Numérisation du patrimoine culturel, une première démarche

Tendance internationale oblige, la numérisation peut actuellement être appliquée dans tous les domaines de la vie moderne. La culture et l’art n’échappent pas à la règle.
Numérisation du patrimoine culturel, une première démarche ảnh 1L’interface d’iMuseum, une application sur Internet du Musée des beaux-arts du Vietnam.

Hanoï (VNA) - Tendance internationale oblige, la numérisation peut actuellement être appliquée dans tous les domaines de la vie moderne. La culture et l’art n’échappent pas à la règle, surtout en cette période de pandémie de COVID-19.

La numérisation est appliquée largement au service de la conservation,de la sauvegarde et de l’exposition des œuvres artistiques. Elle permetégalement de rendre les connaissances historiques plus vivantes. Lavisite des musées et sites historiques au Vietnam était jugée banale.Pourtant, elle a beaucoup changé, bon nombre de lieux sont devenusincontournables pour le public, surtout les jeunes.

Se lancer pas-à-pas dans la tendance commune

Depuis 2015, la Maison centrale à Hanoï, également connue sous le nomde prison Hoa Lò, est équipée d’un système d’effets sonores, d’appareilsde projection et d’audioguides, permettant de rendre les visites plusvivantes.

En juillet 2020, a été lancé un programme de découverte nocturne dusite, grâce à la collaboration des effets sonores et lumineux. Cela aideles visiteurs à mieux comprendre la dure vie des prisonniers, desmoments historiques inoubliables mais aussi le régime pénitentiairerigoureux des colonialistes français que par rapport aux connaissancesacquises dans les documents.

Selon Lai Thi Minh Thu, directrice adjointe du Service de recherche etde collection du Comité de gestion de la Maison centrale, l’applicationde la technologie a personnalisé l’expérience des visiteurs. "Lanumérisation de ce patrimoine repose sur la mise en service desaudioguides. Cet outil contient 35 histoires portant sur des objetsexposés, des révolutionnaires qui sont morts dans cette prison", indique-t-elle.

Bùi Hoài Son, directeur de l’Institut national de la culture et desarts, estime que la numérisation du patrimoine culturel est une tendanceincontournable, permettant de faciliter la conservation etl’utilisation des documentaires. "Depuis 1997, notre établissementmet en œuvre un programme visant à collecter, préserver et promouvoirles valeurs culturelles immatérielles. Ces documents sont très précieuxet ce serait un grand dommage si on ne les numérisait pas",partage-t-il. Avant d’ajouter que jusqu’à présent, presque 500 filmsscientifiques, 10.000 photos et plus de 1.000 documentaires ont éténumérisés. "À l’ère 4.0, les datas sont pour nous plus précieux que de l’or", estime-t-il.

La numérisation du patrimoine a permis à l’Institut national de laculture et des arts de mener à bien les dossiers déposés à l’UNESCO afind’inscrire "Le culte des rois Hùng à Phú Tho", "Les pratiques liées àla croyance en les Déesses-Mères des trois mondes", "Les chantspopulaires ví et giam de Nghê Tinh" dans la liste du Patrimoine immatériel de l’humanité.

Les musées s’engagent

Dans le domaine des musées, alors que la numérisation est en pleinessor dans les pays développés, le Vietnam a lancé d’ambitieux projets.Depuis deux ans, le Musée des beaux-arts, en coopération avec unesociété spécialisée dans le logiciel et les applications pour téléphonemobile, propose une application qui permet de saisir les informations del’objet exposé en scannant le code QR correspondant.

Thai Hoàng Uyên, chargée de gestion du projet, informe : "Lors dela conception de l’application, nous avons bénéficié de l’expertise degrands musées dans le monde, comme The Met Museum aux États-Unis, leLouvre en France, le Rijksmuseum aux Pays-Bas et le Musée national deSingapour. Pour la première phase, nous avons numérisé les 100 œuvresles plus impressionnantes de notre établissement".

Lors de la visite du musée, il suffit de scanner les codes QR pourdisposer de documents sonores, de photos de haute qualité, de textesconcernant l’objet ainsi que sa position dans le lieu. Aux visiteurs enligne, on propose un album de ces 100 œuvres avec toutes lesinformations relatives. "Nous mettons également à disposition unebarre de recherche où les visiteurs peuvent saisir des mots pour trouverles informations sur les auteurs, œuvres et matériels utilisés", souligne-t-elle.

Depuis début 2020, la pandémie touche tous les pans de la vie. Elle estdevenue une angoisse mondiale, faisant de la normalité le luxe :distanciation sociale, fermeture des théâtres, cinémas, musées, etc. Lesexpositions artistiques ont été reportées voire annulées. Ce contexte achangé l’habitude d’appréciation de la culture et de l’art, qui reposesur le soutien des technologies.

En effet, la numérisation est effectuée depuis des années, bien avantl’apparition du COVID-19. Mais la crise sanitaire a accéléré sa mise enœuvre dans différents domaines. "C’est au début des années 2000 quela numérisation du patrimoine culturel a vu le jour. Mais l’épidémie aaccéléré cette mesure de conservation et de présentation de la culture", fait part le peintre Nguyên Thê Son. "Bonnombre de musées et théâtres dans le monde ont créé leurs pages web ouchaînes sur YouTube. Plus que jamais, le public peut facilement avoiraccès aux œuvres artistiques", poursuit-il.

Le musée Van Gogh, à Amsterdam, a un espace d’exposition des lieux oùle grand peintre a dessiné. Il a recouru au progrès technologique afind’aider les visiteurs à admirer le tableau Vase avec quinze tournesolscomme s’il venait d’être fraîchement peint. Un musée au Japon disposed’un grand écran où s’affichent différents tableaux. Il suffit d’appuyersur l’image représentant chaque œuvre pour glaner toutes sortesd’informations la concernant.

Un groupe d’artistes hongrois a établi le premier théâtre virtuel, oùdes pièces sont diffusées à travers le réseau social Facebook. Unevingtaine de musiciens de l’Orchestre symphonique Phiharmonic Rotterdam aux Pays-Bas se sont produits à domicile, créant une symphonie trèsintéressante qui a retenu des centaines de milliers de spectateurs.

Il est indéniable que l’écart entre le niveau de numérisation duVietnam et d’autres nations dans le monde reste important. Et pourtant,comme le pays a fait ses premiers pas dans ce domaine très prometteur,souhaitons que la numérisation du patrimoine culturel national sedéveloppe de plus en plus, permettant de mieux conserver les trésors dupays et de les présenter largement dans le monde. -CVN/VNA

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