Hanoi (VNA) – Les récentes tensions au Moyen-Orient ont accentué l’incertitude pesant sur l’économie mondiale, entraînant une hausse des prix du pétrole et un renforcement du dollar américain, ce qui exerce une pression sur les marchés des changes dans de nombreuses économies émergentes.
Au Vietnam, bien que le taux de change national ait connu des fluctuations à court terme, le marché des changes reste globalement sous contrôle, grâce à un approvisionnement stable en devises étrangères, à des réserves renforcées et à la gestion flexible de la Banque d’État du Vietnam (BEV).
Pressions extérieures
Le conflit au Moyen-Orient n’est plus un enjeu géopolitique lointain, mais affecte directement l’économie nationale.
Au cours de la première semaine de mars 2026, les marchés mondiaux de l’énergie ont été secoués par la hausse simultanée des prix du WTI et du Brent, dépassant les 100-110 dollars américains le baril, leur plus haut niveau depuis plus de deux ans. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz, voie de passage essentielle pour les expéditions mondiales de pétrole, ont engendré un comportement défensif, maintenant l’indice du dollar américain (DXY) à un niveau élevé, les investisseurs se tournant vers des valeurs refuges.
Sur le marché intérieur, la pression commence à se faire sentir sur les tableaux électroniques des banques commerciales. Le 9 mars, la BEV a fixé le taux de change central quotidien à 25.059 dôngs pour un dollar américain.
Dans les principales banques, comme Vietcombank, le cours du dollar a parfois atteint la limite supérieure de la fourchette de fluctuation autorisée, oscillant autour de 26.311 dôngs pour un dollar américain. Sur le marché parallèle, le billet vert s’est également apprécié, reflétant les anticipations du marché dans un contexte d’incertitude internationale.
Les analystes de l’agence de notation VIS Rating soulignent que les tensions au Moyen-Orient pourraient affecter l’économie vietnamienne principalement par trois canaux : la hausse des prix de l’énergie, l’inflation liée aux importations et les pressions sur le taux de change. L’augmentation du coût des carburants devrait se répercuter sur les transports, la production industrielle et la production d’électricité, alimentant ainsi l’inflation par les coûts et réduisant les marges bénéficiaires des secteurs énergivores.
Le Vietnam demeure fortement dépendant des importations énergétiques. Selon VIS Rating, le pays importe chaque année pour environ 20 milliards de dollars américains de pétrole brut, de produits pétroliers raffinés et de gaz liquéfié, dont environ 80% du pétrole brut et 15% du gaz liquéfié proviennent du Moyen-Orient.
Cette dépendance rend les coûts de production et de transport nationaux plus sensibles aux fluctuations du prix mondial du pétrole. Si les prix de l’énergie continuent d’augmenter, les pressions inflationnistes liées aux importations pourraient s’intensifier, affectant la politique monétaire et le taux de change.
Parallèlement, les analystes de MB Securities (MBS) soulignent que le récent renforcement du dollar américain a exercé une pression considérable sur le taux de change entre le dông et le dollar américain. La demande intérieure de devises étrangères demeure élevée, alimentée par un cycle d’expansion de la production et une demande croissante d’importations.
De plus, bien que le Vietnam affiche un excédent commercial important, celui-ci provient principalement du secteur à capitaux étrangers, tandis que les entreprises nationales continuent d’enregistrer un déficit commercial notable. Cela indique que la demande de dollars américains au sein de l’économie reste soutenue.
Gestion flexible et proactive du taux de change
Malgré les difficultés extérieures, les experts estiment que les fondamentaux économiques du Vietnam continuent de soutenir la stabilité du marché des changes.
Selon Pham Thanh Hà, vice-gouverneur de la BEV, les marchés monétaire et des changes nationaux sont restés stables ces derniers temps. La liquidité du système bancaire a été assurée, permettant de répondre pleinement aux besoins de paiement de l’économie. Les taux d’intérêt des nouveaux prêts ont affiché une tendance à la baisse, tandis que la croissance du crédit est positive depuis le début de l’année.
Ces dernières années, la banque centrale a maintenu une gestion flexible du taux de change, en phase avec les conditions du marché, garantissant ainsi une offre suffisante pour répondre à la demande légitime de devises étrangères. Fin février 2026, le taux de change interbancaire moyen s’établissait à environ 26.044 dôngs pour un dollar américain, en baisse de près de 1% par rapport à fin 2025, ce qui témoigne d’une offre relativement abondante de devises étrangères.
Toutefois, face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, le taux de change a légèrement progressé ces derniers jours. Pham Thanh Hà a affirmé que, compte tenu des incertitudes mondiales persistantes et du haut degré d’ouverture économique du Vietnam, la BEV continuera de suivre de près l’évolution du marché et de gérer sa politique monétaire de manière proactive et flexible.
La banque centrale déploiera un ensemble coordonné d’instruments de politique monétaire afin de stabiliser le marché des changes, de gérer les taux d’intérêt en fonction de l’évolution macroéconomique et des objectifs de maîtrise de l’inflation, et d’orienter le crédit vers la production, les activités commerciales et les principaux moteurs de croissance.
Dans les faits, la BEV a appliqué ses instruments de politique monétaire de manière synchronisée. Outre des ajustements quotidiens flexibles du taux de change central pour absorber les chocs, elle a également régulé la liquidité du dông par le biais d’opérations d’open market (OMO) et émis des bons du Trésor pour maintenir un différentiel de taux d’intérêt raisonnable, freinant ainsi l’activité spéculative sur le marché des changes.
Michael Kokalari, économiste en chef chez VinaCapital, a souligné que si les pressions à court terme sont bien réelles, leur impact direct sur le Vietnam reste gérable.
Dans une évaluation rapide de l’impact des tensions impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, les analystes de VNDirect Securities ont également observé que les chocs géopolitiques entraînent souvent une forte hausse des prix du pétrole à court terme, mais que ces hausses s’atténuent généralement lorsque les marchés se rééquilibrent en fonction de l’offre et de la demande réelles.
De manière générale, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient exercent une pression supplémentaire sur les marchés financiers mondiaux, y compris sur le marché des changes vietnamien. Les experts estiment que les fluctuations du taux de change dans les prochains mois dépendront largement du calendrier et du rythme des baisses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine, ainsi que de l’ampleur des conflits au Moyen-Orient.
Si les tensions persistent et maintiennent les prix du pétrole au-dessus de 110 dollars le baril pendant une période prolongée, les pressions inflationnistes par les coûts s’intensifieront. Dans ce cas, la BEV devra trouver un équilibre entre des taux d’intérêt bas, nécessaires pour soutenir la croissance, et la nécessité de relever les taux pour défendre la monnaie.
Actuellement, le taux de change n’est pas seulement un enjeu du marché des changes, mais a également des répercussions directes sur l’inflation, le commerce et la confiance des investisseurs. De ce fait, la stabilité du taux de change demeure étroitement liée à la stabilité macroéconomique globale.
Grâce à des fondamentaux macroéconomiques solides, une offre de devises étrangères positive et une gestion flexible de la politique monétaire par la banque centrale, le marché des changes vietnamien devrait rester relativement stable à court terme.
Selon les analystes de MBS, la pression sur le taux de change devrait s’atténuer progressivement à mesure que la tendance à la baisse du dollar américain se confirme. La société prévoit que l’indice du dollar américain pourrait chuter aux alentours de 95 points d’ici mi-2026, tandis que les principales devises telles que le yen japonais, la livre sterling et l’euro devraient s’apprécier.
À mesure que les écarts de taux d’intérêt entre les États-Unis et les autres économies se réduisent, les devises des marchés émergents, dont celle du Vietnam, gagneront en stabilité. – NDEL/VNA
Vietnam – Chine : signature d’un accord de coopération pour la planification de deux lignes ferroviaires
Les deux parties ont procédé à la signature d’un accord portant sur la mise en œuvre d’une coopération technique pour l’élaboration des plans de deux lignes ferroviaires à écartement standard : Hanoï - Dong Dang (province de Lang Son) et Hai Phong - Ha Long - Mong Cai (province de Quang Ninh).