la richesse culturelle et historique de Hanoi, de son peuple et de son identité, avec des productions exceptionnelles dans un large éventail de genres théâtraux, notamment le cheo (théâtre populaire), le cai luong (théâtre rénové), le théâtre, les comédies musicales, le cirque, le théâtre de marionnettes et le tuông (théâtre classique).

Les vastes plaines alluviales qui bordent la rivière Cà Lô sont un lieu idéal pour camper le week-end. Photo : VNP

La dynamique de développement des villages d’artisanat

Au cœur des profondes mutations de notre époque, où le développement ne se mesure plus seulement à la vitesse de croissance mais aussi à la richesse de l’identité, la Résolution n°80-NQ/TW ouvre une nouvelle perspective : la culture ne suit plus le mouvement, elle l’accompagne et en devient un moteur d’impulsion.

Contrairement aux estampes polychromes, la peinture de Sinh utilise la matrice uniquement pour imprimer les contours, la coloration étant ensuite réalisée à la main, ce qui rend chaque œuvre unique. Photo : VNA

Les derniers gardiens de l'art des estampes populaires du village de Sinh à Hue

Ancré depuis plus de quatre siècles dans la vie spirituelle des habitants de l’ancienne cité impériale, l’art des estampes populaires du village de Sinh (quartier de Duong No, ville de Hue) a longtemps été au bord de l’extinction. Aujourd’hui relancé, ce savoir-faire ancestral ne survit pourtant encore qu’à travers les gestes d’une poignée d’artisans, posant avec acuité la question de la préservation d’un patrimoine populaire intimement lié aux croyances et à l’identité culturelle locale.

Des délégués et des citoyens visitent l'espace d'exposition du Musée de Hanoï. Photo : VNA

Pour faire de la culture un moteur du décollage touristique

Portée par la Résolution n°80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne, Hanoï accélère la valorisation de son immense patrimoine afin de faire de la culture un moteur de croissance durable, de dynamisme touristique et de créativité urbaine, malgré des défis persistants liés à la numérisation, aux infrastructures et à l’attractivité des produits culturels.