Hanoi (VNA) – Le Vietnam figure actuellement parmi les pays d’Asie où les taux de surpoids et d’obésité augmentent le plus rapidement. Le nombre de décès attribués à l’obésité est désormais trois fois supérieur au total combiné des décès dus au cancer du sein et au cancer du côlon.
Les experts affirment que si l’obésité touchait autrefois surtout les adultes d’âge moyen, elle touche désormais clairement une population plus jeune. De nombreux jeunes, parfois âgés de seulement 17 ou 18 ans, nécessitent déjà un traitement pour obésité sévère.
Des experts ont averti que lors d’une conférence scientifique sur la chirurgie bariatrique dans le cadre d’une approche de traitement multidisciplinaire et du lancement de la Société vietnamienne de chirurgie métabolique et bariatrique (mandat 2026-2031) le 7 août.
L’obésité désormais reconnue une maladie chronique
Selon l’enquête nationale sur la nutrition de 2019-2020 menée par l’Institut national de la nutrition, le taux de surpoids et d’obésité chez les enfants au Vietnam a été multiplié par 2,2, passant de 8,5 % en 2010 à 19 % en 2020. Il est prévu qu’à l’horizon 2030, environ 50% des adultes seront en surpoids, avec des taux d’obésité avoisinant les 17% chez les hommes et les 22% chez les femmes.
Lors de cet événement, le Dr Nguyên Quang Bay, chef du Département d’endocrinologie et de diabétologie de l’Hôpital Bach Mai, a déclaré que l’obésité est désormais considérée comme une maladie chronique caractérisée par une augmentation du tissu adipeux, plutôt que comme un simple état de prise de poids.
Par conséquent, il a indiqué que les objectifs thérapeutiques visent non seulement à réduire le poids, mais aussi à atténuer les complications métaboliques, à améliorer la qualité de vie et à prolonger l’espérance de vie.
Selon l’expert, le traitement de l’obésité doit commencer par une évaluation complète de la gravité de la pathologie et des complications associées afin de déterminer l’approche thérapeutique appropriée.
« Il est nécessaire d’élaborer un plan de traitement personnalisé pour chaque patient et de maintenir le traitement sur le long terme, plutôt que de se concentrer uniquement sur une perte de poids à court terme », a-t-il indiqué.
La modification du mode de vie est considérée comme la pierre angulaire de toutes les stratégies thérapeutiques ; elle inclut une alimentation équilibrée, une activité physique accrue et une thérapie de modification du comportement.
« Ces changements de mode de vie doivent être maintenus même lorsque le patient suit un traitement médicamenteux ou subit une intervention chirurgicale », a-t-il ajouté.
La chirurgie bariatrique ne convient pas à tous les cas de surpoids
Le prof-Dr Trân Binh Giang, président de l’Association vietnamienne de chirurgie et d’endolaparoscopie, a déclaré : «L’obésité est une affection médicale grave souvent négligée. Plus le degré d’obésité est élevé, plus l’espérance de vie est réduite en raison du risque de comorbidités.»
Selon le responsable, les patients obèses se retrouvent marginalisés sur le plan social en raison de barrières psychologiques et de la stigmatisation. Il convient de noter que le traitement médical permet uniquement de stabiliser l’état du patient, sans toutefois pouvoir inverser l’obésité.
Il a souligné que l’obésité réduit l’espérance de vie et la qualité de vie en déclenchant, dès un stade précoce, divers troubles métaboliques silencieux. Elle constitue également un facteur de risque de diabète de type 2, d’hypertension, de dyslipidémie, de maladies cardiovasculaires, d’apnée du sommeil et d’arthrose.
Selon les experts de la santé, un indice de masse corporelle (IMC) compris entre 20 et 25 est considéré comme normal, entre 25 et 30 comme un signe de surpoids, et au-delà de 30 comme une obésité. Toutefois, chez les Asiatiques, le risque de maladie augmente de manière significative à partir d’un IMC de 27,5 ou plus.
Le prof-Dr Trân Binh Giang a indiqué que la plupart des patients cherchent à perdre du poids en modifiant leur mode de vie, en ajustant leur alimentation ou en pratiquant une activité physique. Toutefois, l’efficacité de ces méthodes est souvent modeste, se traduisant par une perte de poids moyenne ne dépassant pas 10% du poids corporel total.
Environ 95% des patients reprennent du poids au bout de cinq ans s’ils s’en remettent uniquement aux méthodes conventionnelles de perte de poids. Certaines méthodes extrêmes, comme l’élimination des glucides, comportent des risques importants pour la santé. Par conséquent, sa prise en charge nécessite une approche pluridisciplinaire intégrant la nutrition, l’endocrinologie, la psychologie, la rééducation et la chirurgie.
« La chirurgie constitue le dernier recours lorsque le traitement médical et les changements de mode de vie échouent ; elle nécessite des indications strictes pour garantir une efficacité à long terme. En général, l’intervention entraîne une réduction de 40 à 50 % du poids corporel total », a-t-il déclaré.
Le Dr Bui Thanh Phuc, chef adjoint du Département de chirurgie abdominale d’urgence de l’Hôpital de l’amitié Viêt Duc, a déclaré que la chirurgie bariatrique n’est pas une intervention esthétique et ne convient pas à tous les cas de surpoids.
Il est indiqué uniquement pour les personnes qui répondent à des critères d’IMC spécifiques, souffrent de problèmes de santé liés à l’obésité ou n’ont pas obtenu de résultats grâce à un traitement médical.
L’intervention chirurgicale est généralement indiquée pour les personnes âgées de 16 à 65 ans présentant un IMC de 40 ou plus — ou de 35 ou plus associé à des affections telles que le diabète, l’hypertension, la dyslipidémie, des troubles respiratoires ou des douleurs articulaires — et ayant tenté sans succès des traitements non chirurgicaux (notamment régime alimentaire, exercice physique, médicaments, suivi psychologique et thérapie nutritionnelle) pendant une période de six à douze mois.
Le Dr Bui Thanh Phuc a indiqué qu’un an après l’intervention, les patients perdent en moyenne 50 à 60 kilos, certains allant jusqu’à en perdre près de 100. Un cas notable est celui d’un patient de Hô Chi Minh-Ville qui pesait 168 kilos et a vu son poids chuter à 78 kilos deux ans après l’opération.
À la suite d’une perte de poids, de nombreux patients ont réussi à maîtriser leur diabète et leurs troubles lipidiques ; par ailleurs, certaines femmes auparavant infertiles en raison de l’obésité ont pu concevoir et donner la vie après le traitement, selon le Dr Phúc.
Depuis le premier cas enregistré en 2007, l’Hôpital de l’amitié Viêt Duc a réalisé environ 500 interventions chirurgicales pour traiter l’obésité en utilisant diverses techniques, telles que la réduction gastrique par laparoscopie, la gastrectomie longitudinale étant actuellement la méthode la plus largement pratiquée. – VNA
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