Le Vietnam mise sur un centre financier pour propulser l’innovation nationale

Dans un contexte où l’économie numérique et l’innovation deviennent les principaux moteurs de la croissance mondiale, le Vietnam s’attache à bâtir un Centre financier international (CFI) à Hô Chi Minh-Ville, fondé sur un modèle moderne, transparent et fortement intégré à l’économie mondiale.

Un coin de Ho Chi Minh-Ville. Photo / VNA
Un coin de Ho Chi Minh-Ville. Photo / VNA

Hanoi (VNA) - Dans un contexte où l’économie numérique et l’innovation deviennent les principaux moteurs de la croissance mondiale, le Vietnam s’attache à bâtir un Centre financier international (CFI) à Hô Chi Minh-Ville, fondé sur un modèle moderne, transparent et fortement intégré à l’économie mondiale.

Ce projet est appelé à devenir un véritable levier pour aider les entreprises vietnamiennes à se développer sur leur propre territoire, sans devoir chercher des conditions plus favorables à l’étranger.



Un nouvel écosystème pour l’innovation et l’intégration

Lors du séminaire de consultation sur la construction de l’écosystème de la technologie financière (fintech) au sein du futur CFI, organisé le 24 octobre par l’Institut d’études sur le développement de Hô Chi Minh-Ville (HIDS), de nombreux experts et acteurs du secteur ont souligné la nécessité d’un cadre financier et juridique ouvert, propice à l’innovation, notamment dans les domaines émergents tels que la fintech, la blockchain, le Web3 ou encore la finance décentralisée (DeFi).

L’exemple de Sky Mavis, la licorne technologique vietnamienne à l’origine du jeu blockchain Axie Infinity, illustre parfaitement cet enjeu. Bien que né au Viet Nam, ce projet mondialement connu est enregistré à Singapour.

Selon Nguyên Thanh Trung, cofondateur de Sky Mavis, “lorsqu’une entreprise lève d’importants fonds auprès d’investisseurs internationaux, la question de la mobilité des capitaux devient cruciale. En l’absence d’un cadre domestique suffisamment souple, elle est contrainte de se tourner vers des marchés plus flexibles pour garantir la fluidité de ses opérations”.

Il ajoute que nombre de start-up vietnamiennes choisissent Singapour pour des raisons de conformité et de facilités d’investissement. “Si le Vietnam parvient à créer un centre financier-technologique ouvert, il deviendra un tremplin essentiel pour les entreprises locales désireuses de conquérir les marchés internationaux. Évoluer dans un environnement familier, transparent et reconnu est un atout considérable”, souligne-t-il.

Sky Mavis espère que la mise en place du CFI offrira aux entreprises de la fintech et de la blockchain un cadre légal clair et favorable à la créativité, encourageant l’innovation directement au Vietnam. En parallèle du jeu Axie Infinity, la société développe une plateforme DeFi facilitant les transactions transfrontalières sans intermédiaire bancaire – une avancée vers une finance inclusive dans l’ère numérique.

Le marché NFT de Sky Mavis figure aujourd’hui parmi les plus actifs au monde, avec un volume cumulé dépassant 4,3 milliards de dollars, preuve de la compétitivité mondiale des entreprises vietnamiennes lorsqu’elles évoluent dans un écosystème adapté.

Autre acteur de la DeFi, Kyber Network rencontre des difficultés similaires en raison du manque de cadre juridique pour les actifs numériques. Son PDG et cofondateur, Trân Huy Vu, confie que l’entreprise souhaite vivement contribuer à l’écosystème numérique vietnamien, mais qu’elle se heurte à des zones grises réglementaires concernant les services autorisés et la gestion des flux financiers internationaux.

“Dans la finance décentralisée, les frontières deviennent de plus en plus floues. D’où l’importance d’un cadre réglementaire clair que nous espérons voir se concrétiser rapidement”, explique-t-il.



Transparence institutionnelle – pilier de la confiance et de l’investissement

Ces témoignages traduisent une réalité : les entreprises vietnamiennes sont prêtes à innover, mais elles ont besoin d’un environnement transparent, sûr et flexible. Tel est précisément le rôle que le Centre financier international du Vietnam ambitionne d’assumer - non seulement en tant que pôle d’attraction des capitaux, mais aussi comme infrastructure institutionnelle au service de l’innovation.

Selon Nguyên Phuong Ly, cheffe de projet à l’Institut Tony Blair au Viet Nam, la construction de cet écosystème doit avant tout offrir “un terrain de jeu concret pour les entreprises vietnamiennes”. Elle rappelle que les start-up locales souhaitent grandir sur leur propre marché, sans devoir s’expatrier pour lever des fonds ou se développer.

Les mécanismes du futur CFI devront donc créer des conditions favorables à la croissance des acteurs nationaux tout en attirant les investissements étrangers, afin de bâtir un écosystème financier dynamique, interconnecté et innovant.

Nguyên Phuong Ly insiste sur la nécessité d’étudier soigneusement l’impact de ce centre sur l’économie nationale, à l’heure où plusieurs décrets relatifs à la fintech et à l’innovation sont en cours de finalisation. “La transparence et la sécurité constituent deux piliers essentiels, notamment pour les entreprises et investisseurs du secteur des actifs numériques”, affirme-t-elle.

Elle cite l’exemple du Centre financier international de Dubaï (DIFC), devenu l’un des hubs fintech les plus performants au monde grâce à des normes de transparence élevées et à une protection efficace des investisseurs - une expérience dont le Viet Nam peut s’inspirer.



Le Vietmam, nouveau point d’attraction des investisseurs internationaux

Du point de vue des investisseurs, Qin En Looi, associé directeur du fonds Onigiri Capital, estime que le Viet Nam s’impose comme l’un des nouveaux pôles dynamiques de l’Asie du Sud-Est.

“Ce qui nous séduit au Vietnam, ce n’est pas seulement son ambition de devenir un centre financier régional, mais surtout la qualité exceptionnelle de ses talents technologiques”, souligne-t-il.

D’après lui, le Viet Nam se distingue par une main-d’œuvre à la fois abondante et hautement qualifiée. La combinaison entre compétence technologique et potentiel de développement financier crée une synergie attrayante pour les investisseurs internationaux, désireux d’accompagner le pays dans sa transformation numérique.



Réformes institutionnelles – catalyseur d’une croissance durable

Selon Vu Chi Kiên, vice-directeur de l’HIDS, la Résolution 222/2025/QH15 de l’Assemblée nationale a identifié trois piliers majeurs pour le développement du CFI : l’économie numérique, l’innovation et les actifs numériques.

Hô Chi Minh-Ville ambitionne de devenir l’un des 100 premiers centres financiers mondiaux, en attirant les investissements, en élargissant les marchés financiers modernes, en renforçant la connectivité internationale et en appliquant des modèles de finance numérique avancés.

Le gouvernement finalise actuellement huit décrets d’application, dont plusieurs concernent directement la fintech et l’innovation, domaines considérés comme prioritaires et bénéficiant de politiques spécifiques.

Ainsi, le futur Centre financier international du Vietnam ne sera pas seulement un symbole d’intégration mondiale, mais aussi un levier puissant pour stimuler l’innovation nationale, contribuant à élever la position du pays sur la carte économique internationale..

De cette manière, le Centre financier international du Vietnam représente une étape stratégique dans la transformation numérique du pays. En reliant finance, technologie et innovation, il ouvre la voie à un écosystème national où les entreprises vietnamiennes peuvent innover, croître et rayonner sur la scène mondiale. - VNA

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